
Passeport
« Christian Laborde est mon frère de race mentale. C’est un poète, c’est-à-dire un homme qui parle une langue de couleurs à délivrer les grands baisers de l’âme. »
Claude Nougaro
«Fantasque, insolent, forte tête, Christian Laborde est un personnage à part de la littérature française.»
Paris Match
« Christian Laborde, homme de poésie comme on dit homme d’armes, toujours prêt à tirer sa rapière, inlassable mousquetaire de la beauté, arborescence de rocaille, cataracte de mots, tout revêtu de rosée, de grâce vélocipédique, de baroque, d’heures fougueuses, de rythmes, de crêpes noirs ou rutilants, d’écorce de Delteil, de foi universelle en la nature, les ours, la danse, la langue, la musique. »
Louis Nucéra, Les contes du Lapin Agile.
Quatre notes
1
« Je suis né le 27 janvier 1955 à Aureilhan dans les Hautes-Pyrénées. Dans mes cahiers d’écolier, Aureilhan, je l’ai toujours écrit O’Rayan. Aux instituteurs qui tentaient en vain de me faire corriger cette « faute », je répondais que mon village était irlandais, et que je l’étais aussi. Je me sentais particulièrement irlandais quand j’entendais ma grand-mère parler gascon. D’autres langues résonnaient dans les ruelles d’O’Rayan : le curé parlait latin, l’instituteur français, ma grand-mère gascon, le menuisier espagnol. Quant au premier voisin, ancien de la Coloniale, il s’adressait à sa femme en polonais. Et elle lui répondait en indochinois. »
2
« Le gascon, le patois français, et moi. Mon histoire, Giono l’évoque dans Un de Baumugnes, roman dont l’écriture est superbe et l’intrigue poussiéreuse. C’est l’histoire du « couteau à langue ». Comme aux ancêtres d’Albin, héros du roman, on m’a coupé la langue, non pour m’empêcher de chanter des cantiques, mais pour chasser de ma bouche des mots énigmatiques - ardas, malh, gabenh... - dont le linguiste Gerhard Rohlfs, professeur à la faculté des Lettres de l’Université de Munich rappelle qu’ils « ne trouvent aucun appui dans le lexique gallo-roman. »
Le coup de couteau essuyé, ne restait plus dans nos bouches qu’un moignon de langue, une souche en sang. Fini les mots, exit les cantiques ! Tous condamnés aux grognements, tous des bêtes ! Les ancêtres d’Albin, pour dire « il va pleuvoir ! » et redevenir des hommes, enfoncèrent dans leurs bouches mutilées, un harmonica. Ils se parlaient en jouant...La langue française est, dans ma bouche mutilée, cet harmonica. Souffler c’est jouer, et jouer c’est écrire. »
3
« J’habite à Pau une vieille maison de style basque. Mon territoire est délimité par la rue Athos, la rue Porthos et l’impasse Milady. C’est clair, je suis d’Artagnan. Je pars à la recherche des ferrets du dedans. »
4
« Dans la cours de récréation dès que je pointais ma gueule de « têtard à lunettes », mes camarades scandaient à tue-tête : « Laborde, qui déborde ! » J’étais donc le torrent, le fleuve. Lorsqu’on me demande de quel bord je suis, je réponds : Je ne suis pas d’un bord, je suis la rivière ».
Rapido
Christian Laborde est né dans les Hautes-Pyrénées, à quelques kilomètres du col du Tourmalet. Sa grand-mère parle gascon, l’instituteur parle français, et le menuisier, espagnol. Le premier voisin est polonais et son épouse indochinoise.
« Mon enfance : des cimes dans la fenêtre, et, dans la rue, des mots basanés, un cocktail de syllabes et de sons ! »
1985 : Christian Laborde reçoit le Grand Prix de Littérature Musicale de l’Académie Charles Cros pour Claude Nougaro, l’homme aux semelles de swing, biographie « imaginaire » du chanteur toulousain publiée aux Editions Privat. « Christian Laborde fait danser sa folie. Raconter Claude Nougaro, écrire une simple biographie lui semblait banal. Il a pris le parti fort original de lui inventer une vie, et l’imaginaire devient vite plus exact que la réalité. Cette java littéraire sur fond de jazz est une cantate à l’amitié, une drôlerie merveilleusement efficace, une réussite . »
Jacques Chancel
1987 : Christian Laborde publie, aux Editions Eché, L’Os de Dionysos. Hymne à la beauté de Laure d’Astarac, satire virulente et burlesque de l’Education nationale, L’Os de Dionysos est immédiatement censuré « au nom du peuple français » par le Tribunal de Grande Instance de Tarbes le 12 mars 1987. L’ordonnance de saisie est confirmée par un jugement de la Cour d’Appel de Pau. Les attendus sont les suivants : « Trouble illicite, incitation au désordre et à la moquerie, pornographie, abus de mots baroques, danger pour la jeunesse en pleine formation physique et morale, blasphème, lubricité, paganisme. »
L’auteur commente : « La censure c’est l’admission en QHS : Quartier de Haute Syntaxe ! » L’Os de Dionysos reste à ce jour le dernier ouvrage de fiction censuré en France...
1989 : Régine Deforges et Jean-Jacques Pauvert rééditent L’Os de Dionysos. Le roman se vend à 100.000 exemplaires. La presse salue unanimement « la somptuosité verbale d’un écrivain émule des surréalistes . »
1990 : Christian Laborde publie, chez Régine Deforges, Aquarium, livre « buissonnier », mêlant poésie, conte, charge syllabique, pamphlet et textes érotiques. Au sommaire d’Aquarium également « Les soleils de Bernard Lubat », portrait du semeur de sons d’Uzeste, et « Father » , texte que Christian Laborde écrivit au lendemain de la mort brutale de son père.
1991 : Christian Laborde publie, chez Régine Deforges, L’Archipel de Bird, son second roman.
« Fable be-bop et lyrique, l’Archipel de Bird est le second roman de Christian Laborde. Ce cap difficile est franchi par l’auteur avec l’aisance des champions sûrs de leur talent. L’Archipel de Bird cache derrière sa désinvolture, une réelle angoisse. L’angoisse de ceux qui savent qu’il n’y aura bientôt que les femmes « grandes, brunes, au galop » pour nous rappeler que nous vivons le temps des soumissions honteuses »
Jérôme Leroy Le Quotidien de Paris
1992 : Christian Laborde s’oppose au creusement du tunnel du Somport et au projet autoroutier en vallée d’Aspe, territoire de l’ours brun des Pyrénées. Il publie, chez Régine Déforges, dans la collection « Coup de gueule », Danse avec les ours, chant d’amour à cette vallée sauvage, et pamphlet dénonçant l’Europe du béton à laquelle il oppose « l’Europe fauve », celle des peuples et de l’ours. Le livre inspirera à Yves Boisset un reportage diffusé sur France2, dans le magazine « Envoyé spécial ».
« L’auteur de l’Os de Dionysos frappe à nouveau vite et fort. Comme en état d’urgence. Les points serrés et les mots excédés. La plume acérée en guise d’arme, d’ultime recours. »
Valérie Saubade Sud-Ouest Dimanche
1993 : Christian Laborde publie, aux éditions Les Belles Lettres, Pyrène et les vélos, hommage aux champions cyclistes gravissant les pentes d’Aubisque et du Tourmalet. Pour ce franc tireur, les Pyrénées sont le territoire de la neige, des ours et de Fausto Coppi : « Ceux qui aiment à tourner les pages et le pédalier se plairont à suivre Christian Laborde, dont le coup de plume tient du coup de jarret, tel René Vietto au plus rageur de ses échappées. Avec Pyrène et les vélos, et après sa vibrante défense des ours de la vallée d’Aspe, il affirme une nature de cascadeur des lettres. »
Christian Montaignac L’Equipe magazine.
« Ah les belles histoires du Tour, racontées ici avec un brio égal à celui des descendeurs...Christian Laborde aime le Tour parce que celui-ci prend parfois dans les Pyrénées les couleurs de la tragédie. Alors il redevient un môme qui, à côté de son père, applaudit les champions, écrit leurs noms à la craie sur le goudron et vocalise dans la montagne avec les voyelles de leur renommée... »
Bernard Pivot Lire
1994 : Christian Laborde publie, chez Albin Michel, L’Ange qui aimait la pluie, chronique sportive, hommage poétique et littéraire à Charly Gaul, vainqueur du Tour 1958. L’ouvrage obtient le grand prix de la Littérature sportive. Il décroche le Grand prix de la Littérature sportive, la presse s’enthousiasme :
« Combien de grands écrivains ont touché au sport ! Combien n’ont pas eu le bonheur de Christian Laborde...celui de toucher à la magie ! »
1995 : Christian Laborde publie, chez Albin Michel, Indianoak, roman percutant et païen.
« L’Auteur de L’Os de Dionysos s’en donne à cœur joie, d’une plume aussi mordante et lyrique que d’habitude, mais également visionnaire...Un vrai feu d’artifice ! »
Isabelle Pia L’Evénement du Jeudi
« Dans Indianoak, Christian Laborde s’attaque au pouvoir politique qu’il traîne dans la boue de ses mots juteux, avec le même animisme lyrique que dans l’Os de Dionysos, son précédent roman. Reconnaîtra qui veut ce personnage de François-Edouard Ticaud, dit FET, président très catholique d’un conseil général bien réel, ancien professeur en passe de conquérir(à l’époque des faits) le ministère de l’Education nationale. »
Valeurs Actuelles
1995 : Christian Laborde, publie, chez Stock, Le Roi Miguel, portrait romanesque, poétique et chaleureux du champion le plus silencieux du peloton, Miguel Indurain. L’ouvrage sera traduit en espagnol et en japonais.
« Christian Laborde : le maillot jaune de la page blanche »
La Croix
« Une nouvelle légende des cycles »
Ouest-France
1997 : Christian Laborde publie, chez Albin Michel, un nouveau roman, La Corde à linge, et, en 1998, Duel sur le volcan :
« N’appartenant à aucun clan et se tenant à l’écart des coteries, Christian Laborde, construit une œuvre de troubadour pugnace où le lyrisme, la beauté et le merveilleux tiennent lieu d’arche d’alliance. On l’avait quitté voici un peu plus d’un an avec un roman intitulé La corde à linge racontant l’histoire d’un serial voleur de petites culottes. Dans Duel sur le volcan, il ressuscite l’épique et tellurique combat que se livrèrent Jacques Anquetil et Raymond Poulidor, en 1964, sur les pente du puy de Dôme. Sous sa plume, ce qui ne pourrait être qu’une banale et fastidieuse évocation se métamorphose en une sorte de tragédie grecque. »
Christian Authier L’Opinion Indépendante
« A l’heure où la petite reine descend du trône, Duel sur le Volcan nous rendrait nostalgiques...Un immense moment de sport, une superbe bataille, que Christian Laborde retrace avec un talent à couper le souffle, endossant tour à tour le maillot de l’un et de l’autre pour raconter une vieille histoire qui repasse dans la tête à un moment critique, une petite leçon de cyclisme qu’on se récite comme leitmotiv, en ménageant le suspense jusqu’au bout, jusqu’ en haut. Et sans que le lecteur ait envie de mettre pied à terre. »
Massif Central Magazine
1999 : Publié aux éditions Fayard, Flammes est le cinquième roman de Christian Laborde.
2000 : Christian Laborde publie, aux éditions Mazarine, Le petit livre jaune. L’ouvrage contient notamment « Un abécédaire du Tour » qui sera mis en image par France Télévision.
2001 : Christian Laborde publie, en septembre, chez Fayard, Gargantaur, son sixième roman.
« François Rabelais a un fils, il s’appelle Christian Laborde. Même insolence, même verve, même joie. Même façon de bousculer la langue, de faire swinguer la syntaxe. Même bonheur d’inventer des mots, des histoires, des personnages. »
Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire
2002 : Christian Laborde publie Collector, chez Bartillat. Il s’agit des textes polémiques et tribunes publiés par C. Laborde dans l’Idiot International de Jean-Edern Hallier, mais également dans le Figaro…Le parcours d’un rebelle.
2003 : Christian Laborde publie, Soror, roman chez Fayard.
« Christian Laborde reste – il l’était avant Houellebecq et G. Dantec – viscéralement hostile au monde marchand qui envahit, accable, défigure. […] Fureur des âmes et horreur du monde et, par dessus tout, cette musique des mots, qui joue comme la pluie, calmant ou aiguisant les sensualités. » Tribune Côte d’Azur
2004 : Christian Laborde publie Fenêtre sur Tour, aux éditions Bartillat. Ce livre est un hommage aux champions du Tour, à Hinault, à Lance Amstrong.
2004 : Réédition, chez Fayard, de L’Homme aux semelles de swing et de La Voix royale, les deux livres que Christian laborde avait consacré, en 1984 et 1989, à Claude Nougaro.
« Entre pudeur et passion, la réedition d’une « étude » et de « menteries biographiques consacrées par Christian Laborde à l’immense Nougaro. Une longue amitié, une proximité rare ont permis aux deux hommes de cheminer ensemble. Héraut du héros, Laborde a su capter les éclairs, les instants, les pépites de son camarade capital, d’un temps où Toulouse était la capitale de Harlem. »
Vif/ L’Express/ Belgique
2005 : Christian Laborde publie Mon seul chanteur de blues, aux éditions De La Martinière.
« Loin de la biographie de pensum, un vif récit de l’amitié entre Claude Nougaro et l’auteur. Malgré la différence d’âge, les deux hommes, quand ils se rencontraient, avaient l’impression d’être des jumeaux qui auraient eu pour parents la poésie et l’insoumission. Le même amour de la langue les réunissait. Ces deux enfants du Sud-Ouest s’entendaient donc à entremêler souplesse, esprit et sens du rythme. Autant de qualités dans cet hommage au poète, plusieurs chansons appartenant à la mémoire d’un peuple. Au grès des souvenirs, le fantôme de Jacques Audiberti, de Jean Cocteau et d’Edith Piaf. C’est émouvant. »
Bernard Morlino Le Figaro littéraire.
2006 : Christian Laborde publie, chez Plon, Champion, défense et illustration de Lance Armstrong. L’auteur de L’Os de Dionysos défend, avec lyrisme et punch, le septuple vainqueur du Tour dont il est interdit, en France, de prononcer le nom.

« Lance Armstrong fut sûrement l’un des plus grands, peut-être le plus grand. Le plus mail aimé aussi, parfois même détesté. Christian Laborde qui dans ce petit essai succulent et poétique, rend hommage au champion, résume bien cet état de fait en citant Sami Frey : « Depuis six ans, tous les étés, Lance Armstrong est notre Américain de service. On le déteste ou on l’adule. Si l’on s’exprime depuis son fauteuil, il est le responsable et le symbole à la fois de toutes les dérives du cyclisme – et de tous les maux que l’Amérique inflige au monde. L’Irak, c’est lui, le dopage, c’est lui, Bush, c’est lui. » Laborde nous invite à suivre Lance à la trace, dans ces cols qu’il connaît comme sa chaîne. Aucune chronologie, un beau désordre et de jolies plongées dans le passé de l’épopée et de la souffrance des grands grimpeurs : Raymond Poulidor, Jean Robic, Eddy Merckx, Bahamontes, Charly Gaul, etc…Des ombres passent, noms de coureurs miniatures et en plastique de nos dix ans : celle de Raymond Mastrotto, le Taureau de Nay. Celle du cancer de Lance, ce grand coureur. Aimons-le comme il a su aimer le Tour. »
Philippe Lacoche, Le Figaro littéraire, jeudi 3 août 2006
2007 : Christian Laborde publie Pension Karlipah, roman, Plon/Jeunesse, Le Dictionnaire amoureux du Tour de France, Ed. Plon, et Chicken, récit aux Editions Gascogne.
2008 : Christian Laborde publie Renaud, briographie, Editions Flammarion
2009 : Christian Laborde publie Corrida basta, pamphlet, chez Robert Laffont.
"Un pamphlet écrit avec une kalachnikov et un saxophone. La kalachnikov pour le torero, le saxophone pour le taureau."(En espérant que ce sera le "Bird" ou "Coltrane") On ne peut qu'être conquis quand on lit, au dos de la couv du "Corrida, basta!" de Christian Laborde, ce petit texte publicitaire. Le livre est un pur régal! C'est le bouquin qui manquait pour détruire définitivement cette race de crevures que sont les toreros! Olé " Gloire à tous ces taureaux qui ont vengé, vengent et vengeront leurs frères assassinés dans des arènes pour une mini flaque au fond du string d'une poignée de connes, pour un peu de tension dans le slip kangourou des connards qui les sautent! " Christian Laborde, dans un style d'une rare sauvagerie, comme j'apprécie, dézingue la " chorégraphie charognarde" de la corrida avec un rare bonheur. J'aurais aimé écrire ce livre. Trop tard.
Siné, Siné hebdo, 6 mai 2009
2010 : Christian Laborde publie Le Tour de France dans les Pyrénées, de 1910 à Lance Armstrong, Editions le Cherche-midi.
2010 : Christian Laborde publie "Le soleil m'a oublié", roman, édition Robert Laffont.

2011: Christian Laborde publie, Vélociférations, je me souviens du Tour. L'ouvrage, coédité par les Editions Cairn et les Editions Le Pas d'oiseau, contient le texte du spectacle donné en juillet 2010 à Pau, au théâtre Saint-Louis, des photos de Fernand Fourcade, des illustrations de Phéraille, également un CD audio.
