Christian Laborde

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Soror

le 16/07/2010

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« Un romancier revient chez lui, à Isaco : sa mère est morte. Sa sœur s'est occupée de tout. Isaco est une maison remplie de souvenirs et cernée de hêtres. Au loin on entend la rumeur de l'océan. Des orages violents se déchaînent. Dans la ville voisine, un site industriel vient d'exploser. L'écrivain prend sa voiture pour aller au cimetière. Au retour, il heurte une jeune cycliste, Maud, dont le lycée a été ravagé par l'explosion.»

Ce livre est sublime, délicieux, poétique, romanesque, fougueux, mélancolique. Un peu tout à la fois. Christian Laborde vient de signer là un roman au moins aussi fort que L’Os de Dyonisos, son grand œuvre qui lui avait valu un retentissant procès. Et le succès que l’on sait.

Laborde possède un coup de patte ; c’est un poète. Il jongle avec les mots, les tord, les assemble comme des perles. Il en résulte une prose inimitable, jubilatoire, juteuse à souhait. Son histoire, elle non plus n’est pas commune. Il raconte le cheminement d’un romancier, un peu ours, qui revient chez lui, à Isaco, à la mort de sa mère. Les indigènes se méfient de ce mauvais fils qui, depuis des années, n’avait pas donné signe de vie.

Dans la ville voisine, un site industriel vient d’exploser. (Ça ne vous rappelle rien ?) Sur le chemin du cimetière, l’écrivain renverse Maud, une jeune cycliste dont le lycée vient d’être ravagé par l’explosion. Elle lit des poésies ; il la photographie nue dans la forêt. Quand le désir atteint son paroxysme, elle adore sentir l’urine couler sur l’étoffe moelleuse de sa culotte de très jeune femme. De très jeune biche. Joli portrait de fille, en toute liberté. Tout en érotisme brûlant, sensuel et naturel. Du Laborde comme on l’aime.

Par Philippe Lacoche, Le Magazine Littéraire - Octobre 2003

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