L'écrivain Christian Laborde

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A propos de Pau

Le Point : Quels sont les endroits, à Pau, auxquels vous vous sentez particulièrement liés?

Christian Laborde : Les bistrots. Parce que Pau, c'est d'abord les percolateurs et les seize becs à pression de la Tireuse, 2, rue Bourbaki, où l'on peut savourer La queue de Charrue et, le printemps venu, La Rodenbach, surnommée « le bourgogne des Flandres ». Moi, à Pau, je suis chez moi au zinc où je bois un café serré, où je regarde, j'écoute, où je prends des notes et mon temps. Qui aime prendre son temps est chez lui à Pau.

Quelle image avez-vous de la fameuse « cité royale » ?

Celle d'un havre de paix. On est à Pau protégé de l'épilepsie urbaine permanente, de l'overbooking social, protégé d'une vie qui n'en est pas une, me semble-t-il. A Pau, la nature est accueillante, reposante, palmiers, bambouseraies, et les cimes de l'autre côté de la fenêtre.

Avez-vous le mal du pays quand vous êtes en voyage ?

J'ai le mal du pays quand je séjourne dans des lieux qui ne sont pas habitables. Ce n'est pas une histoire de « terroir ». Soyons précis : trop de terroir m'enterre et le manque de terre me tue.

Qu'est-ce qui, concrètement, vous relie profondément à Pau et à son pays ?

La table sur laquelle j'écris dans ma loggia et les fantômes de Nabokov et de Fausto Coppi.

Claude Nougaro, qui était votre ami, aimait-il Pau ?

Il aimait le vieux casino, le Zénith et les chambres rondes de l'hôtel Continental où nous parlions de Bernard Lubat, de Cassius Clay, d'Edith Piaf et de Bernard Hinault.

Natif des Hautes-Pyrénées, vous sentez-vous palois ?

Je suis un écrivain qui a une planque à Pau. Ma patrie, c'est la langue française.

La ville vous paraît-elle romantique, romanesque, source d'inspiration ?

C'est une ville automnale, c'est-à-dire sans fracas, offrant une lumière douce. Les automnes à Pau sont délicieux. L'inspiration, c'est une autre histoire, une affaire ultra-intime, un caprice capital.funiculaire

S'il n'y avait qu'une photo d'ici, qu'une image à emporter sur une île déserte, ce serait quoi ?

Le funiculaire peinant entre les palmiers.

Donnez-moi trois mots qui caractérisent Pau à vos yeux.

« Poésie » (Paul-Jean Toulet), « Percussions » (rugby, Section Paloise), « Pas » (ceux des femmes et des chevaux)

Propos recueillis par Alain Babaud

Le Point, le 28/04/05