Vite

Photo: Laurent Meliz

je suis né le 27 janvier 1955, à 15h, chez ma grand-mère, à Aureilhan, dans les Hautes-Pyrénées.

enfant de chœur, je répétais des mots latins, la Sainte-Vierge s’adressait à Bernadette Soubirous en gascon. Le gascon est donc une langue parlée au paradis. Le paradis n’est que la banlieue d’Aureilhan . C’est ce que j’ai dit à l’enterrement de ma mère.

j’aimais les arbres et les vaches, les chemins étaient jaunes.

j’ai applaudi Federico Bahamontes et Julio Jimenez  dans le Tourmalet

j’ai vu jouer Pipiou Dupuy, Jean Gachassin, les frères Boniface, Michel Crauste.

je fréquentais la bibliothèque municipale de Tarbes où les poètes m’attendaient.

j’aimais Verlaine et, déjà, les romanciers m’ennuyaient.

j’ai été muletier au cirque de Gavarnie.

j’ai fait des études de lettres et de linguistique occitane à Toulouse où j’ai découvert René Guy Cadou, le surréalisme et Bernard Manciet. J’ai rencontré Bernard Manciet. Il a publié mes premiers poèmes dans la Revu OC.

j’ai vu Claude Nougaro en concert pour la première fois au théâtre du Capitole, en 1974. Il est entré sur « Locomotive d’or ». On ne s’est plus quittés.

j’ai publié, « Claude Nougaro, l’homme aux semelles de swing », menteries biographiques, aux Editions Privat.

à Lannemezan, sur la Lande du Bouc, armé de mon Meisterstück Mont-Blanc surnommé par Claude « le Pétrolier »,  j’écris L’Os de Dionysos, célébration de Laure d’Astarac, et charge contre l’Education nationale où les professeurs de mathématiques font la loi. Les éditions Eché le publient.

 Il est  immédiatement censuré par le Tribunal de Grande Instance de Tarbes(censure confirmée par la Cour d’Appel de Pau) pour :

« trouble à l’ordre public »

« incitation au désordre et à la moquerie »

« danger pour la jeunesse en pleine formation physique et morale »

« pornographie »

« lubricité »

« paganisme »

« abus de mots baroques »

je reçois  le soutien d’ artistes – Claude évidemment, Bernadette Lafont, Kenneth White, Jean-Edern Hallier, Renaud, Jacques Higelin -, et une lettre d’André-Pieyre de Mandiargues :  « Votre roman, déjà lu deux fois, est beau. Et la beauté de Laure d’Astarac restera dans notre mémoire. » Et je m’attire les foudres du ministre de l’Education nationale pour avoir écrit : « Recteur, recta, rectum, voie hiérarchique, voie naturelle », et suis viré.

je rencontre Jean-Jacques Pauvert au centre Beaubourg lors d’une exposition et d’une soirée consacrées à la censure. Pauvert est décidé à rééditer mon roman. Il contacte Régine Deforges. L’Os, interdit en mars 1987 ressort en septembre 1989, aux Editions Deforges, sises 9, rue du Cherche-midi. Apostrophes, Pivot, c’est parti : L’Os fait un tabac en librairie.

j’écris des romans, des récits, des poèmes, et des papiers dans les journaux. J’ai toujours  aimé la presse, le texte court, le billet, la sagaie. Et les micros qui se glissent sous mon pif me rappellent que je suis un conteur, un tchatcheur.

j’écris et célèbre les exploits de Charly Gaul dans les cols de la Chartreuse  et la pédalée élégante et puissante  de Miguel Indurain

j’écris et me bats pour  sauver les ours, pour la libération de Léonard Peltier,

contre la corrida, 

contre les fermes-usines, et contre l’installation d’une porcherie industrielle à Ossun.

j’écris, me bats, et monte sur scène où je raconte les aventures, de Claude Nougaro, de Raymond Poulidor, et des mots.

j’écris, me bats, monte sur scène, et je fais du vélo. Du vélo, pas du Vélib. Le Vélib n’est pas un vélo. Le Vélib est lourd et laid, et doté, non d’une selle Brooks, mais d’une sorte de pouf qui provoque le relâchement du piriforme, l’atrophie de l’obturateur interne, et hâte dans les villes la prolifération des culs mous.

ils ont dit, ils ont écrit

 « Christian Laborde est mon frère de race mentale. C’est un poète, c’est-à-dire un homme qui parle une langue de couleurs à délivrer les grands baisers de l’âme. » Claude Nougaro.

« Christian Laborde, homme de poésie comme on dit homme d’armes, toujours prêt à tirer sa rapière, inlassable mousquetaire de la beauté, arborescence de rocaille, cataracte de mots, tout revêtu de rosée, de grâce vélocipédique, de baroque, d’heures fougueuses, de rythmes, de crêpes noirs ou rutilants, d’écorce de Delteil, de foi universelle en la nature, les ours, la danse, la langue, la musique.»   Louis Nucéra, Les contes du Lapin agile.

« A la réflexion, Laborde, révérence gardée, est un lascar des Lettres Françaises quand tant d’autres, dont on fait si grand cas aujourd’hui, n’en sont que les poupées gonflables. Laborde est un romancier de tempérament, qui doit avoir beaucoup d’ennemis, comme il est d’usage pour tout bon écrivain. Il est porteur d’un univers. Davantage révolté que révolutionnaire, anti-conformiste qui ne se soumet pas, il est de la famille des Barbey d’Aurevilly, des Bernanos. Ses petits frères s’appellent Sébastien Lapaque et Jérôme Leroy. Il s’agit, on le voit, d’un gentlemen et ne l’est point qui veut.Bref, comme d’habitude, il faudra cinquante ans pour que les crétins et les jaloux l’admettent, mais en  cette détestable époque, Laborde est un de nos rares bons écrivains. »  Frédéric H. Fajardie 

« Connu de nos services de police pour érotomanie publique et manifeste depuis l’interdiction de « L’Os de Dionysos » en 1987, Christian Laborde est un dangereux obsédé textuel » Frédéric Beigbeder

« De Claude Nougaro, son ami, son modèle, auquel il a consacré des livres filiaux et dont il transmet la bonne parole de ville en ville (il exaltera « l’Homme aux semelles de swing » au Festival d’Avignon), l’intranquille et réfractaire Christian Laborde a hérité de l’art de jongler avec les mots, la fibre jazzy, le physique de boxeur et l’accent tonique du Sud-Ouest. Même quand il râle, fulmine et part en guerre, on dirait qu’il chante, danse et s’esclaffe. » Jérôme Garcin.

« Ce qui frappe chez Christian Laborde, troubadour de l’Adour, swingueur intempestif qui a su faire à l’occasion danser la langue avec ses compatriotes et amis du Sud-Ouest comme Nougaro ou le jazzman Bernard Lubat, c’est une forme de constance. Il est toujours en guerre, depuis presque trente ans, contre l’ennemi le plus dangereux qui soit: le désenchantement du monde » Jérôme Leroy

«Fantasque, insolent, forte tête, Christian Laborde est un personnage à part de la littérature française.» Gilles Martin-Chauffier

« François Rabelais a un fils, il s’appelle Christian Laborde. Même insolence, même verve, même joie. Même façon de bousculer la langue, de faire swinguer la syntaxe. Même bonheur d’inventer des mots, des histoires, des personnages. » Sébastien Lapaque

« Des sommets pyrénéens qu’il n’a jamais abandonnés, Christian Laborde rappelle au monde formaté par le conformisme les vertus de la liberté, le courage de la rébellion authentique, et le plaisir infini du jeu des syllabes, le propre des poètes. » Charles Ficat

« Il a la couenne des grands chefs sioux. Son tomahawk est un Montblanc et quand il écrit, Miles Davis claque des doigts ». Frédéric Aribit.

« Christian écrit un poème comme une nouvelle de Steinbeck ou comme On the road de Kerouac. Il est une affiche de cinéma déchirée. Il est un Américain gascon. » Serge Pey

pin’s et autres médailles

1985 : Grand Prix de Littérature de l’Académie Charles Cros pour Claude Nougaro, l’homme aux semelles de swing (Editions Privat)

2010 : Médaille du Tour de France remise par Bernard Hinault pour l’ensemble de ses livres consacrés à la Grande Boucle au départ de l’étape Pau-Col du Tourmalet.

2013 : Prix Luis Nucéra pour Tour de France, nostalgie (Editions Hors Collection)

2016 : Vigneron d’Honneur de la Viguerie Royale du Madiran

2017 : Prix Jacques Lacroix de l’Académie Française pour La Cause des vaches (Editions du Rocher)

L’os de Dionysos au théâtre