Christian Laborde

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Tour de France

le 29/05/2019

 

Tour de France

Abécédaire ébaubissant

 

 

 

 

La préface d'Arnaud Le Guern

 

L’ÉCRIVAIN DU TOUR

Au commencement, Christian Laborde c’est L’Os de Dionysos. Un premier roman interdit par la Justice en 1987 pour « blasphème, lubricité, provocation, paganisme, incitation au désordre et à la moquerie, trouble à l’ordre public, abus de mots baroques ». Sauvé de la censure par Régine Deforges et Jean-Jacques Pauvert, L’Os fait son retour dans les librairies deux ans plus tard. Les mots de Laborde s’arrachent : bréviaire pour des jeunesses déracinées qui aiment chaque solo, de colère ou d’amour, de Christian. Comme l’écrira Jérôme Leroy : « Christian Laborde est toujours en guerre contre l’ennemi le plus dangereux qui soit : le désenchantement du monde. » Alors, tel un d’Artagnan de la langue française, il ferraille et défouraille. Dans des romans : Indianoak, La Corde à linge, Flammes ou Gargantaur. À Uzeste, sur la scène de L’Estaminet, chez son ami le jazzman Bernard Lubat. Depuis ses premières salves tonitruantes, Christian Laborde a marqué son territoire d’une langue à l’assaut, à la caresse : la beauté est son lopin de jeu. Il n’a jamais cessé d’arpenter ce chemin des fugues, magnifiant tout autant les chansons de Claude Nougaro et les ours des Pyrénées, les poèmes d’André Breton ou Jean-Claude Pirotte et la cause des vaches. Sans oublier les longues jambes bronzées des jeunes filles. Relire son recueil de nouvelles, Diane et autres stories en short, histoire de prolonger les étés de nos vies au bras d’héroïnes prénommées Rita, Anne, Lucie, Laetitia ou Irène.

L’été, bien sûr, ce sont des héroïnes en short retirant leurs espadrilles avant de fouler le sable, avant de lire un roman de Sagan ou Paul-Jean Toulet en terrasse.

L’été, ce sont aussi des héros traçant, en juillet, sur les départementales de notre « cher et vieux pays», s’envolant au plus dur de la pente de cols répondant aux noms de Peyresourde, Aspin, Galibier, Joux Plane, Izoard ou L’Alpe d’Huez. Des héros qui, hier, s’appelaient Fausto Coppi, Jacques Anquetil, Luis Ocaña, Gino Bartali, Eddy Merckx ou encore Pedro Delgado et Marco Pantani, ce pirate flamboyant mort en solitaire une nuit de 2004 à Rimini, titre d’un hommage rock et mélancolique des Wampas. Des héros qui, aujourd’hui, tentent de suivre le rythme infernal des pédalées de Christopher Froome, Nairo Quintana et Geraint Thomas. Dans Le Tour de France, abécédaire « ébaubissant » illustré avec classe par Sonia Lopez, Christian Laborde les célèbre tous comme il avait chanté Charly Gaul, « le Rimbaud du Tour », dans L’Ange qui aimait la pluie, Miguel Indurain dans Le Roi Miguel, Lance Armstrong dans Champion ou Bernard Hinault dans L’Épopée du Blaireau. Et si certains osent mettre en doute une « performance », Laborde dégaine, défendant au couteau du style la grâce des coureurs, du premier au dernier, refusant que de minuscules procureurs insultent nos moments les plus beaux, c’est-à-dire ce qui nous reste, à jamais, de précieux ici-bas. Car pour Laborde, le Tour de France, c’est l’enfance, les mots de son père qui lui parlait de Bahamontes dans le Tourmalet, c’est l’accordéon d’Yvette Horner, c’est un temps retrouvé et suspendu, que chacune des lettres de son abécédaire intime nous permetde (re)vivre.

Le Tour de France n’a pas de secret pour Christian. Voilà pourquoi il sait le rendre et l’offrir aux lecteurs tel qu’il est : un théâtre fabuleux d’ombres et de lumière où chaque coureur, chaque drame, chaque victoire, chaque virage, chaque lacet a sa place. Si aucune « star » de la petite reine – de Jean Robic à Richard Virenque, de Géminiani à Nibali, sans oublier Lucho Herrera, Fignon ou Contador – n’est absente de ce Tour de France, Laborde ne délaisse jamais, pour autant, les sentiers imprévus. Il s’amuse d’un mot – « zinzin », « ogre » ou « moustache » –, est aussi à l’aise dans le poème ou la fulgurance, le chant lyrique ou la digression.

Le Tour de France a toujours passionné les écrivains – Jacques Perret, Roland Barthes, Curzio Malaparte, Antoine Blondin, Louis Nucéra, entre autres – qui aiment les personnages de légende et les insoumis aux lois du chronomètre et de la gravité (en montagne). L’écrivain du Tour, aujourd’hui, s’appelle Christian Laborde. Avec cet abécédaire, il montre une nouvelle fois que le maillot jaune des plumes de la petite reine est bien à lui. Et il n’est pas près de le lâcher.

Arnaud Le Guern

 

Illustrations: Sonia Lopez

 

 

 

 

 

 

Les entrées: du A de "Abandonner" au Z de ZZ Top

 

ABANDONNER. « Il ne faut jamais abandonner. Si tu te casses une jambe, tu l’enveloppes de chatterton. Si un silex t’arrache l’œil, tu le laves et tu le remets. » René Vietto.

ZZ TOP. Lors de l’étape de repos les coureurs traînent en tongs dans les hôtels. Allongé sur son pieu  Floyd Landis, qui partage la chambre du grimpeur Roberto Heras, écoute à donf le rock agressif du groupe ZZ Top. Leurs mordantes guitares cassent les oreilles de Roberto. C’est pour être  peinard, que Roberto Heras s’envole dans les cols. Il attaque, et d’une pierre fait deux coups : il se débarrasse de ZZ Top et permet à son leader, Lance Armstrong, accroché douloureusement à sa fulgurante roue, de gagner à la Mongie, le 18 juillet 2002.

 

 

 Samedi 20 avril 2019

 


 

 

Le « Tour de France » de Christian Laborde en librairie fin mai.

L’écrivain palois sera en librairie le 29 mai avec « Le Tour de France »(Ed. du Rocher) Il s’agit d’un  abécédaire ébaubissant . Ebaubissant, car du « A » d’Anquetil au « Z » de Zaaf et en 400 pages, illustrées par Sonia Lopez, Laborde fait le tour de la question. Les vedettes, les coureurs oubliés, les cols, les duels, les chutes, la caravane, des histoires épiques, émouvantes, drôles. Le Tour passe de 1903 à Geraint Thomas. En juillet, Christian Laborde retrouvera le micro de RTL pour sa chronique quotidienne,   « Fenêtre sur Tour. »

 

 

 

 

21 avril 2019

 

 

FRANCE 2 Vivement Dimanche

 

 

 


 

 

Michel Drucker annonce la sortie prochaine du livre lors d'un "Vivement dimanche" consacré à Raymond Poulidor. La couverture, depuis, a changé.  Fausto Coppi n'est plus seul. Anquetil, Contador, Hinault et quelques autres l'ont rejoint....


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