Christian Laborde

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Percolenteur

le 17/07/2010

Percolenteur ou vingt-trois textes serrés, vingt-trois promenades dans la galaxie Laborde...Du comptoir d'un café aux pages du dictionnaire, des rivages d'ombre de l'île de Pau aux allées du supermarché, ceux qui savent perdre leur temps se laisseront aller à ces flâneries empreintes d'une douce nostalgie...Un réveil de marque Jaz ou une bouteille d'Aqua Velva sont autant de madeleines de Proust qui nous plongent un instant dans le temps révolu de l'enfance:l'observation d'un vol de grue ou d'une barquette de gariguettes, autant d'incursions dans la beauté d'un monde qu'on ne regarde plus.

Quand le mot se fait parole et gagne à être dit.

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« Ce recueil de vingt-trois textes courts, denses, serrés, nourris des plus petites choses du quotidien, se boit d’une traite ou bien par petites gorgées. On y découvre un Laborde tout de finesse et de simplicité, sous une plume légère, légère…
La poésie surgit sans crier gare, derrière une tête de gondole d’Auchan, au rayon vaisselle. Ou bien encore à l’évocation des biscuits Latapie, qui valent toutes les madeleines de Proust, l’appellation d’origine – Saint-Pé de Bigorre – en plus.
Entre Pau, où il vit, et Aureilhan(banlieue de Tarbes), sa petite ville natale, l’univers labordien se fait terriblement familier au lecteur. A fortiori quand celui-ci a grandi, comme Christian, entre Adour et gave de Pau. »

Editions du Panama. 59 pages.8 euros

Sud-Ouest, lundi 7 novembre 2005

Laborde en vingt-trois textes brefs comme autant de cartes postales venues de Pau où l'auteur de L'Os de Dionysos nourrit son inspiration aux pieds des Pyrénées chères à cet amoureux de la petite reine. Saisons, objets, lieux ou mots servent ici de support à des évocations ciselées qui prennent le grand large. Cela s'appelle Percolenteur et sent le petit noir pris sur un zinc avec cette langueur devenue le luxe des temps modernes. Souvenirs d'enfance ou observations glanées dans les rayons d'un supermarché: Laborde fait son miel de ces petits faits vrais qui en disent beaucoup. A propos d'un village promis à la disparition pour laisser place à un aéroport, il écrit: "A Chaulnes, ceux qui ont une maison sont priés de la vendre. Dans la France qui se construit, il n'y a de place ni pour les morts, ni pour les vivants." Juste avant la fin de tout, saisir ce qui peut l'être encore.

Christian Authier, L'Opinion Indépendante, 30 septembre 2005

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