Christian Laborde

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ROBIC 47

le 09/04/2017

 

ROBIC 47: en librairie !

 


 

Palmarès de l'auteur

 


- 1994: Grand Prix de la Littérature sportive pour L’Ange qui aimait la pluie(Ed. Albin Michel), récit narrant les exploits de Charly Gaul, vainqueur du Tour 1958: «  Combien de grands écrivains ont touché au sport ! Combien n’ont pas eu le bonheur de Christian Laborde...celui de toucher à la magie ! »

 

 

- Le 22 juillet 2010, au départ de l’étape Pau-Col du Tourmalet,  Bernard Hinault remet à Christian Laborde la Médaille du Tour de France pour l'ensemble de ses livres consacrés à la Grande Boucle

-2013 : Prix Louis Nucéra  2013 pour Tour de France, nostalgie (Editions Hors Collection)

 

 Robic 47

 


 


 

Le Tour de France 1947 demeure le Tour le plus romanesque de l’histoire de la Grande Boucle. Le 21 juillet, trois jours avant le départ de l’épreuve, Jean Robic épouse Raymonde Cornic à la mairie du 14 ème à Paris et lui dit : «  Je t’épouse, je suis pauvre, le Tour de France sera mon cadeau de mariage ». Promesse tenue. Robic, c’est fou !

 

 


                                                         Robic, vainqueur du Tour, et son épouse  Raymonde, à bord d’une Salmson  S4E Cabriolet de 1947, précise Thomas Morales.

 

 

 La carte du Tour de France 1947

 

 


 

 Jean Robic

 

 

 

 

Robic est le champion le plus cabossé du peloton. Dressons l’inventaire des fractures de Robic :

– 1948 : fracture de la main sur le vélodrome de Courtrai.

– 1950 : blessure des yeux par bris de lunettes sur le Giro.

– 1952 : fracture de la clavicule sur la piste d’Ancenis, et fracture de la clavicule au cyclo-cross du Buc.

– 1953 : déplacement de vertèbres dans le Tour de France entre Albi et Béziers.

– 1954 : fracture de l’omoplate à l’arrivée de l’étape Rouen-Caen du Tour de France.

– 1956 : fracture du fémur à l’entraînement près de Rambouillet.

 

 Robic est un champion affublé de moult sobriquets. Dressons l’inventaire des surnoms de Robic :

- Biquet

- Biquet cœur de lion

- La Mésange

- Le Nain jaune

- Casque d’or

- Jean de Gaule

- Tête de cuir

- Trompe-la-mort

 

 

 

 

Robic, c’est Alfredo Binda, campionissimo, Triple Champion du monde,  quintuple vainqueur du Tour d’Italie,  directeur technique de l’équipe d’Italie de 1948 à 1960 qui en parle le mieux :

" Le seul que Coppi et Bartali redoutent en montagne, c’est Robic »

 

 

 


 Echappée

 

Entretien avec l’auteur

 

Luc Destrem : D’où vient cette passion pour le Tour de France ?

Christian Laborde : De mon enfance, de la cuisine de mon enfance, de mon père assis dans la cuisine  et me racontant, le soir, après le repas,  les exploits des… héros du Tour : c’était sonore à souhait !  Ses récits en effet étaient  rythmés, pleins de voyelles : le I de Coppi, de Bartali, le O de Vietto, de Mastrotto, de Loroño, le O et le A de Learco Guerra….C’était des histoires incroyables, avec des exploits dans l’Izoard, des défaillances dans le Tourmalet, des coups de théâtre, des coups tordus,  des coups du sort…. Et les histoires de mon père avaient plus de couleur, plus de relief que celles que je découvrais en tournant les pages du livre de lecture….

L.D. : Sans doute ton père était-il un excellent conteur…

C.L. : Assurément…Surtout, après  m’avoir raconté le Tour pendant l’hiver, il m’amenait, l’été, voir Bahamontes escalader le Tourmalet. Et ce que je voyais était en tout point pareil à ce qu’il m’avait raconté. J’ai vu passé des Géants, des héros, des mecs aussi importants qu’Edmond Dantès ou le Capitaine Fracasse…

L.D. :  Je note que tu parles, non de champions, mais de héros….

 C.L. : Le mot champion revient au monde du  sport. Or, le Tour de France, ce n’est pas du sport : c’est de l’épopée. Et l’épopée est faite par des héros. Pantani est un héros. Robic est un héros. Et c’est bien parce qu’ils sont des héros que les écrivains se penchent si volontiers sur leur cas…

L.D. : Ecrivains dont tu fais partie….

C.L. : La motivation littéraire est essentielle. Ecrire sur le Tour, c’est, pour moi, ne pas perdre de vue l’enfant que j’ai été, et, en même temps, ajouter d’autres mots, d’autres  paragraphes à ceux de Blondin, de Roland Barthes, de Louis Nucéra  ou de Curzio  Malaparte et  de Dino Buzzati lesquels ont tous les deux écrit sur Coppi et sur Bartali…

 

L.D. : Parlons de Jean Robic, vainqueur du Tour 1947. Qui est Jean Robic ?

C.L. : Jean Robic est un petit bonhomme de 1m61 de haut qui n’aurait jamais dû gagner le Tour…Tout était fait pour qu’il ne le gagne pas, et il le gagne….On s’est toujours moqué de Robic, de son envie de devenir un héros du Tour. A Radenac, quand il était enfant, quand il enfourchait un vélo, tout le monde se moquait de lui, y compris les gendarmes et son propre père.

L.D. : Pourquoi n’aurait-il jamais dû gagner le Tour ?

C.L. : Le Tour, c’est une épreuve très hiérarchisée dont le vainqueur est généralement issu d’une équipe nationale, équipe de France, d’Italie, d’Espagne: Bobet, Coppi, Bahamontès. Or, Robic courait en 1947 au sein d’une équipe régionale, l’équipe de l’Ouest. Il pouvait, à ce titre, remporter une étape en Bretagne en tant que « régional de l’étape », mais le Tour, jamais. Or il le gagne.

L.D. :Comment le gagne-t-il ?

C.L. : En accomplissant un exploit historique dans l’étape pyrénéenne Luchon-Pau, riche des quatre cols mythiques que sont le Peyresourde, l’Aspin, le Tourmalet et l’Aubisque. Il attaque au pied du premier, franchit les quatre sommets en tête et seul, et l’emporte à Pau.

L.D. : Tu dis de Robic qu’il est le « champion cabossé d’une France cabossée »

C.L. : Robic ressemble à la France. Il subit ce que la France  subit durant la seconde guerre mondiale. Il connaît d’abord l’exode. Il  change à 23 reprises de domicile pour échapper au STO, puis il  renseigne la Résistance…Enfin, quand le peloton remonte sur Paris, il traverse des villes en ruines…Le paysage du Tour est celui de la France meurtrie…

 

 

 

 

 

« Jean Robic a été, après la Libération, le Petit Père Noël du vélo. Il a rendu aux foules le goût de l’épopée »

Raphaël Geminiani

 

 

 Robic 47: la quatrième de couve

 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 Vous allez aimer

 

 

Le romancier palois Christian Laborde sort un nouveau bouquin en hommage au vainqueur du Tour de France de 1947, Jean Robic. Il présentera et dédicacera "Robic 47", superbe ouvrage paraissant  aux Editions du Rpcher, au Parvis de l'espace culturel Leclerc, de 1er juin à 18h30. Cette rencontre avec les lecteurs permettra d'en apprendre beaucoup sur le Breton, à la fois à travers une biographie et des pages d'histoire. Aujourd'hui, Christian Laborde est l'invité de l'émission "La Curiosité est un vilain défaut", à 20 heures, sur RTL. Il répondra aux question de Sidonnie Bonnec et de Thomas Hugues pour évoquer la vie du champion cycliste. Ilsera notamment question des Pyrénées et de l'étape Luchon-Pau, "remportée par un Robic impérial". Celui-ci avait, en effet,attaqué dès la sortie de Luchon et franchi seul, détaché, les quatre cols: Peyresourde, Aspin, Tourmaletet Aubisque.

 RTL

Nous avons raconté Robic le jeudi 25 mai au micro de Bernard Poirette et  le   lundi 29 mai    dans l'émission "La curiosité est un vilain défaut", animée par Sidonie Bonnec et Thomas Hugues.

 

 

 

 

Radenac

Christian Laborde signe un livre sur Jean Robic

Auteur de près de quarante livres, l'écrivain, poète et chroniqueur radio consacre son dernier ouvrage au fameux coureur cycliste de Radenac, vainqueur du Tour de France en 1947.

 

Parmi toutes vos publications, combien sont consacrées à des coureurs cyclistes ?

-J’ ai écrit un Dictionnaire amoureux du Tour de France, j’ai écrit sur les champions du Tour comme Charly Gaul, Anquetil, Poulidor. Egalement sur  les champions actuels Bernard Hinault, également  Armstrong, car moi, je ne juge pas.  Aujourd'hui, c'est sur un champion du passe, Jean Robic

Pourquoi cet intérêt pour la Grande boucle ?

-C'est lié à mon enfance L'hiver, mon père me racontait les exploits des grimpeurs, comme Bahamontes. En été il m’ ammenait les voir monter le Tourmalet. J’ écris sur le Tour pour ne pas perdre de vue l'enfant que j'ai été.

Pourquoi Robic ?

-C’est un personnage extraordinaire, un héros de roman. Je lui trouve trois dimensions. Historique. 1947, c’est le premier Tour d'après-guerre . ll est le champion cabosse d'une France cabossée. Héroïque auss.  Son étape Luchon - Pau est la plus belle. ll est parti en solitaire tout de suite.  ll est le seul a avoir franchi seul  en tête les quatre cols mythiques de ce parcours, le Peyresourde, I Aspin, le Tourmalet et l'Aubisque pour l'emporter à Pau. La troisième dimension est sentimentale. ll se marie trois jours avant le départ, à la mairie du XIVe arrondissement, et dit à Raymonde Cornic « Je t'épouse Je suis pauvre. Le Tour de France sera mon cadeau de mariage » Pari tenu.  C'est une belle histoire.

Une bonne partie de votre livre est écrite à la première personne, comme si c'était Robic qui parlait.

-C’est la demarche de l'écrivain J'ai eu envie de, de me mettre dans la peau de ce personnage haletant. Je suis devenu Jean Robic

Parlez-nous de lui.

-C’est un type solitaire. ll se bat seul contre l'équipe de France, contre l'équipe d'Italie, contre tous. On n'a pas voulu de lui dans l’équipe de France En 1946, il devait gagner Monaco- Paris, et tous se sont ligués contre lui pour qu’il perde. . Dans un journal de I’époque, Pierre Chany écrit « On a  assassiné Robic» C

Vous décrivez un coureur dont tout le monde se moquait, même son père.

-Il lui disait « Tu ne m'égaleras jamais » Ce n'est pas une parole de père, ça. Et il gagne. C’ est fabuleux. C‘était un lutin d'1,61 rn et 61 kg.  C’etait le petit dont on se moque. Mais je suis content d avoir retrouvé la phrase d'Alfredo Binda qui disait « En montagne, Coppi et Bartali ne craignaient que Robic»

Dans cet exploit des quatre cols, il était peut-être dopé ?

-Il était dopé aux fougères et aux menhirs bretons, c'est tout. Mais si j’avais fait un livre sur le tennis ou l'Euro de football, est ce que vous m'auriez pose cette question ? Non. 

Le Tour ne passera pas à Radenac. Qu'en pensez-vous ?

-Je regrette que la Bretagne soit zappée l'année anniversaire de la victoire de Jean Robic ll y aura une grosse étape dans les Pyrénées. J'espère qu'un coureur se prendra pour Robic

Allez-vous consacrer une de vos chroniques matinales « Fenêtre sur Tour », sur RTL, à notre champion breton ?

-Ce sera difficile, car je dois tenir compte des étapes. Mais le dernier jour, dimanche 23 juillet, entre Montgeron et les Champs-Elysées que les Bretons se rassurent, il sera question de Jean Robic sur RTL

Recueilli par

Claude LEMERCIER

 

 

 

 1 juin 2017

 

                                                                                                                          Christian Laborde ressuscite Jean Robic, vainqueur du Tour voilà 70 ans

 

L’écrivain vient de commettre « Robic 47 », un livre hommage au Breton qui a remporté le premier Tour de France de l’après-guerre.

 

Ce n’est pas un hasard si le dernier livre de Christian Laborde commence par une phrase du regretté Alphonse Boudard, lequel proclamait dans la revue Gulliver, en 1991 : «  La guerre fut vraiment finie le jour où Robic, en juillet 1947, arriva en vainqueur au Parc des Princes. » Si l’affirmation peut faire bondir quelques sourcilleux historiens, elle vient dire combien la victoire du coureur breton, vainqueur du premier Tour de France de l’après-guerre, avait quelque chose d’historique autant qu’héroïque.

Longtemps privé de cette épreuve reine pour cause d’Occupation, exsangue pour  cause de bombardements et de combats, le pays se relevait à peine lorsqu’un petit Breton d’1,61m, au visage taillé à la serpe, courant tordu sur son vélo et que personne n’attendait, remportait le Tour et emportait l’enthousisme des foules.

C’est un peu le mythe du « petit Françis », l’éternel « outsider »(passez-nous l’expression si peu francophone) mais batailleur, couvert de fractures et de sobriquets, coureur d’une équipe régionale écarté de l’équipe de France, que Robic forgeait cette année-là, et après d’autres, à travers sa victoire.

Une histoire française, donc, que raconte Christian Laborde avec une verve intacte. Sous sa plume, à la première personne, Robic raconte son Tour, à travers les villes en ruine, mais aussi sa guerre, lui qui a fait l’exode de Paris vers Bretagne à vélo, s’est caché pour échapper au STO, a renseigné un temps la Résistance…

Il y a du Bardamu dans ce « Robic 47 », il y a surtout le souffle incomparable de Christian Laborde le conteur, fou du Tour et d’histoires. Celle de Robic en 1947 passe d’ailleurs forcement par Pau. Dans l’étape qui l’emmène de Luchon au Béarn, le Breton s’échappe dès le début et franchit les quatre cols seul en tête et jamais rejoint. Un exploit jamais plus réalisé qui lui vaudra le Parc des Princes, la gloire, et en prime un cadeau de mariage somptueux.

Nicolas Rebière

 

 

 

 Lundi 5 juin: 16h-17h

 

 

Je retrouve Jacques Pessis et réponds avec joie à ses questions

 

 

 

 

 

 

En selle avec Robic

 

Vous aimez le vélo ? Tant mieux pour vous. Vous n’aimez pas le vélo ? Vous n’y connaissez rien ? Tant mieux pour vous aussi. Dans les deux cas, le dernier livre de Christian Laborde, consacré au champion cycliste Jean Robic, ne se lâche pas. On reste dans sa roue, jusqu’au bout de l’effort, jusqu’au bout de la souffrance, jusqu’au bout de la victoire. On le lâche d’autant moins que Robic lui-même est le narrateur de ce livre prenant, qui se lit comme un polar, même si on connaît la fin à l’avance. Et de l’avance, Robic n’en manque pas. Ses premiers coups de pédale sur sa terre bretonne, la tête enfouie dans le vent, qui  joue le rôle d’adversaire acharné, le buste penché sur les fougères odorantes et mouillées, l’esprit déjà dans les étoiles. Les premiers contrats, la rencontre du monde des grands, les quolibets, les sobriquets « nabot », « petite vieille », « mecton », « petit ». Avec Robic, le moche, le trop petit, le maigrichon, le mal foutu, l’inconnu du bataillon, on allait voir ce que l’on allait voir. On a vu en effet, on a lu :une rage de vaincre, une envie de tout bouffer, de tout avaler, y compris la sorcière aux dents vertes de la montagne, l’envie d’aplatir les sommets, le mépris des blessures, des fractures, des échecs, de la triche des autres. Décoiffant, le destin de Robic. Servi par une verve magistrale, bondissante, sautillante. Comme si on était dans la roue de Robic, tout au long des pages que l’on ne peut quitter qu’à la dernière. Pas besoin d’aimer le vélo ou de s’y connaître pour aimer le livre de Christian Laborde. Ilse lit comme les courses de Robic : à fond, à bloc, sans se retourner, en tournant les pages comme on tourne les jambes dans les étapes mythiques.

Hélène Dubarry

Jeudi 8 juin 2017

 

 

 



 7 juin 2017

 

 

 

 

 

 "Un très beau moment de lecture"

R.G. 15 juin 2017

 

 

 

 

L’ouvrage raconte l’enfance de Jean Robic, ses débuts, ses galères, son incroyable volonté, et toutes les péripéties du Tour 1947. Christian Laborde nous livre à la fois une biographie romanesque et une page d’histoire : Robic connaît l’exode. Il quittera Paris à vélo, avec sa tante, mitraillé par les avions allemands. Il connaîtra le rationnement, le couvre-feu, il se cachera pour échapper au STO.

 

 

 

 

 

 

Extases cyclistes

Il ne faut pas confondre la bicyclette et le vélo. Émile Zola utilisait la première, mais l'incandescent Christian Laborde n'a d'yeux que pour le second, qu'il célèbre depuis un quart de siècle à travers des portraits d’écorchés vifs tels Charly Gaul, Lance Armstrong et Jean Robic, tous membres de son Panthéon de la « Vélocifération ». Christian Laborde s'éternise dans son enfance, qui nous rappelle la nôtre. Il est plus près de Saint- Exupéry que de Robert Chapatte. Parmi les écrivains amoureux du vélo, il y a ceux qui en font (Eric Fottorino, Philippe Bordas...) et ceux qui regardent passer les coureurs, à l'image de René Fallet et d'Antoine Blondin. La poésie est leur dénominateur commun :« A 12 ans, j'eus ma première bicyclette ; depuis, on ne m'a plus jamais revu », a confié Paul Morand avant d'opter pour le cheval. Les baroudeurs Dino Buzzati, Olivier Haralambon et Christian Laborde se sont échappés du peloton des lettres. Trois maillots jaunes en puissance.

Bernard Morlino

 

Robic 47 chez Michel Drucker

  Dimanche 25 juin 2017

 


 

 

 

 

 

 

Michel Drucker présente Robic47 à Christian Prudhomme

 

 

 

 Le sublime "Robic" de Laborde

Philippe Lacoche

 

 

 

 

 

 

 

 

Enlevé

Trois jours avant le départ du Tour 1947, le premier de l’après-guerre, Jean Robic épouse Raymonde Cornic et lui fait une promesse insensée : «  Ce sera mon cadeau de mariage ». L’équipe de France n’avait pourtant pas voulu de lui, le contraignant à porter le maillot de l’équipe de l’Ouest. Le Roi René(Vietto) snobait ce coureur breton, court sur pattes, dur au mal, maintes fois tombé sur le bitume mais dont les infatigables jambes s’envolaient dans les cols. Robic, bien que né dans les Ardennes, a vécu toute sa jeunesse à Radenac dans le Morbihan. Ila été bercé par la victoire de Petit-Breton sur la Grande Boucle en 1907. « Tout ce qui touchait au vélo me grisait », lui fait dire Christian Laborde, l’une des plus belles plumes du sport, dans un ouvrage illustré. L’écrivain a le style, l’émotion et la fougue pour emporter le lecteur dans cette incroyable épopée qui redonna à la France le goût de la liberté.

Thomas Morales

 

 

">TV5 Monde

 

 

 

 

Laborde : « Je rêve d’un Robic sur ce Tour »

par Jean-Julien Ezvan

 L’écrivain a revisité la légende du coureur breton, vainqueur de la Grande Boucle en 1947. Une course comme sa vie, jonchée de coups tordus, de rebondissements et d’audace. Après Bernard Hinault il y a deux ans (« L’épopée du Blaireau »), Christian Laborde s’attaque à un autre mythe du cyclisme, Jean Robic (« Robic 47, Editions du Rocher), vainqueur du Tour de France 1947. Une biographie romancée, illustrée qui a la force d’une épopée dans la France d’après-guerre. Récompensé du prix Jacques Lacroix de l'Académie française pour son livre « La Cause des vaches », Christian Laborde livrera sur RTL durant tout le Tour, des chroniques quotidiennes « Fenêtre sur Tour » à 7h30.

 LE FIGARO.- Comment est née l’idée de faire revivre Robic, surnommé « Tête de cuir », ou « trompe la mort » ?

Christian LABORDE.- Je voulais célébrer le 70e anniversaire de sa victoire sur le Tour et honorer un des champions dont mon père m’avait le plus parlé. Robic, j’ai entendu son nom prononcé durant toute mon enfance, comme celui de Gaul. J’ai écrit sur Gaul, il me fallait écrire sur Robic.

Le plus frappant, à la lecture, c’est sa lutte permanente face au vent, aux préjugés, aux blessures…

C’est le vilain petit canard des cycles. C’était un coureur de petite taille (1,61 m ; entre 59 et 60 kg). Durant son enfance, il a été en permanence l’objet de quolibets. C’était un gamin chétif qui ne trouvait jamais de bicyclette à sa taille, il roulait en se déhanchant, ça faisait ricaner. Simplement il était toujours devant. Quand il annonce son envie de devenir champion cycliste, tout le monde dans le village de Radenac (dans le Morbihan) se met à ricaner. C’est un maudit, Robic. Il n’ a jamais été le bienvenu, ni dans les courses locales, ni dans le Tour. En 1947, on n’a pas voulu de lui au sein de l’équipe de France, et il va vouloir se venger.  Il  rejoint la modeste équipe de l’Ouest, ce qui signifie qu’il ne peut pas gagner le Tour. Les vainqueurs  sortent toujours des équipes les plus fortes, à l’époque les équipes nationales, aujourd’hui les grands teams  de Chris Froome ou autre. C’est pourquoi, au départ du Tour 1947, aucun  journal ne parle de Robic. Il ne figure même pas  sur la liste des outsiders. Or, durant le Tour, il ne sera question que de Robic.

S’inscrit-il comme le symbole d’une France qui se relève ?

Oui, c’est le héros cabossé d’une France cabossée. Le Tour va passer dans des villes en ruines, Robic ressemble à cette France-là. De 1940 à 1945, il a vécu tout ce que les Français ont vécu : l’exode, les privations, le rationnement. Il va changer à vingt reprises de domiciles pour échapper au STO, et renseignera la Résistance. Robic, c’est la France, un héros français. Cabossé, il l’est aussi à cause des fractures, deux fractures du crâne  sur Paris-Roubaix, d’où ce casque en cuir qu’il porte en permanence, une nouvelle chute pouvant se révéler fatale. Et les railleries vont repartir de plus belle. A cause de son casque, de ses lorgnons, et du mouchoir qu’il met sur sa nuque pour se protéger des insolations et des maux de tête, on le traite de « petite vieille ». 

Pourquoi le Tour 47 se prête-t-il au roman ?

Parce qu’il est historique. C’est le premier Tour d’après-guerre. On attendait le retour du Tour depuis…1939. Les Français étaient privés de tout : le Tour revient, et tout repart. C’est également un tour héroïque, grâce aux exploits d’un homme seul : Robic. C’est enfin un Tour…sentimental. Robic se marie trois jours avant le départ du Tour, à la mairie du XIVe, et déclare à Raymonde Cornic : « Je t’épouse, je suis pauvre, le Tour de France sera mon cadeau de mariage. » Promesse tenue.

Trouvez-vous les coureurs d’aujourd’hui romanesques ?

-Robic est unique, un diablotin. Rappelons qu’il courait sur cycles Génial Lucifer. Robic, c’est un punk. Pour être romanesque comme lui, il faut n’avoir peur de rien, prendre des risques fous. Aujourd’hui, les coureurs en passe de ramener le Maillot jaune à Paris, que font-ils ? Dans les étapes de montagne, ils s’expliquent dans le dernier col, voire dans le dernier tiers du dernier col. Robic attaquait dès le premier col. En 47, dans la fameuse étape Luchon-Pau, l’étape reine des Pyrénées, il attaque à Luchon, tout seul! Les quatre cols Peyresourde, Aspin, Tourmalet, Aubisque, il va les passer seul en tête. Il y a, dans une voiture, un spectateur époustouflé de voir ça, un certain Marcel Cerdan. Pour impressionner Cerdan, il faut s’appeler Robic… Je rêve d’un Robic sur ce Tour !

Imaginez-vous Robic avec des oreillettes et des capteurs de puissance ?

Oh non ! Il arracherait l’oreillette, comme Bernard Hinault. On ne donne pas de conseils à Robic. Robic dicte sa loi. Pas de coach. Il s’entraînait comme il l’entendait, en disputant des cyclo-cross. Il est devenu champion de France de cyclo-cross en battant « l’imbattable » Robert Oubron.  Il ne renonçait jamais, Robic. En 46, durant la Ronde de France, il déclare :«  Je souffre, je saigne, mais je n’abandonnerai que lorsque mon vélo cédera. » Robic, c’est un dolmen sur un vélo. Robic  savait tout faire, et d’abord grimper. N’oublions pas les mots du campionissimo Alfredo Binda : « Le seul que Coppi et Bartali redoutent en montagne, c’est Robic ! »  Robic était aussi un excellent rouleur et un très bon sprinter. Et pour la plus grande joie des Parisiens il allait chatouiller Georges Senfftleben sur la piste du Vel d’Hiv. Robic, c’est fou !

 Comment a-t-il fini ?

Je n’en parle pas, j’’ai oublié…Je n’écris pas pour faire mourir Robic mais pour le faire vivre.  Et retrouver la joie. La joie dont mon père me parlait. Il me disait : «  Tu n’imagines pas la joie, notre joie quand Robic a gagné. Robic avait le bouquet et nous, la liberté ! ». La guerre était finie, Emile Prudhomme jouait de l’accordéon. Robic voyait la vie en jaune, et la France avait de nouveau des couleurs.

Vendredi 30 juin 2017

 

 

 

 

 

 

Le coup de poker de Tête de cuir

Le premier Tour de l'après-guerre, en 1947 donc, fut remporté par Jean Robic, né à Condé-les-Vouziers dans les... Ardennes. Pourquoi alors le disait-on breton ? Breton Robic ? Mais bien sûr : «Mon histoire c'est pas une histoire de papiers. Mon histoire c'est du vent. Du vent salé. Je suis breton non par le droit du sang, non plus par le droit de sol, mais par le droit du sel. » Christian Laborde qui retrace sa victoire, fidèle à son style, joue avec les mots et les situations dans cette biographie légèrement romancée, très agréable à lire. Robic : petit gabarit teigneux, victime de (trop) nombreuses chutes au point de mériter le surnom de Tête de cuir. Il fut durant toute sa carrière un rebelle et Christian Laborde s'amuse à nous le dépeindre sous ce caractère, et l'on prend beaucoup de plaisir à le suivre dans ses aventures cyclistes pleines d'humour, de générosité, d'humanité et d'amour. Jean eut trois femmes dans sa vie qui comptèrent : sa mère, Rose, sa tante Marie et son épouse. A Raymonde, avec laquelle il s'était marié trois jours avant le départ du Tour, il avait dit : «Je suis pauvre, je t'épouse, le Tour sera mon cadeau de mariage. » Et il tint parole, s'appropriant le Tour le dernier jour, comme un tour... de poker !

1er juillet 2017

 

 

 

 

3 juillet 2017

Robic 47

L’auteur est devenu Robic, le vainqueur inoubliable du Tour de la reprise après l’interruption de la Seconde guerre mondiale. Avec sa faconde, son caractère tempétueux, le grimpeur breton, « champion cabossé d’une France cabossée », est un héros à part entière de la Grande Boucle.

 

 

 

 

 

 

Je réponds aux questions de François Heureux, le 5 juillet 2017, lors de l'émission Jour Première (RTBF)

 

 

8 juillet 2017

 

Le Tour de France

de Jean Robic

1947-2017, cela fait 70 ans qu’eut lieu le premier Tour de France d’après-guerre. L’édition 1947 duTour fut marquée par une chaleur accablante – on parle de l’été le plus chaud du 20e siècle – mais aussi par l’avènement d’un petit coureur pratiquement inconnu: Jean Robic, Breton, 1,61m et 56 kilos. C’est cette victoire improbable que raconte Christian Laborde, écrivain et passionné duTour de France. D’ailleurs, Christian Laborde ne parle pas de champions, mais de héros. «Le mot champion revient au monde du sport. Or, le Tour de France, ce n’est pas du sport, c’est de l’épopée. Et l’épopée est faite par des héros. Pantani est un héros, Robic est un héros. Et c’est bien parce qu’ils sont des héros que les écrivains se penchent si volontiers sur leur cas.» Ce Tour fut aussi celui du contraste entre deux champions français. D’un côté, René Vietto, coureur grand, beau, flamboyant. Valeur montante en 1939, son élan a été brisé par la guerre. De l’autre, Jean Robic, petit coureur râblé et rusé, sorte de «underdog» avant la lettre. En fait Robic, n’aurait jamais dû gagner ce Tour1947. «Le Tour, c’est une épreuve très hiérarchisée dont le vainqueur est généralement issu d’une équipe nationale, équipe de France, d’Italie, d’Espagne: Bobet, Coppi, Bahamontes. Or Robic courait en 1947 au sein d’une équipe régionale, l’équipe de l’Ouest. Il pouvait, à ce titre, remporter une étape en Bretagne en tant que régional de l’étape, mais pas le Tour. Or il gagne.» Robic s’impose grâce à un exploit historique dans l’étape pyrénéenne Luchon-Pau, riche de quatre cols mythiques (Peyresourde, Aspin, Tourmalet et Aubisque). Il attaque au pied du premier, franchit les quatre sommets en tête seul, et l’emporte à Pau. Avec son format poche, Robic avait le gabarit du grimpeur. Au point que la légende veut qu’il aurait lesté son bidon avec du plomb lors d’une étape du Tour 1953 pour s’alourdir dans une descente de col.Christian Laborde raconte aussi Jean Robic avant 1947: l’exode en1940, les privations, les planques pour échapper au travail obligatoire(STO), ses liens avec la Résistance. L’auteur restitue à merveille cette ambiance d’une France sortie meurtrie de la guerre mais ayant repris goût à la vie et qui a envie de se distraire. D’où ces photos saisissantes où l’on voit des foules immenses massées le long des routes de l’Hexagone. Robic ne gagnera plus jamais leTour mais conservera une popularité intacte auprès du public français qui le surnommait «Biquet». Le Français se reconnaissait dans ce petit homme peu gâté par la nature mais qui a su saisir sa chance au moment où elle s’est présentée.

Jean-Paul Bombaerts

 

 

 

 

Échappée littéraire

Robic 47. Christian Laborde, l’une des meilleures plumes du cyclisme et de son histoire, raconte Jean Robic, le Breton teigneux. On l’appelait Biquet. Un dur à cuire qui remporta le premier Tour de France de l’après-guerre, en 1947 (éditions du Rocher, 192 pages, 21,90 €).

9 juillet 2017

 

Dernière Heure

 


 

 

 

 Setante ans après la victoire de Jean Robic dans le premier Tour de l'après-guerre, l'écrivain Christian Laborde, fondu de cyclisme, se penche, avec la qualité d'écriture qu'on lui connaît, sur le destin expetionnel de Biquet, le petit grimpeur breton qui gagna le Tour 47, le dernier jour

Eric de Falleur(11 juillet 2017)

 

 


 

 

Tour de France : Le livre le  plus savoureux

Déjà que l’histoire de Jean Robic n’a rien de commun, l’écrivain Christian Laborde est parvenu à la sublimer. D’un ton familier mais poétique, l’auteur, un passionné de la Grande Boucle, revient sur une des victoires les plus inattendues de l’après-guerre, celle de »Trompe-la-mort», ce Breton tout chétif qui est devenu le héros de tout un peuple en remportant le premier Tour de l’après-guerre. Un livre en forme d’hommage pour un coureur dont la victoire à Paris symbolisait le renouveau de la France. Touchant et drôle à la fois, ce «Robic 47» vaut le coup d’œil.

18 juillet 2017

 

 

 

 

 

Robic et les détours du Tour 47

70 ans avant Chris Froome et toute sa bande. L’éclat du maillot jaune du Tour 1947 brille par sa singularité, dans une France à peine libérée. Le premier Tour de l’après-guerre consacre Jean Robic, le chétif, le disgracieux. Un physique cabossé pour une France qui l’est tout autant. Sur la bécane, le Breton né dans les…Ardennes y a écrit l’histoire, son histoire, renversant les Cassandre qui lui annonçaient drames et déboires sur les routes défoncées de l’Hexagone en ruines. La biographie romancée du frêle grimpeur, entre rebondissements, coups tordus et plongée historique, capte l’attention comme le maillot jaune suscite les convoitises. Une lecture aussi captivante qu’une étape de montagne… 

5 août 2017

 

 

 

 

Robic opère sa « remontada »

« La guerre fut vraiment finie le jour où Robic, en juillet 1974, arriva en vainqueur au Parc des Princes », écrivit un jour le romancier Alphonse Boudard. Ce petit Breton têtu et disgracieux(le peloton l’a surnommé « Grenouilleau ») entre en effet dans la mythologie nationale en gagnant le premier Tour de France de l’après-guerre. Ecrivain obsédé de vélo, Christian Laborde  a décidé de se glisser dans le cuissard et le cerveau de Jean Robic pour raconter, à la première personne, l’épopée de ce prolo dur au mol, snobé par le gotha du cyclisme, qui lui préférait l’élégant René Vietto. Et nous voici projetés dans ce Tour 47, où le « nabot », affublé d’un horrible casque de boxeur, va opérer une fabuleuse « remontada » lors s’une folle échappée dans les cols des Pyrénées, reprenant à Paris les vingt-trois minutes( !) de retard qu’il comptait sur ses rivaux. Christian Laborde a le souffle qui convient pour conter cette épopée, parfaitement illustrée par les cahiers photo. C’était la France des charrettes de foin et des bals à l’accordéon. C’était il y a soixante-dix ans.

Jérôme Dupuis

9 août 2017

 

 

 

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