Christian Laborde

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Tour de France

le 29/05/2019

 

Tour de France

Abécédaire ébaubissant

 

 

 

 

La préface d'Arnaud Le Guern

 

L’ÉCRIVAIN DU TOUR

Au commencement, Christian Laborde c’est L’Os de Dionysos. Un premier roman interdit par la Justice en 1987 pour « blasphème, lubricité, provocation, paganisme, incitation au désordre et à la moquerie, trouble à l’ordre public, abus de mots baroques ». Sauvé de la censure par Régine Deforges et Jean-Jacques Pauvert, L’Os fait son retour dans les librairies deux ans plus tard. Les mots de Laborde s’arrachent : bréviaire pour des jeunesses déracinées qui aiment chaque solo, de colère ou d’amour, de Christian. Comme l’écrira Jérôme Leroy : « Christian Laborde est toujours en guerre contre l’ennemi le plus dangereux qui soit : le désenchantement du monde. » Alors, tel un d’Artagnan de la langue française, il ferraille et défouraille. Dans des romans : Indianoak, La Corde à linge, Flammes ou Gargantaur. À Uzeste, sur la scène de L’Estaminet, chez son ami le jazzman Bernard Lubat. Depuis ses premières salves tonitruantes, Christian Laborde a marqué son territoire d’une langue à l’assaut, à la caresse : la beauté est son lopin de jeu. Il n’a jamais cessé d’arpenter ce chemin des fugues, magnifiant tout autant les chansons de Claude Nougaro et les ours des Pyrénées, les poèmes d’André Breton ou Jean-Claude Pirotte et la cause des vaches. Sans oublier les longues jambes bronzées des jeunes filles. Relire son recueil de nouvelles, Diane et autres stories en short, histoire de prolonger les étés de nos vies au bras d’héroïnes prénommées Rita, Anne, Lucie, Laetitia ou Irène.

L’été, bien sûr, ce sont des héroïnes en short retirant leurs espadrilles avant de fouler le sable, avant de lire un roman de Sagan ou Paul-Jean Toulet en terrasse.

L’été, ce sont aussi des héros traçant, en juillet, sur les départementales de notre « cher et vieux pays», s’envolant au plus dur de la pente de cols répondant aux noms de Peyresourde, Aspin, Galibier, Joux Plane, Izoard ou L’Alpe d’Huez. Des héros qui, hier, s’appelaient Fausto Coppi, Jacques Anquetil, Luis Ocaña, Gino Bartali, Eddy Merckx ou encore Pedro Delgado et Marco Pantani, ce pirate flamboyant mort en solitaire une nuit de 2004 à Rimini, titre d’un hommage rock et mélancolique des Wampas. Des héros qui, aujourd’hui, tentent de suivre le rythme infernal des pédalées de Christopher Froome, Nairo Quintana et Geraint Thomas. Dans Le Tour de France, abécédaire « ébaubissant » illustré avec classe par Sonia Lopez, Christian Laborde les célèbre tous comme il avait chanté Charly Gaul, « le Rimbaud du Tour », dans L’Ange qui aimait la pluie, Miguel Indurain dans Le Roi Miguel, Lance Armstrong dans Champion ou Bernard Hinault dans L’Épopée du Blaireau. Et si certains osent mettre en doute une « performance », Laborde dégaine, défendant au couteau du style la grâce des coureurs, du premier au dernier, refusant que de minuscules procureurs insultent nos moments les plus beaux, c’est-à-dire ce qui nous reste, à jamais, de précieux ici-bas. Car pour Laborde, le Tour de France, c’est l’enfance, les mots de son père qui lui parlait de Bahamontes dans le Tourmalet, c’est l’accordéon d’Yvette Horner, c’est un temps retrouvé et suspendu, que chacune des lettres de son abécédaire intime nous permetde (re)vivre.

Le Tour de France n’a pas de secret pour Christian. Voilà pourquoi il sait le rendre et l’offrir aux lecteurs tel qu’il est : un théâtre fabuleux d’ombres et de lumière où chaque coureur, chaque drame, chaque victoire, chaque virage, chaque lacet a sa place. Si aucune « star » de la petite reine – de Jean Robic à Richard Virenque, de Géminiani à Nibali, sans oublier Lucho Herrera, Fignon ou Contador – n’est absente de ce Tour de France, Laborde ne délaisse jamais, pour autant, les sentiers imprévus. Il s’amuse d’un mot – « zinzin », « ogre » ou « moustache » –, est aussi à l’aise dans le poème ou la fulgurance, le chant lyrique ou la digression.

Le Tour de France a toujours passionné les écrivains – Jacques Perret, Roland Barthes, Curzio Malaparte, Antoine Blondin, Louis Nucéra, entre autres – qui aiment les personnages de légende et les insoumis aux lois du chronomètre et de la gravité (en montagne). L’écrivain du Tour, aujourd’hui, s’appelle Christian Laborde. Avec cet abécédaire, il montre une nouvelle fois que le maillot jaune des plumes de la petite reine est bien à lui. Et il n’est pas près de le lâcher.

Arnaud Le Guern

 

Illustrations: Sonia Lopez

 

 

 

 

 

 

Les entrées: du A de "Abandonner" au Z de ZZ Top

 

ABANDONNER. « Il ne faut jamais abandonner. Si tu te casses une jambe, tu l’enveloppes de chatterton. Si un silex t’arrache l’œil, tu le laves et tu le remets. » René Vietto.

ZZ TOP. Lors de l’étape de repos les coureurs traînent en tongs dans les hôtels. Allongé sur son pieu  Floyd Landis, qui partage la chambre du grimpeur Roberto Heras, écoute à donf le rock agressif du groupe ZZ Top. Leurs mordantes guitares cassent les oreilles de Roberto. C’est pour être  peinard, que Roberto Heras s’envole dans les cols. Il attaque, et d’une pierre fait deux coups : il se débarrasse de ZZ Top et permet à son leader, Lance Armstrong, accroché douloureusement à sa fulgurante roue, de gagner à la Mongie, le 18 juillet 2002.

 

 

 Samedi 20 avril 2019

 


 

 

Le « Tour de France » de Christian Laborde en librairie fin mai.

L’écrivain palois sera en librairie le 29 mai avec « Le Tour de France »(Ed. du Rocher) Il s’agit d’un  abécédaire ébaubissant . Ebaubissant, car du « A » d’Anquetil au « Z » de Zaaf et en 400 pages, illustrées par Sonia Lopez, Laborde fait le tour de la question. Les vedettes, les coureurs oubliés, les cols, les duels, les chutes, la caravane, des histoires épiques, émouvantes, drôles. Le Tour passe de 1903 à Geraint Thomas. En juillet, Christian Laborde retrouvera le micro de RTL pour sa chronique quotidienne,   « Fenêtre sur Tour. »

 

 

 

 

21 avril 2019

 

 

FRANCE 2 Vivement Dimanche

 

 

 


 

 

Michel Drucker annonce la sortie prochaine du livre lors d'un "Vivement dimanche" consacré à Raymond Poulidor. La couverture, depuis, a changé.  Fausto Coppi n'est plus seul. Anquetil, Contador, Hinault et quelques autres l'ont rejoint....

 

 

 

1er mai 2019

 

 


Le Tour de France

Du A d'Anquetil au Z de Zitrone en passant par le M de Merckx ou le V de Vodka, Christian Laborde raconte, dans son style flamboyant, l'épopée du Tour de France. Tout y est: les stars d'hier et d'aujourd'hui, les coureurs modestes et oubliés, les cols de légende, les grands duels, les étapes diluviennes ou caniculaires, l'accordéon d'Yvette Horner, le public agglutiné sur le bord de la route, la joie populaire. Le Tour de France n'a pas de secrets pour l'auteur.

(1 mai 2019 - N°4141)

 

 

29 avril 2019

 

 

 

COUP DE CŒUR

Christian Laborde et le Tour de France

Le Palois, qui a reçu en 2015, la médaille d’or du Tour de France par Bernard Hinault, pour ses nombreux livres sur la Grande Boucle, remet ça le 29 mai, avec la publication d’un abécédaire du Tour. Christian Laborde y raconte le Tour dans son style flamboyant comme si c’était un roman d’aventures où le savoir et la saveur se disputent le maillot jaune dont on célèbre, cette année, les 100 ans. D’Anquetil à Froome, de Bobet à Poulidor, l’auteur n’oublie rien ni la caravane, ni la ferveur populaire autour de ce fabuleux Tour.

Le Tour de France, de Christian Laborde (éditions du Rocher)

 

Drucker et Poulidor

 

Michel Drucker et Raymond Poulidor découvrant mon pavé syllabique et de Paris-Roubaix

 


 

et vous invitant à la lire

 


 

 

3 mai 2019

 

 

 

Emission "Le Tour de la question" avec François Clauss

A propos du maillot jaune  et de mon book

 

 

9 mai 2019

 

 


 

En piste pour l'épopée du Tour de France

 

À l'occasion des 100 ans du maillot jaune, Christian Laborde livre un passionnant abécédaire sur l'épopée de la Grande Boucle. À lire avant le départ de l'édition 2019.

 


Le Tour de France s'élancera le 6 juillet prochain. À l'occasion des 100 ans du maillot jaune, l'écrivain Christian Laborde conte l'épopée du Tour à sa façon. Il propose un abécédaire fourni, bible de 360 pages évoquant les grands exploits, les cols de légende, du Tourmalet au Galibier, et les étapes mythiques qui révélèrent les grands champions. Des «géants » ou « des forçats » plutôt que des « champions »,revendique l'auteur, «parce que qui dit champion, dit sport, or le Tour ce n'est pas du sport, c'est de l'épopée ». Voici cette affaire de héros « capables de conquérir des montagnes ».Le premier s'appelle Eddy Merckx ; «quant au géant de cœur, c'est Charly Gaul, vainqueur du Tour en 1958, un grimpeur aérien qui accomplissait tous ses exploits sous la pluie, Rimbaud du Tour selon Roland Barthes ». Et puis les autres, à l'image de «maître Jacques Anquetil » ou du « pirate gracieux Pantani », de Louison Bobet qu'on surnommait « la pleureuse », de Fignon à Indurain, des grands noms croqués avec grâce ou humour sans oublier les moins célèbres, «Jean Dargassies par exemple, un forgeron de Montauban, qui prendra le départ du Tour en 1903 mais n'avait jamais fait de vélo ni participé à la moindre course et qui se classa 11e ». Régalant de récits enlevés et de poèmes, l'auteur raconte les « zinzins » du roi des zinzins Robic en 1947, et reparle des «patatras de Poupou», Raymond Poulidor, l'éternel second. Avec humour (noir), il explique l'art de « charger la mule », d'« être dans Ia pampa », révèle que « fumer la pipe », c'est pédaler sans effort. Sans limites, Laborde fait sourire des histoires de soutien-gorge pour faire briller le cadre des vélos, du bon usage du beurre pour faire disparaître le goudron et se moque avec tendresse des symboles, dont l'accordéon, « qui rime bien avec lampions, flonflons et peloton », et sa meilleure représentante, Yvette Horner, « une fille qui faisait un malheur juchée sur sa Traction Citroën et obligée le soir venu deretirer les moustiques plantés dans l'épaisse couche de sa crème solaire ».

Bercé au Tour de France, « par un pére fanatique de Federico Bahamontes et Gino Bartali, comme par les souvenirs des Pyrénées où [il] venait applaudir en famille Anquetil et Poulidor», Christian Laborde suit depuis trente-cinq ans la Grande Boucle. Il consacrera plusieurs portraits aux héros du Tour — L'Ange qui aimait la pluie, Charly Gaul; Le Roi Miguel, en hommage à Indurain, ou Champion, hymne à la pédalée de Lance Armstrong —, une passion qui lui vaudra en 2015, la médaille du Tour de France pour l'ensemble de ses livres consacrés aux géants de l'épreuve. En juillet, Christian Laborde suivra le Tour à nouveau depuis le cœur du peloton. Le voilà qui confie: «Je rêverai de Luis Ocaña, le seul à remettre en cause la suprématie de la Sky et à attaquer dès le premier col. »

Alexis Pastureau

 

 

 

26 mai 2019

 


Visite guidée

Par Alexandre Ferrer

 

Les Hautes-Pyrénées

par Christian Laborde

Écrivain et poète

 

 

 

Chantre de Claude Nougaro, amoureux des mots et grand défenseur de la cause animale, Christian Laborde raconte dans son dernier ouvrage l’épopée du Tour de France, dans un style unique et flamboyant.

 

L’HISTOIRE Du piémont vallonné aux plus hauts sommets de la chaîne pyrénéenne… Le département des Hautes-Pyrénées ne manque pas de caractère et abrite quelques unes des plus belles merveilles des Pyrénées comme le Pont d’Espagne, le Pic du Midi ou encore le Cirque de Gavarnie.

 

"Les Hautes-Pyrénées, c’est ma terre natale, ma terre de coeur. C’est là que se sont jouées les plus grandes et les plus belles histoires du Tour qui fête cette année les 100 ans du Maillot Jaune."

 

AUREILHAN: "C’est là où je suis né, à côté de Tarbes. C’est là où j’ai entendu le plus de mots : ma grand-mère parlait gascon, le maçon portugais, le charpentier espagnol, l’instituteur français et le curé parlait latin ! J’ai entendu des quantités de sonorités, c’est ça les mots ! À Aureilhan, il y avait aussi des vaches qui, elles, m’ont enseigné la lenteur… Je n’ai jamais vu une vache accélérer… Et puis je me souviens d’Yvette Horner (originaire du village) qui écrasait les bouses de vaches avec les pneus à flanc blanc de sa Cadillac ! Gamin, ça m’a marqué. »

 

 

 

LA BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE DE TARBES : "Je suis un enfant de l’école publique. Pour moi, la langue française, c’est mon instituteur et surtout cette bibliothèque (devenue médiathèque Louis-Aragon) qui était située près du jardin Massey. Un lieu merveilleux. C’est là que j’ai découvert les poètes contemporains comme Pierre Reverdy et Eugène Guillevic avec son recueil « Terraqué » et d’autres textes magnifiques. »

 

L’ADOUR : "On a tous un fleuve ! Et l’Adour, c’est le plus grand fleuve de France, le plus prestigieux, le plus noble ! Tout le monde nous parle de la Loire… mais la Loire, elle prend sa source au Mont Gerbier-de-Jonc… L’Adour prend sa source dans le Tourmalet… chez Bahamontes ! On n’a jamais vu un maillot jaune au Mont Gerbier-de-Jonc ! Pantani n’est jamais passé là-bas ! Donc le plus grand, le plus beau, c’est l’Adour qui va du Tourmalet à l’océan ! Et puis c’est le fleuve qui traverse mon enfance. Et quelle beauté du nom : il suffit de changer une lettre pour parler d’amour ! Avec l’Adour, on a la majesté du Tourmalet et la douceur du mot « amour ».

 

LE COL D 'ASPIN: "Mais côté Payolle. Il est couvert de sapins, comme son nom l’indique avec la lettre «S » mal placée ! Pour moi, c’est le col des pique-niques quand on partait en montagne avec mes parents en Renault Dauphine ! Le sommet du col est paisible… il y a des vaches en permanence… J’ai toujours aimé ce col, en particulier durant le Tour de France. J’ai vu passer les grandes gloires : Bahamontes, Anquetil, Poulidor, Hinault, Fignon… Je me rappelle aussi des « motards Cinzano » qui se tenaient debout, tel des chevaliers! Ça me fascinait. Et puis Aspin, c’est le premier col que j’ai grimpé à vélo, pour rouler sur mes souvenirs. »

 

 

 

GAVARNIE : "C’est le moment où l’on est confronté à l’immensité et à la beauté de la montagne. C’est un paysage époustouflant, on est toujours interrogateur devant cette magnifique muraille. On a tous en tête le texte que Victor Hugo a écrit sur Gavarnie. C’est la dimension grandiose de la montagne, des Pyrénées. Et puis j’ai été muletier à Gavarnie avec les ânes qui promenaient les touristes. Je le faisais pour me faire de l’argent de poche et m’acheter ma première chaîne stéréo et mes premiers disques de Nougaro! Et j’adore les ânes avec le poème de Françis Jammes. Cet animal avec ses pattes frêles m’a fait comprendre que les animaux sont désarmés face à nous. Ils m'inspirent de la compassion. C’est important pour moi. »

 


L’ACTU

 

 

 

Christian Laborde vient de publier « Le Tour de France » aux éditions Du Rocher. Un passionnant abécédaire sur l’épopée de la Grande Boucle, entre anecdotes, légendes, grands duels et joie populaire. 360 pages ; 21,90 €.

 

 

26 mai 2019

 

 

 

 Christian Laborde et le Tour de France

 


 

Christian Laborde répond aux questions de Yann Vallerie

 

 

31 mai 2019

 

 

 

 Le Tour de France

 



 


Christian Laborde cette fois choisit l’abécédaire. Et, du A d’Anquetil au Z de Zaaf, du B de Louison Bobet ou de Joséphine Baker au H de Bernard Hinault, du F de Christopher Froome au P de Parasol, du R de Robic au V de Ventoux, et du V de Ventoux à celui de Vodka, le Tour passe en toutes lettres. Le Tour de France de Laborde est un roman d’aventures où le savoir et la saveur se disputent la vedette. Laborde n’oublie rien, magnifie tout, fait le Tour de la question dans un style flamboyant.

 

 

 

 

3 juin 2019

 

 

 

 L'invité du jour et de Thierry Niogret:Christian Laborde

 

1er juin 2019

 

 


 

 

Le Tour de France n'a pas de secret pour Christian Laborde. C'est pour cela qu'il nous raconte avec sa verve littéraire les stars d'hier et celles d'aujourd'hui sans omettre d'évoquer les modestes et les oubliés. Pour qui a déjà écouté ce fin narrateur à l'accent particulier, le lire c'est aussi l'entendre comme nous le faisions avec Louis Nucéra qu'il n'oublie pas d'évoquer. Sans aucun doute, Christian Laborde est le maillot jaune de la page blanche.

 

 

 

4 juin 2019

 


 

Le livre de la semaine

 

Le Tour de France de Laborde

L’année des 100 ans du maillot jaune, Christian Laborde raconte le Tour dans un abécédaire, comme un roman d’aventures où le savoir et la saveur se disputent la vedette. Les exploits, les duels, les grands cols, les paysages, les coups tordus, les abandons, les chutes, les tragédies, les larmes, les maillots, les vélos, l’accordéon, la caravane, les spectateurs, leur enthousiasme et leurs chapeaux de fortune: Laborde n’oublie rien. «Un livre essentiel pour tout amateur de cyclisme et du Tour de France» confie Christelle Girard, amatrice de vélo.

 

 4 juin 2019

 


 

 

 

Un abécédaire érudit du Tour

 

 

 

 

Le Tour de A à Z en 400 pages et plus de

1000 histoires petites et grandes.

 

Pour le centenaire du maillot jaune, Christian Laborde nous offre une somme, le Tour de A à Z, un « abécédaire ébaudissant ».

 

Forcément, on l’attendait un peu. Avec le centenaire du maillot jaune, Christian Laborde dégaine ses souvenirs, son savoir et toute sa verve pour signer un abécédaire sobrement intitulé « Le Tour de France ». Dans cette somme, Laborde ne nous épargne rien,ou plutôt nous dit tout de ce monument qu’est le Tour, et qu’il n’a de cesse de sublimer. On retrouve toute la plume « avec accent » de l’auteur bigourdo-béarnais, qui déroule son impressionnante érudition autour du vélo et de l’épreuve, sur lesquels il a tant écrit. On découvre aussi d’étonnantes informations distillées ici ou là, de brèves en « short stories », selon le sujet et l’inspiration. Saviez-vous par exemple que l’écrivain Jean Giono, passionné du Tour, intervint afin que le « Berger de Manosque » Edouard Fachleitner, prenne le départ de la grande boucle en 1952 ? Ainsi vont les anecdotes étonnantes comme à la lettre S(comme Samba), ce rappel que le Brésilien Mauro Ribeiro (RMO) est pour l’instant le seul coureur brésilien, à avoir remporté une étape. On n’oubliera pas les morceaux de bravoure littéraire et cycliste, comme cette « crise de Panique » à la lettre P, qui vient nous rappeler l’exploit de Gilbert Duclos-Lassalle, qui abandonnera sa victoire à Pau le 18 juillet 1990 pour remettre Greg LeMond dans la course alors qu’il a crevé à 600 mètres du sommet de Marie Blanque. On sourira aussi à la lettre X (classé), sur les diverses vicissitudes des fondements des coureurs mis à rude épreuve durant trois semaines. C’est complet, plus que complet, drôle, picaresque, passionné, parfois tragique, c’est le Tour et Laborde dans toute leur splendeur !

Nicolas Rebière

 

 

 

7 juin 2019

 

 


 

 

L’obsession

 

 

 

Un petit vélo dans la tête

 

 

 

Selon Louis Nucéra, le Tour de France est « notre Noël en été ». Christian Laborde, cet écrivain dont le verbe épouse en verve et en fécondité celui de feu son ami Claude Nougaro, refait lui aussi sa cure d’enfance émerveillée chaque mois de juillet. Le Tour de France est un abécédaire amoureux de la célèbre course. Un abécédaire n’est pas un récit asservi à la logique d’un fil narratif. Il rompt la linéarité du temps, fait éclater l’histoire en moments discontinus qui sont tous des astres entretenant entre eux de mystérieux rapports que seule la magie de l’écriture teintée d’onirisme saisit. C’est en pareil sorcier de la plume qu’écrit Laborde. Loin de la navigation le long d’un fleuve tranquille, cet abécédaire voyage dans une constellation. Les étoiles s’y nomment : Coppi, Anquetil, Bobet, Poulidor, Merckx. « Consonne, voyelle, consonne, consonne, consonne, consonne : Merckx », écrit superbement Laborde. Les étoiles y sont aussi des événements : Coppi, puis Bobet, s’isolant dans l’Izoard, lunaire désert où les demi-dieux de la route entrent seuls, ou l’inoubliable raid d’Eddy Merckx, à l’été 69, de Luchon à Morcenx, signant quelques jours avant que l’homme marchât sur le Lune, l’un des exploits légendaires de l’histoire du cyclisme. «  Les Géants du Tour sont des chevaliers », écrit Laborde. Ils ne le seraient pas sans l’athanor de leurs aèdes, mutant leurs exploits en une légendaire chanson de geste.

Robert Redeker

 

 

 7 juin 2019

 

Le coup de coeur des libraires

 

 

 

 

 

Valérie Expert choisit Le Tour de France


 

12 juin 2019

 

 

 


 

Invité de La Matinale TV  de la RTBF

 

 

12 juin 2019

 

 

 


 

 

1 : le papier de Philippe Chauché

 

Christian Laborde, l’écrivain gascon, est un passionné de vélo. On lui doit notamment un Dictionnaire Amoureux du Tour de France (Plon), et plus récemment Robic 47 (Ed. du Rocher). Il a reçu en 2015 la médaille du Tour de France pour l’ensemble de ses livres consacrés aux Géants de la route, des mains de Bernard Hinault, le quintuple vainqueur de la Grande Boucle.

Il s’agit d’un Tour de France aux mille entrées, où l’on croise Louis Aragon – le goût violent de vaincre la nature et son propre corps, l’exaltation de tous pour les meilleurs. René Fallet – Prince du comptoir, des syllabes et du braquet… Laurent Fignon – Il rayonne dans l’exploit, l’attaque, l’assaut, n’assiégeant que les plus hautes citadelles… Mais aussi Antoine Blondin – Le général de Gaulle est le président des Français onze mois sur douze. En juillet, c’est Goddet. Ou encore Lance Armstrong – L’on reproche souvent à Lance Armstrong d’être hautain. Il l’est. Hautain : doué pour les hauteurs. Et enfin – mais une fin toute provisoire – Nico Mattan – Le 13 juillet 2000, le Belge Nico Mattan fait son miel du col de Notre-Dame des Abeilles avant de laisser Marco Pantani-Korsakov interpréter Le vol du bourdon dans le Ventoux.

Ce Tour de France est une escapade, une escapada, une échappée, d’où se détachent quelques figures héroïques de cette aventure unique : Géminiani, Fignon – Il a tellement de classe, tellement « la troisième jambe » qu’il remporte le Tour de France lors de sa première participation. Armstrong – Je ne roule pas pour le plaisir, je roule pour la douleur. Froome – Le 20 juillet 2017, dans la montée du col de l’Izoard au sommet duquel se juge l’arrivée de la 18e étape, Christopher Froome répond aux accélérations et aux attaques de ses rivaux par une pédalée frénétique, un ainsi-Froome-Froome-les petites-manivelles qui les écœure tous.

C’est en somme des hommes et des Dieux, c’est piquant, réjouissant, souvent drôle, touchant, savant et savoureux.

 

2 : Rencontre Philippe Chauché et Christian Laborde

(Entre Pau et Avignon, les Pyrénées et le Ventoux, mai 2019)

Philippe Chauché : Christian Laborde, d’où vient cette mémoire vive du Tour de France, de ses héros et de ses anonymes, des corps stylés, des cols et des échappées, qui sonnent chez vous, comme des Odyssées ? Comment est née cette passion ?

Christian Laborde : Elle vient de mon enfance, de la cuisine de mon enfance : la toile cirée, les verres Duralex, la bouteille de rouge, et mon père qui me raconte les exploits des héros du Tour, Vietto, Gaul, Lazaridès… Mon père était un fabuleux conteur. Et les héros dont il me parlait durant l’hiver, je les voyais passer devant moi, en juillet, dans les lacets du Tourmalet. Ça a commencé là, ça a commencé comme ça.

Ph. Chauché : Quand on évoque le Tour de France, on pense immédiatement aux Pyrénées, comme si cette chaîne de montagnes était née pour le vélo ?

Ch. Laborde : Elle est née pour le vélo, bien sûr, vous avez raison. Les livres d’histoire disent que Dieu a créé les Pyrénées pour séparer les Français des Espagnols. Billevesées que tout cela ! Il s’en fout, Dieu, des frontières et des états. Il a créé les Pyrénées pour distinguer les grimpeurs des non-grimpeurs. Car « Dieu s’intéresse aux courses cyclistes », comme l’écrit Marcel Aymé.

Ph. Chauché : Le Tour de France est un rendez-vous unique pour les sportifs, les professionnels, les journalistes – le Tour avant les images, ce sont des voix à la radio, ce que vous faites durant le tour sur les ondes de RTL –, les amateurs, les curieux, des milliers de français sur les bords des routes ou devant leur poste de télévision. Un rendez-vous avec parfois la fantaisie, souvent la douleur et la joie. Un rendez-vous également avec le verbe, peu de sports – avec le tennis, la boxe, et parfois le rugby – n’offrent autant d’échappées belles aux écrivains. Le Tour fait parler et fait bien écrire. Vous en connaissez les raisons ?

Ch. Laborde : Le Tour est source d’inspiration pour les écrivains, et la raison, la voici. Que fait le Géant de la route ? Il tente une échappée, une « fuga » comme on dit chez Fausto Coppi. Bref, le Tour de France, ou d’Espagne, ou d’Italie, c’est l’art de la fugue. L’écrivain reconnaît, dans le champion, quelqu’un qui lui ressemble, quelqu’un qui, comme lui, s’enfuit. Il s’agit, par l’exploit ou par l’écriture, de sortir du peloton, de s’échapper, d’échapper à l’usine, à la ferme, à son milieu, à la société, à soi-même. C’est bel et bien cette fuite capitale, héroïque qui fascine et inspire les écrivains. Cette échappée, qui plus est, est poétique lorsqu’elle naît dans le Tourmalet, c’est-à-dire dans une nature redevenue hostile, une nature qui se défend, aidée par la pluie, l’orage, le froid. On n’est donc plus dans le sport, mais dans l’épopée, mot qui désigne à la fois l’exploit et le texte qui le raconte. Ajoutons que le Tour fait aussi le bonheur du romancier en lui offrant des personnages colorés. Ecoutons Raymond Mastrotto parlant d’une défaillance survenue dans le Tourmalet, en 1967 : « Dans le Tourmalet, je suais tellement que je graissais la chaîne ». Où parle-t-on de la sorte : à Roland Garros ? Non, chez Audiard.

Ph. Chauché : Le Tour est donc une affaire de mots et de langue, les surnoms que l’on donne aux coureurs, cet incroyable bestiaire : Le Bison, La Gazelle de Peyrehorade, Le Blaireau, Le Taureau de Nay, Le Sanglier, de noms de cols, des coureurs, dont en quelques phrases vous offrez un souvenir, une image, un éclat, dans une langue virevoltante : Luis Ocaña qui fait parler la poudre… les géants du Tour parfois se querellent, prennent leurs maigres gants pour des gants de boxe, le bitume pour un ring. Je me souviens que votre ami musicien gascon Bernard Lubat disait que Coltrane devait jouer avec l’accent, vous diriez la même chose des Géants du tour, ils pédalaient et pédalent avec l’accent?

Ch. Laborde : Qu’est-ce que l’accent ? Si j’en crois Michel Serres, « l’accent c’est la trace d’une autre langue dans la langue ». Cette autre langue, cette langue ancienne, les Géants du Tour la parlent quand ils pédalent. C’est une langue vivante, un désordre verbal absolu, hautement subversif, qui s’oppose aux mots d’ordre, ceux des communicants, et ceux des agents du marché qui nous somment de nous taire et de consommer, une langue qui secoue de l’intérieur la langue régnante, globale, fade et tyrannique. La langue ancienne, c’est la langue des légendes, de la démesure, les mots de l’âme enchâssée dans la « viande » (terme lubatien), la langue de Pantani, la langue de l’enfance. Que Pantani s’envole dans l’Izoard, et l’enfance tout à coup reprend ses droits.

Ph. Chauché : Les « entrées » de votre Tour de France sont truffées d’anecdotes – choses inédites et petits faits curieux dans son premier sens –, de courtes histoires, qui pourraient à chaque fois devenir des romans d’aventure. Si je vous dis que vous auriez pu baptiser votre livre Les romans du Tour de France, ou alors Le Tour de France de la saveur et du savoir, vous êtes d’accord ?

Ch. Laborde : Les romans du Tour de France : oui ! Car chaque entrée raconte, comme vous le dites, une histoire, laquelle peut faire trois lignes ou deux pages, ou prendre la forme d’un dialogue ou d’un slam. Les Romans du Tour de France, oui ! Ou bien Les Contes du Tour de France. Car je demeure profondément un conteur. Je n’oublie pas que savoir et saveur ont la même étymologie…

Ph. Chauché : L’aventure se poursuit en juillet prochain, nouveau Tour et nouvelles escapades sportives et littéraires, vous le suivrez ? Et bientôt un nouveau roman ?

Ch. Laborde : L’aventure se poursuit et, en juillet, j’ai rendez-vous avec l’enfant émerveillé que j’étais, à Aureilhan, dans la cuisine, quand mon père parlait, ou dans le Tourmalet quand Bahamontes passait, seul. Un nouveau roman bientôt ? Probablement, mais laissons les mots décider, cher Philippe. Et faisons nôtres ceux d’André Breton : « Après toi, mon beau langage ! »

Christian Laborde a notamment publié L’Homme aux semelles de swing (Fayard pour la dernière édition), Les Soleils de Bernard Lubat (Prince Nègre pour la nouvelle édition), L’Os de Dionysos(Pauvert pour la nouvelle édition), Champion : Défense et illustration de Lance Armstrong (Plon), Dictionnaire amoureux du Tour de France (Plon), La Cause des vaches, Robic 47, et Tina (ces trois derniers aux Editions du Rocher).

 

 

12 juin 2019

 


 

  De l'usage  de l'escalope de veau(au fond du cuissard)  durant le Tour de France....

 


 

 


 

 

20 juin 2019

 


 

 

 

 

Invité de "90 minutes" avec Jean-Michel Zecca

 

 

21 juin 2019

 


 

Le Blog des arts

 

Christian Laborde choisit l'abécédaire, par Alain Vollerin

 

 

22 juin 2019

 


 

 

Laborde, enchanteur de la Grande boucle

 

A quoi reconnait-on un livre d’écrivain ? Il a du jus, du nerf, de la profondeur historique, de la mauvaise foi et de la dérision. Il s’emballe parfois en plaine et puis, une douce mélancolie vient écorcher nos genoux, égratigner notre mémoire à l’abord des premiers cols. Il est nerveux dans les échappées mais sait aussi se laisser dandiner, à la fainéante, sur nos belles départementales. Cette année, le Tour de France célèbre les cent ans du maillot jaune et Christian Laborde, grand braquet de la littérature sportive, publie son indispensable abécédaire. Encore un dictionnaire, me direz-vous, cette manie française de tout classer et compartimenter, c’est sans compter le génie de la formule de Laborde, dompteur de mots et enlumineur de notre patrimoine. Avec lui, le Tour ne se limite pas aux exploits sportifs, il est le réceptacle vibrant de notre nation, une part de notre identité. Les flonflons et la sueur. Les drames et le panache. Les souvenirs et la course. Son dictionnaire est taquin, érudit et flamboyant. On passe de Léon Bloy à Blondin, de Fignon à Abdelkader Zaaf, de Nougaro à Nucéra, on pioche, on s’amuse, on a les jambes qui frétillent et l’envie de dépoussiérer ce vieux Motobécane qui sommeille depuis trente ans dans une grange à la campagne.

Thomas Moralès

 

 

26 juin 2019

 

 

Je réponds aux questions de Wendy Bouchard sur Europe 1

 

28 juin 2019

 



 

Culturellement incorrect

 

Tours de force

 

 

 

Dénigrer la France et mépriser les millions de spectateurs et de téléspectateurs du Tour de France sont deux exercices à la mode, « élitaires », qui vont souvent ensemble. Logique. Cette course cycliste centenaire dit aussi bien que des cours d’histoire, de géographie et de morale ce qu ’est «notre cher vieupays ». La raconter revient à célébrer des valeurs, chanter des vertus et honorer des lieux et des héros qui, toutes et tous, rendent fier d ’être français. Double preuve supplémentaire avec les livres réjouissants de Béatrice Houchard (1) - un essai - et Christian Laborde (2) - un abécédaire. Connaisseurs érudits du TdF, raconteurs d’histoires hors pair, ils parviennent à intéresser les esprits les plus républicains et béotiens à la petite reine. Comment ? Par des anecdotes souvent inédites et rapportées avec style, mais aussi par un souci commun d’élargir et de contextualiser leur propos : on croise ainsi ici autant de figures politiques et d’écrivains que de coureurs, et on assiste à autant d’événements extrasportifs qu ’à de périlleuses descentes dans les lacets du Tourmalet. Deux lectures indispensables aux amoureux de la France et de sa culture populaire.

Jean-Christophe Buisson

(1) Le Tour de France et la France du Tour, Calmann-Lévy, 224 p., 17 €.

(2) Le Tour de France, Le Rocher,384 p., 21,90

 

 

30 juin 2019

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Grand entretien

Christian Laborde : « Le Tour, c’est le règne des départementales et des villages »

 

Poète, romancier, pamphlétaire, chantre de Nougaro, Christian Laborde livre un flamboyant abécédaire du Tour de France. Pour lui, « la légende du tour de France est aussi due à la démesure de ses personnages ».

 

Dès l’origine, le tour de France est marqué la souffrance. Pour la première étape de montagne en 1910, les coureurs sont morts de trouille... C’est ce qui donne à l’épreuve son côté éternel ?

Christian Laborde : « Je pense que le face-à-face avec la montagne est effectivement l’élément moteur de la légende du tour. Aujourd’hui, la montagne est domestiquée et soumise à la loi des 4x4 arrogants, mais à l’époque, il fallait attendre le mois de juillet pour que la montagne redevienne un lieu à conquérir. Pour le coureur, la montagne demeure l’obstacle démesuré. Dans les Pyrénées, il y avait cette peur authentique, attestée par la chronique, d’être dévoré par les ours. Poulidor raconte qu’au début des années 60, lors des ravitaillements, il y avait du miel dans les musettes, à donner aux ours en cas de rencontre... C’est toute cette dimension qui fait que nous avons à faire non pas à des champions, mais à des héros. Nous ne sommes plus dans le sport, mais dans l’épopée. La légende du tour de France est aussi due à la démesure de ses personnages. Il y a certes un grand scénario, mais il faut de grands acteurs qui fassent le show durant trois semaines. »

 

Des héros qui se rebellent dès les premiers tours et dénoncent un esclavage...

C.L. : « Absolument ! Il y a l’abandon des frères Pélissier qui confient leur colère à Albert Londres. Il couvre le tour pour le Petit Parisien et invente la formule “les forçats de la route”. Les coureurs rouspètent contre l’autoritarisme d’Henri Desgranges (1) et en 1910, il se fait traiter d’assassin au sommet du col de l’Aubisque. Il pensait que le tour devait devenir de plus en plus dur et a fait ainsi grimper le Tourmallet en 1910 et le Galibier en 1911, pour augmenter la souffrance, le spectacle et les ventes de son journal. C’est aussi vrai dans les années 60, quand Jacques Godet, directeur de l’Équipe s’inquiète de la monotonie d’une épreuve où Jacques Anquetil porte le maillot jaune du premier au dernier jour. Car cela entraîne une baisse des ventes. »

 

Comment s’étonner dans ces conditions, ou faire semblant, de l’attirance des coureurs pour le dopage ?

C.L. : « Si j’avais écrit un livre sur Roland-Garros ou un dictionnaire sur le mondial de foot vous ne me poseriez vous cette question ! On se paye une bonne conscience sur le sport qui n’est pas le plus riche. Or il y avait déjà du dopage aux jeux de la Grèce antique. Le premier mort du dopage, c’est Milon de Crotone, au VIe siècle avant Jésus-Christ et les questions d’argent existaient, car les champions étaient payés par la cité qu’ils représentaient. Il n’y a que M. de Coubertin pour penser que les jeux étaient amateurs... Ce que je veux dire, c’est que c’est une question bien plus large que le sport en général et le cyclisme en particulier. On vit dans une société qui ne cesse de vanter la performance : on booste les entreprises, on dope les ventes et on met Richard Virenque en garde à vue...Les produits dopants ne sont pas la solution miracle, sinon il y a longtemps qu’on nous aurait fabriqué un successeur à Bernard Hinault ! Marco Pantani est mort d’overdose comme Janis Joplin. Il n’y a pas une seringue qui explique les jambes de Pantani ou la voix de Joplin. Dans ces pratiques, il y a quelque chose qui relève de l’autodestruction. Ces gens sont de grands brûlés. C’est leur moral qu’ils voulaient shooter. On ne peut pas réduire tous ces héros à leur part d’ombre. »

 

Parmi les nombreuses figures du tour, il y a bien sûr Jacques Anquetil...

C.L. : « Géminiani disait d’Anquetil que c’était un réacteur, une machine IBM et un alambic. Un réacteur, car il était époustouflant contre la montre, un ordinateur IBM, car il avait une science incroyable du calcul pour laisser filer un adversaire jusqu’à un écart qu’il savait quand et comment rattraper. Quant à l’alambic, Anquetil se permettait toutes les fantaisies alimentaires possibles, la veille même d’une course. Aujourd’hui, il terroriserait les diététiciens. Pendant le tour, il buvait du vin blanc et du champagne. En 1964, à Andorre, durant une journée de repos, alors que ses rivaux s’entraînent, Anquetil participe au méchoui de Radio Andorre... Vous savez dans le vélo, ce sont le tube du cadre et le tube digestif qui font la différence ! »

 

Robic est le plus grand fracturé de l’épreuve ?

C.L. : « Jean Robic, c’est le punk du peloton. C’est un coureur qui débute avant la Seconde Guerre. Il est petit et disgracieux. Il fait deux chutes dans deux Paris-Roubaix et se fait deux fractures du crâne. Raison pour laquelle il a toujours porté un casque en cuir par la suite. Un médecin lui a formellement déconseillé de poursuivre le cyclisme, ce à quoi Robic lui a répondu “restez poli docteur !” Il a eu maintes fractures – clavicules et bras – par la suite. Il gagne le premier tour d’après-guerre en 1947, le tout dans une équipe régionale, car il avait été refusé en équipe de France... Huit jours avant le départ du tour, il est au café des parents bretons de son amoureuse, à Montparnasse. Il déclare à sa fiancée : “Raymonde, je suis pauvre, je t’épouse et le tour de France sera mon cadeau de mariage.” Il le gagne en faisant sauter Bobet dans les Alpes et les Pyrénées. Tout cela sous les yeux époustouflés de Marcel Cerdan. »

Le plus insolent, Laurent Fignon ?

C.L. : « Il se moquait de la mafia du Tour. Fignon c’est l’insolence et la folle jeunesse, avec une classe folle. »

 

S’il vous fallait choisir le coureur mythique du tour de France ?

C.L. : « Charly Gaul. C’est un homme seul, un Luxembourgeois dans une petite équipe. Il met 20 minutes à tous les favoris dans les Alpes, sous la pluie. C’est un champion qui adorait la pluie et c’était un grimpeur. Mais Indurain, Anquetil et Coppi constituent les trois plus belles positions sur la machine. Un style incroyable ! »

 

Antoine Blondin, Louis Nucéra, Roland Barthes, René Fallet... Comment expliquez-vous l’engouement des écrivains pour le Tour ?

C.L. : « Que cherche un écrivain ? Des personnages. Je pense que le tour de France en regorge. Ensuite, ces personnages sortent du peloton, tentent des échappées, car le vélo c’est l’art de la fugue. Le point commun entre l’écrivain et le coureur, c’est que ce sont deux personnes qui s’arrachent à leur milieu, aux règles, à la société. J’ajoute qu’il y a la dimension épique, l’épopée. “Épopée” en grec désigne à la fois l’exploit et le texte qui le raconte. Et il y a le langage ! En 1967, Mastrotto gagne à Pau en ayant beaucoup souffert. Avec cette explication : “Dans le Tourmallet, je suais tellement que je graissais la chaîne...” »

 

Quel est le trait d’union du Tour de France du début à nos jours ?

C.L. : « C’est la France ! Le tour, c’est le règne des départementales, des villages qu’on traverse, c’est la route nationale 7 de Charles Trenet. »

 

 « Le Tour de France, abécédaire ébaubissant » (Éditions du Rocher) 384 pages 21.90 euros

 (1) Fondateur du Tour de France et directeur du journal l’Auto (ancêtre de l’Équipe)

 

 30 juin 2019

 

 

 


Vivement dimanche

 

 

 

 

Michel Drucker présente une nouvelle fois mon big book, Bible du bike

 


 30 juin 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diffusion: dimanche 30 juin, 21h, rediffusion: dimanche 14 juillet, 16h

Sur le plateau de Patrick Cohen, en compagnie du coureur Gérard Moneyron, héros du documentaire de Jacques Ertau consacré au Tour de France 1975

 

 

 

30 juin 2019

 

 

 

Christian Laborde ne laisse pas passer son Tour

La Grande boucle inspire les écrivains. Christian Laborde apporte sa belle contribution avec son Tour de France (1), une balade en forme d’abécédaire à travers la plus grande course du monde.

Rencontre

Tout le monde aime le Tour de France. Lui, c’est différent. Il en est amoureux raide dingue, et il en parle avec son délicieux accent pyrénéen qui vous transporte déjà sur les pentes du Tourmalet, de Peyresourde ou de l’Aubisque, ces cols où la légende du Tour s’est écrite. Son Tour de France à lui, c’est d’abord la voix de son père qui se fait conteur des champions. « Le Tour de France, pour moi, c’est mon père dans la cuisine, le repas terminé, qui me raconte les exploits des coureurs, les Coppi, Bartali, Charly Gaul. J’ai été bercé par ces noms magiques, des personnages de roman », se souvient Christian Laborde. Et puis, l’été arrivait, et son mois de juillet. Depuis Aureilhan, sa commune des Hautes-Pyrénées, « on prenait la Dauphine et on allait dans le Tourmalet. » Le petit Christian est aux premières loges et il en prend plein les yeux. Ce n’était pas il ya quelques dizaines d’années. C’était hier. Ses souvenirs de ces premières rencontres avec le Tour de France sont toujours frais et les images tournent en boucle dans sa tête. « J’ai vu voler l’Aigle de Tolède devant moi », assure-t-il en parlant de Fédérico Bahamontès, le coureur espagnol, vainqueur du Tour en 1959, qui a hérité de ce surnom tant il avalait avec un bel appétit les

cimes de juillet.

« Une maladie infantile »

Christian Laborde, 64 ans, a déjà pas mal écrit sur le Tour de France. Mais il aime aussi varier les plaisirs. Cette fois, avec son Tour de France, il a donc choisi la forme de l’abécédaire. Avec des petites histoires de quelques lignes ou des récits un peu plus longs qui racontent toute l’histoire de la Grande Boucle depuis les temps héroïques d’avant la Première Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui et l’ère des vélos en carbone et des capteurs de puissance sur les guidons. À chaque étape, ce sont autant de tranches de vie sous le soleil de juillet. Des histoires de champions et de besogneux du vélo, d’esthètes et de sans-grade. Sous la plume de Christian Laborde, ils ont tous leur place. Et puis, il ya ces anecdotes que l’on savoure comme une belle échappée qui va au bout de l’étape. C’est Bernard Hinault qui vient discuter en juillet 1982 avec des agriculteurs qui bloquent le Tour. « Les Français doivent acheter des produits français », disent-ils au champion breton. Qui leur réplique de volée : « Mais pourquoi vous bloquez la course avec des tracteurs américains?» Il ya aussi celle-ci, juste trois lignes. C’est clair, net et précis, et tout est dit : « À la question « Qu’emporterez-vous sur une île déserte ? », Louison Bobet (vainqueur du Tour en 1953, 1954 et 1955) répond : « Une bicyclette. » Il y a encore toutes ces belles paroles d’écrivains amoureux comme Christian Laborde de la grande transhumance de juillet. Yvan Audouard par exemple : « Le Tour, pour moi, c’est une maladie infantile dont je ne souhaite pas guérir. Et l’âge n’améliore pas mon état. » « J’ai choisi cette forme de l’abécédaire car elle est souple. Cela permet le vagabondage. On peut raconter une histoire en trois lignes,b en deux paragraphes ou en trois pages », glisse-t-il. Trois pages, c’est pour Eugène Christophe, héros malheureux de l’histoire la plus incroyable du Tour de France. Forcément, cela se passe dans les Pyrénées, et dans le Tourmalet. Nous sommes en 1913, et Eugène Christophe y casse sa fourche. Il doit réparer lui-même son vélo, c’est le règlement de l’époque. Il se met donc à l’ouvrage chez le forgeron de Sainte Marie-de-Campan, au pied du col, pour réparer sa monture. Et le Vieux Gaulois, c’est le surnom du champion, repartira mais il ne gagnera jamais le Tour de France.

Le sac au guidon

Bien sûr, Christian Laborde parle du dopage. Il n’est pas dupe de certains excès, mais il s’insurge contre tous ces regards accusateurs qui se tournent vers les seuls cyclistes. « Je suis pour la lutte contre le dopage mais pour tous les sports. J’attends le jour où l’on ira contrôler les stars du tennis dans leur palace, comme les coureurs cyclistes dans leur hôtel Ibis », lance-t-il, un peu chatouilleux sur le sujet : « Pourquoi un coureur qui s’est dopé devrait-il porter cela toute sa vie et ne jamais avoir droit au pardon ? » Au fait, Laborde pédale-t-il ? Bien sûr. Et il monte aussi les cols de son paradis pyrénéen. Mais jamais la tête dans le guidon. « Je roule doucement. J’ai le sac à mon guidon, comme jadis. Avec toujours un carnet, un crayon et le casse-croûte », confie-t-il. Une idée qui passe, même à vélo, il ne faut pas la laisser s’échapper.

Didier GOURIN.

(1) Le Tour de France, Christian Laborde, éditions du Rocher. 377 pages, 21,90 €.

Pendant le Tour, Christian Laborde tient une chronique sur RTL, à 7h30.

 

 

1 juillet 2019

 

 


Le Tour de France

Cette fois, Christian Laborde choisit l'abécédaire. Et du A d'Anquetil au Z de Zaaf, du B de Louison Bobet ou de Joséphine Baker au H de Bernard Hinault, du F de Christopher Froome au P de parasol, du R de Robic au V de Ventoux, à celui de Vodka, le Tour passe en toutes lettres.L'ouvrage de l'auteur est un roman d'aventures où le savoir et la saveur se disputent la vedette.

 

1 juillet 2019


 

 

 

Le Tour de A à Z

 

 

 

Du A d’Anquetil au Z de Zaaf, du B de Louison Bobet ou de Joséphine Baker au H de Bernard Hinault, du F de Christopher Froome au P de Parasol, du R de Robic au V de Ventoux, et du V de Ventoux à celui de Vodka, le Tour passe en toutes lettres. 

 

 

2 juillet 2019

 

 

 

 

 

La sélection de l'été

Le Tour de France, de Christian Laborde, Éditions du Rocher, 384 pages, 21,90euros

Du haut de ses 116ans d’histoire, le Tour de France a façonné, consacré les plus grands champions, de Fausto Coppi à Jacques Anquetil, d’Eddy Merckx à Miguel Indurain. Des exploits sportifs qui ont été magnifiés par des lieux mythiques, des paysages à couper le souffle et un public toujours plus nombreux sur le bord de la route. Poète et romancier, Christian Laborde a  écrit plusieurs livres dédiés aux géants de la petite reine. Ce passionné de cyclisme choisit ici l’abécédaire pour conter les plus belles histoires de la Grande Boucle. Au fil des pages, ces anecdotes côtoient très souvent la Grande Histoire. Nul doute que les plus belles lignes du Tour sont encore à écrire avec, pourquoi pas, un Français– Thibault Pinot ou Romain Bardet– maillot jaune sur les Champs-Élysées en juillet prochain, trente-quatre ans après Bernard Hinault.

AURÉLIEN FLORIN

 

 

3 juillet 2019

 

 

 

Le Tour de France, par Christian Laborde (Editions du Rocher, 384 pages, 21,90 euros). Romancier et conteur, l'auteur livre un abécédaire personnel et engagé, qui opte pour "Thiétard le lascar" plutôt que Thomas le vainqueur 2018. Au fil des anecdotes, c'est le Tour d'un passionné, pamphlétaire à ses heures, qui se dégage du "A" d'abandonner au "Z" du groupe de rock ZZ Top.

 

 

3 juillet 2019

 

 

S’il est bien un écrivain français qui aime par-dessus tout la Grande Boucle, c’est bien Christian Laborde. Douze ans après avoir écrit son «Dictionnaire amoureux du Tour de France», le célèbre poète et chroniqueur a de nouveau choisit l’abécédaire pour mêler ses deux passions que sont les mots et le cyclisme. Du A… d’abandonner – «Il ne faut jamais abandonner. Si tu te casses une jambe, tu l’enveloppes de chatterton. Si un silex t’arrache un œil, tu le laves et tu le remets», déclarait le coureur français René Vietto – au Z de ZZ Top, le groupe rock qu’écoutait en boucle Floyd Landis durant les jours de repos, l’auteur passe le Tour «à la moulinette des lettres». De quoi grignoter quelques anecdotes, récits et autres… raps cyclistes en attendant l’emballage final des étapes de ce mois de juillet.

Alan Marchal

 

 

 

 

 


Le Tour de France

 

 

 

 

Un abécédaire qui décortique la Grande Boucle comme jamais. Les exploits, les duels... C'est complet et souvent drôle.

 

 

4 juillet 2019

 


 

 


A lire

Un abécédaire signé Christian Laborde, poète et romancier, chantre de la Grande Boucle.

 

 

4 juillet 2019

 

 

 

 

 

Christian Laborde fait un Tour sur RTL.

Christian Laborde, dont « Le Tour de France, abécédaire ébaubissant » (Ed. du Rocher) est en librairie, sera chaque matin, à 7 h 30, sur  RTL, avec sa chronique « Fenêtre sur Tour ». Le rendez-vous tonique des amoureux de la Grande Boucle.

 


 

 

 


 4 juillet 2019

 

 

 

 

Christian Laborde: "Le Tour de France, c'est plus qu'un sport, c'est une épopée"

 

Ecrivain et poète, Christian Laborde vient de publier un abécédaire du Tour de France, où il relate une foule d’anecdotes qui ont jalonné l’histoire de la Grande Boucle. Lorsque Christian Laborde parle du Tour de France, c’est un mélange de Marcel Pagnol et d’Antoine Blondin, le célèbre chroniqueur du journal L’Equipe. Ecrivain et poète, Christian Laborde vit à Pau. Il vient de publier un abécédaire du Tour de France, où il relate une foule d’anecdotes qui ont jalonné l’histoire de la Grande Boucle et qui illustrent à quel point cette course a su créer une osmose entre le public et ceux qu’Albert Londres avait rebaptisé les "forçats de la route".

 

À quand remontent vos premiers souvenirs sur le Tour?

C’était dans la cuisine, chez mes parents, lorsque mon père racontait des histoires du Tour de France. J’écoutais ces noms merveilleux pleins de voyelles – Coppi, Bartali, Vietto, Trueba – et leurs exploits. Puis, l’été venu, nous partions dans le Tourmalet et mon père pointait: "Le voilà." Et on voyait Bahamontes en solitaire, précédé d’une moto, ouvrir la route.

 

 

Pourquoi tant de gens suivent-ils le Tour de France alors qu’ils ne regardent pour ainsi dire pas les autres courses?

Parce que pour voir le Tour, on prend sa chaise et on s’installe devant sa porte. Le Tour ne se passe pas dans les stades mais sur les départementales.Outre cette dimension géographique, il y a une dimension épique. Le Tour, c’est plus qu’un sport, c’est une épopée, avec ses exploits mais aussi ses trahisons et ses coups tordus. Aujourd’hui, l’Alpe d’Huez et l’Aubisque sont domestiquées par la voiture. Mais l’espace du Tour, ces cols, redeviennent des lieux à conquérir. Avec la boxe et la navigation en solitaire, le cyclisme est le sport qui a le plus inspiré les écrivains, comme Jean d’Ormesson, Colette ou Curzio Malaparte.

 

Qu’est-ce que les coureurs du Tour de France ont de plus que les autres sportifs?

Les golfeurs et les tennismen sont des champions pour lesquels je tire mon chapeau. Mais ceux qui montent le Tourmalet, ce sont des héros. Avec les jazzmen et les écrivains, ils ont cette volonté de s’échapper. Le peloton, c’est la société dont ils veulent s’arracher en tentant une échappée. Comme les jazzmen, certains coureurs sont aussi des héros tragiques. Regardez Marco Pantani, décédé d’une overdose comme Janis Joplin. Et puis, on fait rarement fortune dans le cyclisme. Même si les coureurs sont aujourd’hui mieux payés qu’avant, leurs gains sont dérisoires par rapport aux footballeurs ou aux joueurs de tennis.

 

Le fait qu’il y ait des leaders et des porteurs d’eau, ce n’est pas un peu contraire à l’esprit du sport?

Le peloton est une mafia, avec ses parrains, ses porte-flingues et ses porteurs d’eau. Chacun y a sa place, c’est une société régulée, hiérarchisée. L’équipier amène le champion au pied de l’Alpe d’Huez, à charge pour lui de mener à bien l’ascension finale. Tout le monde n’est pas Merckx, mais qu’est-ce que c’est beau d’être l’équipier de Merckx! Le cyclisme est un univers régit par des lois, mais des lois qui sont justes.

 

Que répondre aux éternelles allégations de dopage?

Si j’avais écrit un livre sur la Coupe du monde de football ou sur Roland Garros, on ne me presserait pas de questions sur le dopage. On enquête sur le vélo mais pas sur les autres sports. Pourquoi? Quand on voit l’argent que brasse le football, on ne pose pas de questions. On n’importune pas un champion du ballon rond qui descend dans un palace, mais on vient chercher Richard Virenque sous la douche dans un hôtel Ibis. On s’acharne sur le vélo pour se donner bonne conscience de ne pas avoir été cherché ailleurs. Le vélo, c’est le bouc émissaire.

 

Cela n’empêche que le dopage a pu fausser certains résultats et certains palmarès.

Parce que vous croyez qu’il suffit de se doper pour gagner le Tour de France? S’il suffisait de cela, la Belgique n’attendrait pas un nouveau vainqueur du Tour depuis Lucien Van Impe en 1976. Il suffirait de le fabriquer. Le problème, c’est qu’on ne fabrique pas un Merckx ou un Hinault. Une fois retraité, Anquetil a reconnu qu’il prenait des amphétamines. Mais je ne fouille pas les poches d’Anquetil comme je ne fouille pas les poches de Miles Davis. Cette chasse à l’homme à laquelle nous assistons aujourd’hui m’inquiète. Que recherche-t-on au juste? On voudrait une société pure, mais l’homme n’est pas pur. Il faut le prendre tel qu’il est, avec sa gloire et sa part d’ombre. Nous sommes entourés de gens qui jugent. Moi, j’essaie juste de comprendre.

 

Fallait-il rayer Armstrong des tablettes du Tour?

 

Reléguer ainsi Armstrong dans les poubelles de l’histoire est un scandale. On ne peut même plus prononcer son nom. Il s’est passé ce qu’il s’est passé et on en pense ce que l’on veut. Mais on ne réécrit pas l’histoire comme cela se faisait en Union Soviétique. Lors de la montée de l’Alpe d’Huez en 2001, Armstrong attaque et lâche Jan Ulrich. Il se retourne et plante son regard dans celui d’Ullrich. Certains y ont vu une marque d’arrogance. Pour ma part, je pense qu’il ne regardait pas Ullrich. Ayant vaincu le cancer quelques années auparavant, Armstrong regardait si la mort ne le suivait pas. À ce moment précis, la mort a pris un coup sur la tronche: elle était incapable de tenir sa roue.

 

 

5 juillet 2019

 


 

 

Les écrivains du Tour

Pour aller plus loin...

UN LIVRE.

 

 

 

Pour fêter les cent ans du maillot jaune, revêtu pour la première fois en 1919 par Eugène Christophe, dit le Vieux Gaulois, Christian Laborde signe un abécédaire réjouissant. D’Abandonner (à ne jamais faire) à ZZ Top (à écouter à fond dans sa chambre après une étape éprouvante), la Grande Boucle est bouclée.

 

 

5 juillet 2019

 


 

 

« Le Tour de France » de Christian Laborde : la Grande Boucle de A à Z

 

 

Encore et encore, on y revient : en 1987, Christian Laborde s’est fait connaître du monde des livres par « L’Os de Dionysos ». « Un premier roman interdit par la Justice pour ‘’blasphème, lubricité, provocation, paganisme, incitation au désordre et à la moquerie, trouble à l’ordre public, abus de mots baroques’’ » rappelle un autre écrivain, Arnaud Le Guern, dans sa préface du nouveau livre de Laborde, « Le Tour de France ». Oui, Laborde le gascon (né en 1955 à Aureilhan dans les Hautes-Pyrénées), « mon frère de race mentale. C’est un poète, c’est-à-dire un homme qui parle une langue de couleurs à délivrer les grands baisers de l’âme », comme l’indiquait son ami Claude Nougaro, qui n’appréciait rien tant que flotter entre Toulouse et Nougayork… Le Tour de France raconté par Christian Laborde, c’est un « abécédaire ébaubissant » (sous-titre du livre à la couverture jaune- comme le maillot). Le Tour de France, avec notre écrivain pamphlétaire et performeur, c’est du hard rock, du mastoc. L’enfance de l’art. Le vélo, il connait, il a attrapé le virus pendant l’enfance. Il se souvient de la cuisine de son enfance- et raconte : « la toile cirée, les verres Duralex, la bouteille de rouge, et mon père qui me raconte les exploits des héros du Tour, Vietto, Gaul, Lazaridès… Mon père était un fabuleux conteur. Et les héros dont il me parlait durant l’hiver, je les voyais passer devant moi, en juillet, dans les lacets du Tourmalet. Ça a commencé là, ça a commencé comme ça ». Quand il n’est pas sur scène pour chanter son ami Nougaro, Laborde raconte le vélo. Surtout le Tour de France. Il est l’écrivain du Tour. Et passe du plat à la montagne, du sprint au contre-la-montre avec cette élégance que l’on a aimée dans les années 1980 avec Fons De Wolf. De A comme « abandonner » à Z comme « ZZ Top », on fait le tour du Tour. Tout y est, de l’accordéon à la librairie Lagrange ou encore la voiture-balai et les vélos hollandais. Tous y sont, de Joaquim Agostinho à Peter Sagan sans oublier Eddy Merckx qui, lui surnommé « le cannibale » avec sa meute de la Molteni puis de la Faema, a droit à trois entrées (Merckx Claudine, Merckx Eddy, Merckx le maillot)… L’écrivain Marcel Aymé assurait que « Dieu s’intéresse aux courses cyclistes ». Oui, pour Christian Laborde, « le Tour est source d’inspiration pour les écrivains » parce que le Géant de la route « tente une échappée, une « fuga » comme on dit chez Fausto Coppi. Bref, le Tour de France, ou d’Espagne, ou d’Italie, c’est l’art de la fugue. L’écrivain reconnaît, dans le champion, quelqu’un qui lui ressemble, quelqu’un qui, comme lui, s’enfuit. Il s’agit, par l’exploit ou par l’écriture, de sortir du peloton, de s’échapper, d’échapper à l’usine, à la ferme, à son milieu, à la société, à soi-même. C’est bel et bien cette fuite capitale, héroïque qui fascine et inspire les écrivains ». Echappons-nous au plus vite avec Christian Laborde sur le Tour de France ! C’est l’assurance de l’épopée, de l’exploit… de la poésie aussi.

Serge Bressan

 

6 juillet 2019

 

 

 

LE TOUR DE FRANCE

 

Le Tour de France, vaste programme…C’est pourtant ce que se propose des nous offrir Christian  Laborde dans un abécédaire flamboyant qui va du A d’Anquetil Jacques au Z de Zaaf Abdelkader, en passant par le B de Bobet Louison, le C de Campionissimi, le F de Froome Christopher, le R de Robic Jean et le V de Van Steenbergen Rik Imperator.Laborde a fait son choix. Celui de la variété. C’est ainsi que Jean Giono, Douglas Fairbanks, Joséphine Baker, Louise de Vilmorin, Ray Sugar Robinson, Line Renaud ou Léon Zitrone viennent côtoyer les champions. Et c’est ainsi aussi qu’apparaissent au fil de l’ouvrage et donc de l’abécédaire, ZZ Top, Zouave, Vodka, Rimini, Radiola, Probénécide, Pontiac et Lucky Strike. Le nouvel opus de Laborde est amusant parfois, évocateur toujours, pittoresque aussi et surtout diablement passionnant. Un seul regret, il n’a fait qu’évoquer Coppi (au chapitre Campionissimi) mais il ne lui consacre pas de texte particulier. Surprenant !Un satisfecit côté cyclisme féminin au chapitre palmarès. Laborde précise avec malice que le plus gros palmarès français n’est pas détenu par Bernard Hinault mais par Jeannie Longo avec un total (provisoire) de 1198 victoires…

 

6 juillet 2019


 

 

PETITES HISTOIRES

L’ouvrage se dessine sous la forme d’un « abécédaire ébaubissant », selon les mots de son auteur Christian Laborde. L’occasion, au gré des lettres et des pages, de découvrir ou se remémorer, c’est selon, la grande et surtout les petites histoires de la course mythique. Comme par exemple, ce vainqueur de Tour qui faisait de la pub pour les cigarettes qui ne raclent pas la gorge. Ou encore cette anecdote du Cannibale qui, joueur de foot au White Star, rêve de vélo et qui reçoit, comme réponse : « tu as un trop gros cul »…

 

 

8 juillet 2019

 


 


 

Le Tour de France

 

 

 

Cette fois, l’auteur, qui a déjà écrit sur de nombreux sujets autour de l’épreuve, a choisi l’abécédaire pour se pencher sur les nombreuses anecdotes qui ponctuent l’épreuve et accompagnent ses acteurs depuis 1903. Un ouvrage bourré de petites anecdotes et de noms oubliés que l’on se plaît à exhumer du passé. Qui se souvient ainsi d’un casseur de cailloux nommé Joseph Habierre qui disputa le Tour de France en 1909 ?

Frédéric Retsin

 

10 juillet 2019

 

 


 

Un abécédaire très ébaubissant

D’après le Robert, « ébaubissant » signifie, au sens propre, « susceptible de rendre bègue », et, au sens figuré, « propre à étonner de façon extrême ». Rassurons nos lecteurs : ils n’encourront aucun risque de bégaiement, mais seront frappés, à la lecture de cet abécédaire, dû à la plume érudite et malicieuse de Christian Laborde, écrivain et historien du cyclisme, l’auteur notamment de Robic47 et Duel sur le volcan. Dans cet abécédaire, de « abandonner » à « ZZ Top », en passant par « arrivée(ligne d’) », « Chamrousse(montée de) », « fenêtre(passer par la) », « maglia gialla », « pharmacopée », « quadragêneur », ou « Sifflets59 », on y trouve près de mille deux cents définitions bien senties, ponctuées d’une pointe d’humour, de noms de coureurs, de lieux, de choses, de noms communs propres au cyclisme ou éloignés de prime abord, mais s’y rapportant(« clown », « gants(boîte à) », « quincaillerie », « valise »)…Là, l’auteur ne bégaie pas : les événements bien connus(les larmes de Leducq dans le Galibier ;la « cuite » de Zaaf ; les « Judas » de Geminiani ; l’exploit d’Ocaña vers Orcières-Merlette et celui de Merckx sur la route de Marseille…)sont traités de façon originale, alors que l’ouvrage fourmille d’informations inédites. Connaissiez-vous Joseph Habierre, le premier coureur espagnol du Tour de France ? Savez-vous qu’un véritable Zouave était venu vendre glaces et nougats à la foule présente au départ du premier Tour de France, le 1er juillet 1903, ou que Franco Balmanion, vainqueur de deux Tours d’Italie, s’était reconverti dans la vente de juke-box ? Vous serez donc – au sens très figuré – ébaubis par la lecture de ce livre, qui vous permettra de briller en bonne société – cyclister, bien entendu ! -.

Serge Laget

 

 

13 juillet 2019

 


 

 

 

Quatre ans après avoir reçu la médaille du Tour de France des mains de Bernard Hinault pour l’ensemble de ses ouvrages consacrés aux champions de la Grande Boucle, Christian Laborde est de retour avec un abécédaire détonnant et savoureux. Du A d’Anquetil, d’accordéon, d’Aragon, d’Aubisque ou encore d’audace, au Z de Zaff, zig-zag, zinzin et ZZ Top en passant par le P de Panasonic, Poulidor, passion, photographe, pitreries, le chantre de Claude Nougaro conte les exploits, les héros, les grands cols, les tragédies ou encore les paysages dans son style plein de flamboyance. A la lettre T : Toullaëron, comme le col à la limite du Finistère et du Morbihan. « On trouve de tout en Bretagne, y compris des cols. Il s’agit d’un col sans prétention, d’un colinet, d’une aimable bosse, pareille à celle d’un chameau. » Du Laborde dans le texte !

 

 

14 juillet 2019

 


 

 

  Le Tour au pied de la lettre

 

 

 

 

Lorsqu'il raconte l'histoire du vélo, Christian Laborde passe le grand braquet.C'est encore le cas dans cet abécédaire d'une richesse absolue en informations dans les domaines les plus variés. On apprend ainsi que le coureur français Roger Hassenforder avait fait le mur pour disputer une course avant d'être mis au trou à son retour. "Le militaire Hassenforder, en lumière dimanche, a été mis à l'ombre jeudi" titra L'Union de Reims.

 

14 juillet 2019

 


 Le Tour de France de Christian Laborde

 

 

15 juillet 2019

 

 

 

« Le Tour de France », de Christian Laborde, (Ed. du Rocher, 384 p., 21,90€), est un abécédaire, qui va d’Anquetil au Ventoux, avec Merckx, Hinault ou Robic, évidemment. Et c’est en même temps un grand roman d’aventures."

 

 

16 juillet 2019

 

 

 


 

 

 

 

 Sur le plateau de France 3 Midi-Pyrénées, avec Christian Prudhomme lors du JT en direct d'Albi, le jours de repos

 

 

17 juillet 2019

 

 


 

Luis Ocana et le Tour 1971

 



19 juillet 2019

 

Dévoilement du Totem "Maillot Jaune" sur le site Le Tour des Géants, à Pau, par le Président Macron.

 

Lecture du texte narrant l'histoire de l'héroïque liquette

 

 


 

"Percussion syllabique, slam gascon pour monsieur le Président Macron...

 

 

 

 

Le mot est modeste : maillot. Qu’on le dise jaune et le voici qui aussitôt  se hisse au rang d’attribut royal, rejoint le plastron rutilant  des guerriers   d’Homère ou de  Game of Thrones. En France où la chanson ne compte pas pour du beurre, l’héroïque liquette  a la sienne, chantée par Marcel Amont. Le Tour de France naît le 1er juillet  1903 à Montgeron,  et le maillot jaune fait son apparition le 19 juillet 1919 à Grenoble. Ce jour-là, à 3h du matin, dans la salle du café l’Ascenseur, au départ de l’étape Grenoble-Genève, longue de 325 km, Eugène Christophe, premier au classement général,  reçoit des mains d’Henri Desgrange, père du Tour de France,  le maillot couleur mimosa. Et ce maillot que Christophe revêt en 1919, que Charly Gaul décroche dans les grands cols de la Chartreuse en 1958, quatre lascars se le passeront après l’avoir porté chacun pendant 5 ans. Ses lascars sont : Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Et ce  maillot jaune dont se pareront Alberto Contador en 2007, Bradley Wiggins en 2012 ou Vincenzo Nibali en 2014, ce maillot qui regrettera toujours  de n’avoir jamais atterri sur les épaules de Raymond Poulidor, ce maillot fait le Tour de France et du monde. Gino Bartali lui ouvre les portes du  Vatican en 1938, Greg Lemond celles de  la Maison blanche en 1986. Et, depuis 2013, il flotte, grâce à Christopher Froome, sur un township de la banlieue de Nairobi. »

 

 

Bernard Hinault et Eddy Merckx

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