Photo: Fernand Fourcade

Vendredi 12 août 2022,  à Aureilhan après la pluie, je sortais  ramasser des escargots qui, eux-aussi, étaient de sortie. Je les glissais dans une boite en fer dans laquelle ils jeûneraient. Puis, je  les confiais à ma tante Madeleine. Elle leur trouvait une place dans sa remorque remplie de bouquets de fleurs qu’elle attachait à son Solex. Elle vendait ses fleurs et mes escargots au marché de Tarbes, sous la halle Marcadieu. Je me souviens du prix qu’elle avait elle-même fixé : 5francs les 100.

Jeudi 11 août 2022, quand l’orage menaçait, Pipo, le chien de ma grand-mère, abandonnait la cour  et venait se réfugier sous la table de la cuisine. Il tremblait. Ma grand-mère le rassurait avec des mots gascons.

Mercredi 10 août 2022, il y avait à la maison, à Aureilhan, quelques livres de la collection Rouge & or – je me souviens des Trois cavaliers d’Iraty de Michèle Arnéguy – ,

un Précis d’Histoire Sainte

et, en édition de poche, Terre des hommes d’Antoine de Saint-Exupéry.

 Je l’avais  aimé,  le roman de Saint-Ex,  la première phrase claquait à souhait, brillait comme les éperons d’un cavalier: « La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. »  Ado, avec les étrennes et l’argent du Père Noël , j’ achetai Saint-Ex en La Pléiade,   et tombai sur les premiers mots de la première version de « Citadelle » : « J’étais seigneur berbère et je rentrais chez moi. Je venais d’assister à la tonte des laines de mille brebis de mon patrimoine. Elles ne portent point là-bas ces clochettes qui, du versant de leurs collines vers les étoiles, répandent leur bénédiction. Elles imitent seulement le bruit d’une eau courante, et nous qu’assiège la soif, cette musique seule nous rassure… » Je me souviens de ces quelques phrases, j’ai oublié celles de la version définitive….

Avec, dans ma valoche, quelques poètes et  Saint-Ex, je file en fac de lettres à Toulouse, où je découvre les Surréalistes, André Breton, Paul Eluard, Aragon, et Delteil qui fut un temps leur compagnon.

et découvre ces mots de Breton à propos de Saint-Ex : « Ecrivain-aviateur qui débite des banalités à haute altitude ».

…aviateur, aviateur, aviateur…..

Mardi 9 août 2022, les jours du  glacier du Pic d’Aneto devant lequel  les étoiles se maquillent avant d’aller au bal, sont comptés. Ce que l’argent fait de nous est terrifiant.

Mardi 9 août 2022, dans « des minutes de lumière en plus », Pierre Vavasseur se penche chaleureusement sur mes « Grimpeurs » et mes syllabes parnassiennes

Lundi  8 août 2022, les pétales sont le trampoline des guêpes.

Dimanche 8 août 2022, (écrit avec les pieds, fin) ces romanciers français qui n’écrivent ni avec les pieds, ni avec les poings, qui ont si peu d’air dans les poumons, sont à la littérature ce que Vincent Delerm est à la chanson.

Dimanche 8 août 2022, hier, l’empreinte d’une espadrille sur un chemin de sable, vers chez Mauriac. Aujourd’hui, notre empreinte carbone.

Samedi 7 août 2022, le journaliste a le souci des faits, l’écrivain ne se soucie que de lui-même.

Vendredi 5 août 2022, (écrit avec les pieds, suite),mais avec quoi sont-ils écrits, les textes mal écrits: avec les poings ? Nullement. Leurs auteurs ne boxent ni la langue, ni le vent aux abords des abribus.  Le papillon, l’abeille, ce n’est pas eux, c’est Mohamed Ali. Leurs textes, ils les écrivent avec le peu d’air que renferment leurs poumons rabougris. Un air qui ne garde le souvenir d’aucune feuille, d’aucune bourrasque, d’aucune buée aux vitres, d’aucune peur, d’aucun enthousiasme. 

Jeudi 4 août 2022, la nuit, je dors. Le jour, je rêve.

Mardi 2 août 2022, (écrit avec les pieds, suite), écrit avec les pieds, petragallien, le texte se déplie, se déploie, respire, marche à notre rencontre, ouvre la porte de notre cœur, devient un compagnon. Compagnon: quel beau mot que celui-là, riche  de tant de fugues! Compagnon n’a rien à voir avec accompagner,  verbe douceâtre, infantilisant, carcéral qui siffle à nos oreilles, du matin au soir ! Avons-nous une envie, un souhait, un projet qu’aussitôt l’on dépêche à notre chevet un  conseiller chargé de nous « accompagner ». L’accompagnateur est une laisse. Tout compagnon est d’échappée.

Dimanche 31 juillet 2022, d’un texte mal écrit, ils disent qu’il est écrit avec les pieds. Comment peut-on proférer semblable absurdité ! Les pieds sont de grands écrivains. Les pieds du griot écrivent un à un sur la terre craquelée le nom des gouttes de pluie pour qu’elle tombe. Les pieds voltigeurs de Jacques Anquetil  écrivent sur  la route le nom du vent qu’il  perfore et emporte sur son dos, lors d’un chrono. Les pieds de Marie-Claude Pietragalla écrivent sur les planches le nom de l’oiseau qu’elle devient. Les pieds d’Antoine Dupont écrivent sur la pelouse du stade de France le nom de l’éclair qu’il  chevauche lorsque, ayant vivement échappé aux Anglais, il file vers l’essai. Chapeau, les pieds !

Mercredi 27 juillet, 2022, Tour de France Femmes, Coralie Demay, devant, dans la poussière blanche du Chemin des vignes, puis dans celle, tout aussi blanche, du Plateau de Blu, Coralie Demay et son maillot orange Saint-Michel Auber. Saint-Michel, mon Dieu, les galettes Saint-Michel! La biscuiterie familiale Saint-Michel sponsorisant une équipe cycliste: tout n’est peut-être pas perdu.

Mercredi 27 juillet 2022, je fouille, farfouille et tombe sur Les Frères Jacques, la sphère Jacques, disait Claude.

Lundi 25 juillet 2022, le Tour est terminé: « « Quand finit le Tour de France cycliste, j’ai une espèce de dépression qui ne nécessite certes pas que j’aille dans une zone de repos, mais je sens qu’il me manque quelque chose : une grande partie de l’enchantement paradisiaque de mon été vient de se terminer. » Salvador Dali

22 juillet 2022, étape Lourdes-Hautacam: le col splendide de Spandelles .

13 juillet 2022, col du Granon, il est en jaune, il est un as, il est Jonas,  Jonas Vingegaarg

8 juillet 2022, durant la retransmission de l’étape du Tour, on doit désormais supporter l’emploi répété de l’adjectif « compliqué ». Un de ces mots morts dont la liste non exhaustive figure dans « Bonheur ».

4 juillet 2022, Jean-Julien Ezvan (Le Figaro) me pose quelques questions à propos du Tour de France, celle-ci notamment:

-Quel est l’objet que vous avez conservé précieusement de cette course ?

– Un bidon lancé par Robert Cazala , au lieu-dit La Séoube, au pied du col d’Aspin. Il y avait le ravitaillement qui était à Sainte-Marie-de-Campan. Le bidon de Cazala, il est toujours chez moi. ..Aujourd’hui on sanctionne des coureurs parce qu’ils se débarrassent des bidons hors de la zone prévue à cet effet et  on leur colle des amendes. C’est pousser l’hygiénisme et l’écologie un peu loin! C’est ridicule. Surtout, on fait des malheureux !  Les malheureux, ce sont les gosses qui ramassaient les bidons. Laissons les coureurs jeter les bidons !  il y aura toujours des miochons  pour ramasser les bidons…

3 juillet 2022, régulièrement, durant la retransmission de l’étape du Tour, le journaliste nous informe que Pogacar ou Roglic ou Bardet « satisfont un besoin naturel ». Cette périphrase qui tourne autour du jet est quelque peu jaunie. Le journaliste délivrant l’info devrait proposer un mot plus coloré. De mots – « j’ai les rotules en os de mort , « j’ai roulé la selle dans le cul »  –   les coureurs du Tour en eux plein la musette, eux. Si le journaliste n’en trouve pas,  qu’il se taise et  laisse pisser. 

1 juillet au 24 juillet 2022, sur RTL, à 7h 30, ma chronique « Fenêtre sur Tour », mots dits dans la roue des Géants.

1 juillet 2022, jour de départ de la 109e édition du Tour de France, Le Figaro Magazine publie ma nouvelle:

Miguel Indurain et les ours d’Hautacam

            Les Basques, les gars de Pampelune, les filles brunes, avec l’ikurriña[1] sur le tee-shirt et les seins dessous, ont passé la frontière avant la  nuit. Tous sont là pour Miguel Indurain. Nous aussi. Nous, c’est moi et ceux de l’Adour,  d’Aureilhan, d’Orleix, d’Ossun. Et de Tarbes, où naquit  Yvette Horner, l’époustouflante  « Vévette Underground » qui accompagnait, avec son Cavagnolo, Louison Bobet gravissant le Galibier, ou Boy George chantant « Summertime ». Ses parents habitaient derrière chez nous. Elle  leur rendait visite. Les vaches lâchaient des bouses dans les rues, Yvette  les  écrasait avec les pneus à flancs blancs de sa Cadillac. Yvette : toute l’année on écoute Angèle ou Orelsan, mais dès qu’on dresse la table de camping dans le col, on sifflote  « La Marche des mineurs » d’ Yvette Horner. Le jour du Tour, c’est le jour d’Yvette.

            Le jour,  le voici, il se lève.  De chaque côté de la route cambrée d’Hautacam, des bagnoles, des camping-cars. Il n’ y a plus une place, et les Basques n’ont plus de peinture. Ils ont peint, en blanc sur le goudron noir, le nom d’Indurain, et le nom de tous les  villages de Navarre, à commencer par Villava où Miguel a grandi, où ses parents ont une ferme.  Miguel Indurain, en jaune,   coupera les lettres blanches de son nom, roulera vers lui-même, vers chez lui, vers les maisons de son pays. Les Basques n’ont plus  de peinture, les viandes grésillent sur les barbecues, les bouteilles sont débouchées. Tous les vins, fruits de la vigne et du travail des hommes –  Irouléguy, Rioja, Buzet, Madiran –  sont dans Hautacam, prêts à réchauffer nos balèzes gosiers. Sous le soleil ému, au cœur de la montagne qui nous regarde, nos vins nous aideront à chanter la gloire d’Indurain.  Nous sommes dans Hautacam, Miguel va passer, nous sommes vivants. Nos charcuteries nous empêchent de mourir de faim, et nos légendes de mourir de froid. Et Miguel 1er, notre roi, celui de Navarre et de la forêt d’Irati,  nous le saluerons comme il se doit, avec des cris, des onomatopées, des trucs sonores tarabiscotés. Nous chanterons, nous hurlerons, et les filles brunes, avec l’ ikurriña sur le tee-shirt   et les seins dessous,  danseront.

            Tout à coup, sortis d’un minibus, des mecs et des meufs, vêtus de frocs mous et chaussés de Birkenstock, s’allongent sur la route. Un seul d’entre eux reste debout. Il brandit un mégaphone, le colle à sa bouche, dénonce le sport-business qui pollue la planète, puis s’allonge à son tour. Et Miguel, il va passer où, Miguel ? Il n’est pas loin, Miguel, faut qu’ils dégagent, on entend l’hélico. Des motos de la gendarmerie arrivent, stoppent à leur hauteur : ils doivent libérer la route immédiatement. Ils refusent d’obtempérer. Et Miguel, il va passer où, Miguel ?  

            Je sens un souffle chaud dans mon dos et, très vite,  une puissante odeur me pilonne le pif. Je me retourne : les ours. Je leur dis quelques mots en gascon, cette langue que raillait Voltaire et que goûtait Montaigne. Je m’écarte, ils passent, ils sont sur la route. Les manifestants, épouvantés, se relèvent d’un bond, se réfugient derrière les motards de la gendarmerie et, tremblant comme des philosophes, les supplient d’abattre ces fauves qui vont les dévorer. Les motards, enfourchant leur machine, préfèrent se tirer. Les manifestants s’enfuient, les  ours se mêlent à nous. Ils suivent le Tour de France depuis 1910.

            L’hélico est au-dessus de nous maintenant, au-dessus des ours. La rumeur  des pales et des rotors ne les affole pas. Miguel va arriver, il arrive, il est là,  en ligne sur son Pinarello blanc, le buste parfaitement immobile, les coudes rentrés, la casquette blanche posée sur son front comme un flocon de neige. Laquées de sueur, ses jambes luisent comme des pistons, Miguel Indurain est une locomotive, la locomotive d’Hautacam, tacam-tacam, tacam-tacam. Parvenu à hauteur des ours, il plonge une main dans la poche de son maillot jaune et leur jette  en passant le miel du ravitaillement. Tacam-tacam, tacam-tacam…

vendredi 1 juillet, 8h10, RCF, je réponds aux questions de Simon Marty, à propos du Tour de France, des grimpeurs, et lui parle du col de Spandelles que le peloton escalade pour la première fois, et dont j’aime les chevaux agglutinés au milieu de la route étroite à une borne du sommet

mardi 28 juin, RTL, « Les Grosses têtes », « Le livre du jour » : je réponds aux questions de Laurent Ruquier à propos de mon livre Les Grimpeurs du Tour de France (Ed. du Rocher)

juin, mars 2022, ma chronique « Percolateur », dans La Nouvelle République des Pyrénées, journal le plus lu par les ours.

La vie augmente. Ces mots, nous les entendons tous les jours. Ces mots, le poète Eugène Guillevic les entendait, lui aussi,  tous les jours, en 1949. Ecoutons Eugène Guillevic : « La vie augmente, ce n’est pas/Que le corps des femmes/Devient plus vaste, que les arbres/Se sont mis à monter/Par-dessus les nuages,/Que l’on peut voyager/Dans la moindre des fleurs,/Que les amants/ Peuvent des jours entiers rester à s’épouser./Mais c’est tout simplement,/Qu’il devient difficile/De vivre simplement. « 

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Le Tour de France approchant, les éditions Premier Parallèle ressortent, en poche, « Le versant féroce de la joie », livre  puissant qu’Olivier Haralambon, écrivain, philosophe et ancien coureur, a consacré à Frank Vandenbroucke, champion énigmatique, héros de roman, tantôt costaud, tantôt en morceaux, toujours à vif,  remportant magnifiquement en 1999 Liège-Bastogne-Liège, mort à 34 ans dans sa chambre d’hôtel à Saly Portudal au Sénégal. « Il était de ces êtres qui d’un rire vous jettent leur douleur au visage, et dont on comprend immédiatement, en dépit du regret qu’on en conçoit, qu’il sera difficile d’entretenir avec eux une relation pérenne », écrit Haralambon. Un beau livre. Haralambon.

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Chaque matin, le coq fait son boulot de coq : il chante. Il chante dans les villages et dans L’Evangile selon Saint-Matthieu. Une star, le coq, même Jésus le connaît. Mais, à Oursbelille, il n’a pas que des amis, le matinal ténor des basses-cours, le Luciano Pavarotti des fermes bigourdanes.  Un mec voudrait, à Oursbelille,  lui clouer le bec. Dressé sur ses ergots, le mec vole dans les plumes de la propriétaire du rocker des aurores, et la somme de s’en débarrasser: les nuisances doivent cesser. Le chant du coq constituerait donc une nuisance. Tel n’est pas l’avis des poules. Mais l’avis des poules, le mec d’Oursbelille, il s’en fout. Tel n’est pas l’avis des oiseaux. Mais l’avis des oiseaux, le mec d’Oursbelille, il   s’en cogne. Tel n’est pas l’avis des vaches. Mais l’avis des vaches, le mec d’Oursebelille, il s’en tape. Tel n’est pas l’avis du vent. Mais l’avis du vent, le mec d’Oursbelille, il s’en moque. Tel n’est pas l’avis des habitants d’Oursbelille. Mais l’avis des habitants, le mec d’Oursbelille, il s’en bat l’œil. Ce qu’il veut, le mec d’Oursbelille , c’est un monde sans coq, sans poules, sans oiseaux, sans vaches, sans vent, sans habitants, bref, un monde invivable. Tout le contraire d’Oursbelille. 

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La cloche d’Ossun qui, chaque matin, à 6h50, fait le boulot du coq d’Oursbelille, a elle aussi ses détracteurs. L’Angélus constituerait une nuisance. Qui dit cela manque d’oreille, ne fait pas  la différence entre un tintement et un bruit, entre une cloche surfant sur le silence et un Klaxon qui le déchire. L’Angélus constituerait une nuisance. Qui dit cela médit d’un ami. Un très vieux  compagnon qui nous salue trois fois par jour  et qui, jadis, passait sa vie dans nos cuisines, sur le calendrier des Postes, peint  par Jean-François Millet. L’Angélus constituerait une nuisance. Qui dit cela  fait peu de cas du taf  des tourterelles. Sur le coup de 10h et sur les toits d’Ossun, les tourterelles prolongent par leurs roucoulements l’Angélus du matin et, par de coquets hoquets  de plumes, annoncent, celui  de midi. L’Angélus de midi, plus enjoué, moins cotonneux que l’Angélus du matin  est une invitation à poser les outils. Et à passer à table. Harmonie.

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30 mars 2022, 6h50 : maman s’éteint. Elle ne nous quitte pas : elle rejoint papa. Juliette et Jean, c’est un beau roman, une belle histoire d’Aureilhan. Ils se sont rencontrés à Aureilhan, rue de la Moisson, se sont mariés à l’église d’Aureilhan, ont vécu à Aureilhan.  La vie à Aureilhan  était rythmée par le pas lent des vaches. Des vaches auxquelles on parlait en gascon. Le gascon est la langue d’Aureilhan et de la Vierge Marie. C’est en gascon que La Vierge Marie s’est adressée à Bernadette Soubirous. Au ciel, on parle  gascon, comme à Aureilhan: Maman ne quitte pas Aureilhan. Le ciel est la banlieue d’Aureilhan.  Maman était modiste : elle confectionnait des chapeaux. Elle avait le souci du détail et de l’élégance. Je me souviens du chapeau qu’elle  portait à l’église un  jour de Pâques. Un chapeau bleu nuit, orné d’une voilette. Un chapeau bleu nuit  comme un point sur le i du  tailleur bleu ciel qu’elle avait elle-même dessiné, découpé et cousu. Maman aura mis bien des coups de ciseaux dans le bleu du ciel avant de l’habiter. Si, à l’église d’Aureilhan, on n’a pas froid, c’est en partie  grâce à Juliette: comme d’autres paroissiens elle avait participé à l’organisation des kermesses. Avec  l’argent  récolté,  le curé Poublanc et l’abbé Gaye, avaient fait installer le chauffage à l’église. Et  remplacer les chaises par des bancs. Le chauffage fonctionne toujours, les bancs sont toujours là  mais accueillent de moins en moins de fesses. Juliette  va retrouver Jean, ses frères, Jean-Louis et Victor, et  sa sœur Madeleine. Jean-Louis travaillait le bois, Victor était talonneur au Stado. Madeleine et Juliette  aimaient les fleurs. Les fleurs, comme la musique, transforment l’ici-bas en ici-Haut. Quand j’écoute le Duo des fleurs de Leo Delibes, je retrouve le duo des sœurs d’Aureilhan. 


[1] Ikurriña : drapeau basque.