Christian Laborde

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Le soleil m'a oublié

le 23/08/2010

Le soleil m'a oublié


Cher lecteur,

Je les ai mis en présence l’un de l’autre, et j’ai laissé leurs cœurs se débrouiller. Lui, c’est Marcus, 17 ans. Elle, c’est Roxane, trente ans, je crois. Marcus vit près du port de marchandises, pratique « la reprise individuelle » et la boxe. Roxane, quand elle se maquille, écoute Relator de Scarlett Johansson.

Marcus est au sac de frappe quand Roxane lui apparaît : « Elle porte une veste bleu marine, un chemisier blanc. Ses jeans étroits laissent voir ses chevilles. L’une d’elles est ceinte d’une fine chaîne dorée. De l’or, y en a aussi dans ses cheveux. C’est l’or d’une reine, rien à voir avec la blondeur pourrie des poufs qui tirent sur une paille à la terrasse des cafés. »

Vous trouvez « reine » une vieillerie syllabique: de la romance. Je vous répondrai que ce mot ne me déplaît pas, au contraire. Je pense que Le soleil m’a oublié, roman sentimental et rock, est une romance.

Salut.

Christian Laborde

Presse et vidéos

" Dans sa salle de bain, Roxane écoute Relator de Scarlett Johansson " :

" Marcus court sur les quais avec dans les écouteurs The passenger d'Iggy Pop " :

 

Christian Laborde décoré par Bernard Hinault

Pour ses livres, ses chroniques , notamment dans  Le Figaro, son spectacle Vélociférations consacrés à la Grande Boucle, l’écrivain Christian Laborde a reçu, des mains de Bernard Hinault, la médaille du Tour de France. Poursuivant son échappée, il déboule dans la rentrée littéraire, avec  Le soleil m'a oublié ( Laffont), roman  d’amour, incisif et tendre : « Lui, c’est Marcus, dix-sept ans. Elle, c’est Roxane, trente ans, je crois… »  
Le Figaro, samedi 28 août 2010

 

Floyd Mayweather est un des boxeurs préférés de Marcus.

Le voici à l'entrainement :
Voir la vidéo de Floyd Mayweather

Guide Livres du 2 septembre

Le soleil m’a oublié de Christian Laborde


La chronique d’un amour unique et ravageur. En un texte court, zébré de violence et de tendresse, Christian Laborde, au summum de son talent, raconte l’idylle entre un jeune boxeur et la maîtresse d’un caïd de banlieue. Il a 17 ans, elle en a 30. Il s’émerveille et elle l’éveille. Hélas, la jolie histoire tourne au drame de la jalousie quand l’amant trompé s’en aperçoit. Christian Laborde restitue avec une incroyable justesse les sensations émotionnelles et physiques de son héros. Cette « menthe à l’eau servie dans un verre couleur de nuit » se déguste comme un nectar. Un livre qui est l’hymne à sa dame d’un moderne Perceval.
S. L. DE M. Valeurs actuelles, jeudi 2 septembre 2010


Un roman uppercut

Christian Laborde propose une fiction pleine de violence, de suspens, d’amour, de sensualité, de grâce et de folie. Réussite totale.

Ecrivain talentueux, Christian Laborde a plus d’une corde à son arc. Biographe de Nougaro ( « Mon seul chanteur de blues », éditions La Martinière, 2005) et de Renaud (« Renaud », Flammarion, 2008), poète (« Congo », éditions d’Utovie, 1987), pamphlétaire, ennemi juré de la corrida (« Corrida basta », Robert Laffont), essayiste, fou de vélo ( « Le Roi Miguel », Stock 1995, « Dictionnaire amoureux du Tour de France », Plon, 2007), et surtout, surtout, bouillonnant romancier de haut vol ( il faut lire à tout prix son génial «  L’Os de Dionysos », Pauvert, 1999 , mais aussi « Soror », Fayard ,2003) En cette rentrée littéraire, le voici de retour avec un roman uppercut, plein de violence, de suspens, d’amour, de sensualité, de grâce et de folie : « Le soleil m’a oublié ».
Il nous invite à suivre les pérégrinations de Marcus, un jeune garçon à la fois bon, généreux. Et violent. C’est à cause de cette violence qu’il a été contraint de quitter le lycée. Pour la canaliser, il s’adonne à la boxe. Dans cet art, il s’exprime avec talent. Avec passion. Pour gagner de l’argent, il est veilleur de nuit dans un hôtel de passe où ses qualités de puncheur font merveille, au grand désespoir de costauds abrutis d’alcool ou de maquereaux qui se croient tout permis. L’hôtel appartient à Vico, comme le club de boxe dans lequel Marcus s’entraîne. Parfois, après avoir bu, il part cambrioler quelques maisons bourgeoises en compagnie de copains. Un soir, au cours d’un entraînement, il croise Roxane, la femme de Vico. Coup de foudre. Passion immédiate. Il ne peut l’oublier. Il brûle d’amour et de désir. Mais comment l’aborder ? Comme la retrouver ? Vico lui tendra involontairement une perche en lui demandant de venir réparer l’ordinateur de Roxane. Elle finira par lui proposer un rendez-vous. Marcus n’a jamais aimé avec autant d’intensité.
Mais on s’en doute, la belle histoire d’amour se terminera très mal. Car Vico a appris l’aventure de sa femme avec le très jeune homme. Le compte sera réglé à coups de nerf de bœuf…
Le court roman est mené tambour battant. Pas un gramme de graisse, pas un mot de trop dans ce texte étincelant, émouvant, tout en muscles comme un blues de Jimmy Reed.

Philippe Lacoche, Le Courrier picard, mardi 31 août 2010

 

 Christian Laborde met sa vie sur le ring

Christian Laborde est l'un des rares écrivains dont on attend toujours impatiemment le nouveau livre. Son style à la fois ciselé et efficace rend le ton de ses ouvrages unique. En sa compagnie, on part aujourd'hui à la rencontre d'hommes et de femmes qui n'ont en commun que leur passion pour le sport.

Il est né romancier même si ses ouvrages se font rares ces derniers temps. Après avoir oublié pendant plusieurs années le monde du roman et s'être confronté à celui du documentaire ou de l'essai, Christian Laborde revient enfin à ses premiers amours. " André Gide disait qu'il fallait respecter ses hivers. Et je suis resté six ans en jachère", plaisante Christian Laborde qui a ecrit ce livre comme un boxeur livre un combat sur le ring." C'est vrai que j'ai construit ce roman comme un combat de boxe. Je voulais du rythme. Eviter les temps morts. Je voulais aussi de la musique. Donc du swing, et surtout pas de descriptions. Décrire m'ennuie", complète l'auteur qui s'invite, une fois de plus, dans la vraie vie. Ses personnages vivent en banlieue, sont confrontés au chômage, collectionnent les petits braquages. Dans l'univers de Christian Laborde, les contes de fées n'existent pas." C'est vrai qu'ici je m'intéresse au quotidien d'un jeune boxeur, Marcus, qui est aussi  petit voyou. Ce personnage ne se fait aucune illusion sur la société dans laquelle il vit. Tout est joué d'avance."

Christian Laborde ne se prive pas d'une belle histoire d'amour: "Roxanne est la seule lumière que Marcus croise dans ce crépuscule social. Il va aller jusqu'au bout de sa passion pour elle, quel que soit le prix à payer dans ce pays où le soleil l'a oublié", souligne Christian Laborde.

"J'envoie des tonnes de coups, jabs, directs, crochets comme si la gueule de mon père, la tronche de ma mère étaient peintes sur le sac de frappe suspendu au plafond." Marcus est un habitué de la salle l'Ultra Boxe Team. Il en est même l'un des espoirs. Le président du club, Vico Del Gazzo croit beaucoup en ce jeune teigneux à la frappe féroce. Nul doute que s'il continue, il fera bientôt des dégâts dans le monde professionnel. En attendant le gars, estampillé banlieu à 100%, poursuit ses gammes sous l'oeil attendri du vieux Bud, son coach de toujours.

Lors d'un entrainement, Marcus aperçoit dans la salle une jeune femme. Il tombe sous le charme dans l'instant: " Elle porte une veste bleu marine, un chemisier blanc. Ses jeans étroits laissent voir ses chevilles. L'une d'elle est ceinte d'une fine chaîne dorée. De l'or, il y en a aussi dans ses cheveux....Elle m'a regardé trois secondes..."

Marcus est sur un nuage. Il rentre chez lui, se rue sur son ordinateur. L'appareil n'a aucun secret pour lui. A ce titre, Del Gazzo fait souvent appel à lui. Il lui a créé de nombreux sites, solutionné mille et un problèmes.

Marcus a aussi une manière originale de terminer les fins de mois difficiles. Avec plusieurs potes, il visite les riches villas qui poussent le long de la côte. Le gamin va vite. Entrer ne pose aucun problème. Les gestes sont toujours les mêmes. Aller dans la chambre, ouvrir les tiroirs, prendre l'argent et les bijoux, et repartir au plus vite. Avanr l'arrivée des flics,cela va de soi.

 Marcus a fini par savoir qui était cette fameuse créature de rêve. Elle s'appelle Roxane et n'a qu'un défaut: elle est la compagne de son patron. Et l'homme n'a jamais été réputé pour avoir de l'humour.

Marcus doit se tenir à carreaux. Il le sait et ne cherche pas à provoquer un destin qui va bientôt hélas s'en charger pour lui.

Roxane, en effet, s'est vu offrir par son compagnon un ordinateur qui tarde à fonctionner. De là à faire appel au gamin pour arranger les choses, il n'y a qu'un pas. Il lui donne son adresse et lui demande de s'y rendre au plus vite.

Marcus ne se fait pas prier. Il se rue chez la jeune femme. " Je sonne, une voix dit oui. Et cette voix, c'est elle. Cette intonation apeurée, c'est elle", remarque Marcus qui s'impatiente devant la porte. Il entre dans l'appartement. Tous ses sens sont en éveil." Elle est juste devant moi, ses cheveux, son sourire, son chemisier dont les poignets ne sont pas boutonnés. Elle dit bonjour. Elle est devant moi. Elle pivote légèrement sur le côté, et le bras qu'elle ouvre m'indique la direction que nous allons suivre."

Marcus peut enfin reprendre son souffle et retrouver ses esprits. Il s'installe devant l'ordinateur et s'attelle à la tâche. Ses connaissances font merveille et bientôt le portable livre ses secrets. L'intervention est terminée. marcus doit s'en aller. Non sans avoir regardé une dernière fois la propriétaire des lieux, plus belle que jamais.

Hubert Lemonnier ,La Presse de la Manche, Dimanche 26 septembre 2010

 

Le soleil m'a oublié

Pour Marcus, la vie sa roule. Il court, il s'entraîne à la salle de boxe qui appartient à Vico. Avec ses copains il cambriole chez les bourges et il refourgue. Pour gagner sa vie il il travaille comme veilleur de nuit dans un hôtel louche qui appartient aussi à VIco, patron d'une entreprise de fret. D'ailleurs tout appartient à Vico, même Roxane, surtout Roxane. Elle, c'est une femme, son visage, c'est une lumière, ses cheveux, c'est "l'or d'une reine", pas la blondeur d'une pouffe. Elle a un nom fait pour le soleil. Elle est de " la beauté parmi les pièges". Elle ressemble à Marie Bello dans " A History of violence". Elle n'a regardé Marcus que trois secondes, mais trois secondes qui ont suffi pour enflammer son coeur. Et Rxane est à Vico.

Le Chroniqueur(Perpignan), septembre 2010

 

Uppercut de mots

Le soleil m'a oublié est le dernier ouvrage de Christian Laborde publié aux Editions Robert Laffont. Indissociable de sa terre des Hautes-Pyrénées, proche de Claude Nougaro avec lequel il partageait la voix chantante et l'amour du verbe, protecteur des ours des Pyrénées et admiratif de la petite reine, il a été connu pour avoir subi une des dernieres censures de l'état pour son livre L'os de Dionysos. Et ceci pour "Trouble illicite, incitation au désordre et à la moquerie, pornographie, abus de mots baroques, danger pour la jeunesse en pleine formation pysique et morale, blasphème, lubricité, paganisme." Nous étions en mars 1987, la censure ne sera levée qu'en 1989.

Dans ce dernier ouvrage, le rythme est soutenu, chantant, tel un flot il vous emporte d'une seule traite du début à la fin, vous laissant encore la tonalité ruthmique dans la tête une fois le roman fini, sans doute pour vous faire oublier la frustation de ne plus avoir de pages à découvrir. Des mots qui vous frappent et vous transpercent comme les uppercuts de Marcus, ce jeune boxeur qui en 3 secondes s'est fait transpercer le coeur par la belle Roxane...

La Gazette économique et culturelle(Montpellier), 21 septembre 2010

 

"C'est un livre de résistance"

L'écrivain poète se lance avec talent dans un roman d'amour social.

 

Christian Laborde est un torrent musical. Son eau mentale façonne avec aisance les mots. Ces mots, il les pétrit comme le boulanger avec sa farine pour en faire du bon pain. Christian Laborde a le franchise des hommes de conviction. Et ses émotions naviguent en père peinanrd sur les lignes de sa vie entremêlées de rythmes au coeur battant. Avec Le soeil m'a oublié, ce poète donne le meilleur de lui-même pour nous conter une belle histoire d'amour. une histoire pure comme une maison blanche sous le soeil de Gascogne. Dans le mode de sueur des populations laborieuses et de de la boxe, le romancier laisse échapper une lumière. Une lumière aveuglante, inexplicable où l'amour puise ses force. Un jeune boxeur, à l'entraînement, rencontre la lumière. Cette femme, sortie de nulle part, sera sa déesse. Mais pour atteindre son coeur, il devra se battre contre lui-même, contre l'âge qui les sépare et contre la différence sociale. Dans son roman vibrant et plein de tendresse, Chistian Laborde ouvre grand les portes de l'espérance. Et comme dans la chanson de Nougaro: " O déesse de pierre, pour atteindre ton coeur, il n'est qu'une manière, boxe, boxe, il faut être vainqueur."

 

 L'entretien

 

 - Qu'est-ce qui vous a poussé à renouer avec le roman?

L'envie d'écrire mon "Ecume des jours" à moi. De mettre des mots sur une étreinte. Une histoire d'amour avec des personnages pris dans ce grand crépuscule social dans lequel nous sommes tous mêlés. Les histoires d'amour sont actuellement racontées au cinéma, je pense à "Two lovers". A l'heure de la littérature essoufflée, j'avais envie d'une littérature vivante et je me suis dit: ose une histoire d'amour. J'ai donc raconté l'histoire de marcus et de Roxane.

- La violence sociale traverse les siècles en liitérature. Elle apparaît dans votre oeuvre avec force.

Marcus aime aujourd'hui et vit aujourd'hui. Donc, le mone d'aujourd'hui, sans être décrit, sans être inventorié, est forcément présent dans le roman. Quand Marcus, jeune boxeur, court sur les quais, il court parmi les pneus qui brûlent et les CRS qui chargent. Il a 17 ans, sans famille, il est violent, il est généreux. Il passe ses jours à cogner et la nuit, il cambriole.

- La lumière va pourtant éclairé sa vie.

Un jour dans le club arrive en effet une femme sublime. Ce jeune de 17 ans va tomber amoureux de cette femme de 30 ans. Lui quand il boxe, il écoute le rap le plus radical et elle, elle écoute Scarlett Johansson. Cette femme, il va vouloir la revoir. Le soleil m'a oublié, c'est finalement l'histoire de ce gamin dans la dèche, qui se débrouille et utilise tous les moyens pour retrouver le visage de Roxane. C'est donc surf ond d'époque sans lumière et sans espoir, le parcours d'un jeune qui va au devant de la plus belle des lumières, en l'occurence Rxane.

- Ne sommes-nous pas dans une société qui génère une population intéressée par le sasavoir et une autre, passive, baignée dans la société de consommation?

C'est ce qu'a vu venir Pasolini. Il considérait qu'il y avait deux fascimes: la fascisme historique lequel, Dieu merci, ne reviendra pas. Et puis un fascisme light, diffus. Et ce fascisme c'est, à ses yeux, la société de consommation, destructrice du coeur de l'homme et du coeur des arbres. Dans cette société exit les gens de l'être, place aux gens de l'avoir.

- L'amour que vous dépeignez dans votre roman allie la pureté des sentiments entre deux êtres à un entourage violent....même lorsque règne l'amour.

Il y a Marcus et Roxane, il y a leur passion, et il y a la machine sociale, la mégamachine qui broie. Et reste Marcus qui refuse de passer à côté de sa fête intime. La relation entre ces deux êtres est zébrée de tendresse mais aussi de violence. Au fond, c'est un livre de résistance. Marcus est le symbole d'une forme de résistance.

- Est-ce l'amour qui peut sauver les hommes?

L'amour, l'art, la musique. André Breton disait: " Je crois à la victoire de l'amour sublime sur la vie sordide." Le monde qui s'est construit autour de nous est de plus en plus  raboteur de ce que nous sommes. Mais il me semble que chez tout être, il reste encore la soif d'absolu.

- Vous avez été proche de Claude Nougaro. QUe vous a-t-il apporté dans votre évolution?

Il m'a rappelé que le pays des mots, c'est la bouche. Les mots naissent dans la bouche. Une partie de la bouche se nomme le palais: la noblesse est dans la bouche. Donc, ayons l'appétit des mots! Ne perdons pas de vue l'oralité, la physique du langage. Ne perdons jamais de vue le son, le swing! Pétrissons les mots. Soyons chaque jour au fourneau des syllabes. Tel est l'enseignement de CLaude.

 

L'extrait:" Je sors du vestiaire rincé, le sac à l'épaule, une bouteille d'eau à la main. Bud, une serviette autour du cou, encourage un gars qui, les épaule bien en ligne, vide ses gants sur la poire de vitesse. Sur le ring, y a Youri, un boxeur chois par Bud pour le sceonder, nous entraîner. Il a enfilé les palettes de mousse, les mecs vont monter sur le ring, un par un, chacun pour trois minutes. Faut tournoyer, un bras levé, le regard fixé sur le gant, accélérer, puis, au signal de Youri, alors que la tête tourne, se mettre en garde, et Youri fonce sur vous, les palettes s'écrasent, gauche-gauche, gauche-gauche, gauche-droite-gauche, des séries, des séries, sans cesse, au mileiu du ring, aux quatre coins du ring, partout,c'est mortel. Je sors du club, je marche vite, pressé de rentrer, les trottoirs défoncés, les flaques d'eau sale. Je traverse la place des punks à chien, et j'ai Iggy Pop dans l'iPod, I am the Passenger...Il look through my window so bright... And everything looks good tonight...Singing la la la la la-la-la-la..."

Pascal Hébert, L'Echo Républicain , vendredi 1er octobre 2010

 

Le Blog de Bernard Morlino: Le soleil m'a oublié

Christian Laborde est le fils-frère de Claude Nougaro. Laborde ressemble autant à Nougaro que Claude ressemblait à Christian. Chaque jour qui passe depuis la mort de NOugaro fait mal à Laborde. La patrie des mots est là, heureusement.

" Quand Marcus, jeune boxeur, court sur les quais, il court parmi les pneus qui brûlent et les CRS qui chargent. Il a 17 ans, sans famille, il est violent,il est généreux. Il passe ses jours à cogner et , la nuit, il cambriole". Voila comment Christian Laborde parle de son nouveau roman au superbe titre. On n'est jamais si bien servi que par soi-même. J'ai dit " nouveau roman" et surtout pas "dernier roman". Laborde n'est pas un écrivain à la mode. il a trop de talent pour plaire aux régents de la communication qui vous lancent comme un paquet de lessive dès que vous rampez devant eux.

" Mon prénom, c'est Marcus, preuve que mes parents ne sont pas mes parents. Ils ont dû m'acheter sur e-bay. S'ils avaient été mon père et ma mère, ils m'auraient collé un de ces prénoms à la con, Kevin, Nicolas, portés par les mecs à la con du lycée de merde." A-t-il fait un envoi dédicacé à l'actuel locataire de l'Elysée? Quand tous ceux qui n'ont rien sous le capot sont en panne d'essence sur l'autoroute de la suffisance, lui roule à fond la caisse avec sa vieille bécane. Son essence à lui c'est la langue française qu'il fait chanter avec son ordinateur comme le boxeur frappe le sac de sable.

Le son de Laborde est jazzy comme celui de son frère d'émotions: Claude Nougaro. Il transforme sa page en circuit "Nogaro" pour faire hurler la langue comme des pneus en dérapage contrôlé. Son "Ecume des jours" raconte une love story à faire bander un macchabée du Père Lachaise. Marcus envoie valser - ici on doit dire "rocker" - ses études qui lui pompent l'air afin de boxer nuit et jour. Le coup de poing...IL n'y a plus que ça qui l'intéresse. Un jour alors qu'il frappe et frappe encore, il aperçoit la femme de VIco, le boss de la salle de boxe. Marcus a le coup de foudre pour Roxane. il n'a plus qu'elle en tête. " Des filles m'ont regardé. Mais là, c'est une femme."

Tout finira dans le sang. Sacha Guitry a dit qu'un assassin c'est souvent un cambrioleur qu'on prend en flagrant délit de vol. Christian Laborde, le gardien des ours qui dévalent dans les Hautes-Pyrénées, est au meilleur de sa forme. " Rudy, c'est le frère de ma mère, la honte de la famille. Je l'adorais." Entre Lance Armstrong et les "talibans" des éprouvettes plein de pipi, son coeur ne balance pas. Le livre de Laborde, au même tempo majeur de tout ce qu'il écrit, se lit à haute voix. Uppercut en contre ut. Ses héros ne sont pas des zéros qui se laissent écraser par les conventions sociales qui nous transforment en robot de la connerie. Christian écrit dans le Gueuloir de Laborde. Sa bouche est un bocal de mots. Fait rarissime, son livre n'a pas de cote barre. Laborde ne se laisse pas acheter. Juste vendre. Catégorie Grand Monsieur.

Bernard Morlino, 14 octobre 2010

 

 

Laborde signe un roman noir

Avec Le soleil m'a oublié, Christian ne fait pas dans la collection rose.

 

"C'est du brutal" comme aurait dit Michel Audiard. Ca commence en jabs - coup direct de faible amplitude - et crochets dans le sac de frappe d'une salle boxe interlope. Et ça s'achève par une partie de nerf de boeuf fatale, dans la villa vacante d'un écrivain.

Chez ce dernier, Marcus, 17 ans, a mis la main sur le dernier opus du romancier, à la faveur...d'un cambriolage. Car Marcus boxe, chatte sur le Net, mais il casse aussi en équipe chez les bourgeois. Faut bien vivre, dans ce monde de brutes.

Exception culturelle: il en pince pour la littérature, Marcus, lui qui s'est fait mettre dehors de son bahut pour avoir voulu massacrer son prof de français " à dents jaunes et projet pédagogique". Comme quoi...

Il en pince surtout pour une jolie blonde, Roxane - comme l'égérie de Cyrano de Bergerac. S'ensuit une histoire d'amour qui darde un vrai rayon de soleil dans cette histoire si noire.

La phrase courte, syncopée, très "Laborde", fait merveille dans ce bref mais cinglant roman.

Thomas Longué Sud-Ouest, mercredi 20 octobre 2010


 

Zéro vélo

 

Ma parole, serait-il tombé de vélo? Ces dernières années, le chantre des cols pyrénéens  n'avait guère levé la tête du guidon: il ne rêvait plus que d'échappées sur le Tour de France, dont il a écrit le "dictionnaire amoureux",publiait des éloges vibrants de Lance Armstrong par-ci, biographait les champions d'antan par-là ou composait des "Vélociférations" qu'il s'époumonait à dire lui-même sur scène. Il fit si bien, d'ailleurs, que Bernard Hinault en personne lui remit la médaille de reconnaissance du Tour, qui est comme le Goncourt des chroniqueurs vélocipédiques.

Mais que lui arrive-t-il? Zéro vélo dans son nouvel opus, si l'on fait exeption pour la bicyclette mauve qu'on aperçoit dans l'entrée de l'appartement de l'héroïne. Ah, l'héroïne, qu'on vous dise: un canon. L'auteur lui-même en a perdu les pédales, donc. Et ce n'est rien à côté du héros, Marcus, grosse frappe en sa qualité de boxeur, mais volontiers petite frappe en soirée quand il s'encagoule et vide les villas bourgeoises de leur matéreil high-tech. Jamais, il n'est cependant question ici de cambriolage, le mot est zappé: Marcus pratique en fait la "reprise individuelle" comme on disait chez les vertueux anars de le haute époque. Et donc, quand il aura vu la belle Roxane(l'auteur ne la lui concède pourtant que trois secondes), il n'aura de cesse de de la reprendre à son propriétaire légal, qui n'est autre, ça tombe mal pour lui, mais vraiment bien pour le roman, que le propriétaire de son club de boxe.

Ce n'est pas la tentative de négociation à coups de nerf de boeuf entre les deux hommes qui va résoudre la crise, sauf pour lui donner l'issue malheureuse à laquelle aspire tout roman d'amour véritable. Car c'est bien la passion qui règle ce texte sauvage, asséné par un styliste violent mais noble, et distribuant ses effets de plume comme d'autres les uppercuts. On en reste sonné pour le compte.

Jean-Louis Ezine, Le Nouvel Observateur, mercredi 27 octobre 2010


 



 

 

Christian Laborde: Le soleil m'a oublié

 "-En fait, t'aimes le style. C'est comme la boxe: tu préfères les stylistes."

Vrai que du style il y en a, dans le nouveau livre de Christian Laborde, Le soleil m'a oublié. Et ça, pas moyen de l'oublier, justement:  vous avez vingt ans, vous venez de lire L'Os de Dionysos et c'est bien d'abord un style que vous avez pris en pleine mâchoire, comme un crochet du gauche. Toujours en embuscade au pied des pyrénées, l'écrivain palois revient enfin au roman après une longue échappée du côté du pamphlet(Corrida basta!), ou dans le sillage des géants du Tour de France(Dictionnaire amoureux du Tour de France) et du Tour de chant, comme ceux de son ami Claude Nougaro(Mon seul chanteur de blues) ou Renaud. Un texte cinglant, qui cogne comme un coup de poing dans le sac de frappe de cete rentrée littéraire.

 

Car Marcus, son truc, ce n'est pas le vélo. Ce n'est pas non plus le lycée, qu'il vient de plaquer, à 17 ans. C'est la boxe. Celle de Norman Mailer, de Joyce Carol Oates. Celle d'Arthur Cravan. Sous la houlette du vieux Bud, Marcus s'entraîne, peaufine ses uppercuts, ajuste  le jeu de jambes, parce que le monde dans lequel nous vivons exige la violence d'un poing levé, d'un poing serré. Dans son quotidien de petits larcins et de système D, un poing sait tout, et Marcus veut tout apprendre dans le club que dirige Vico, le caïd local. Mais il y a Roxane, son jean serré, sa fine chaîne autour de la cheville et tout l'or des cheveux. Elle a la trentaine, c'est la femme de Vico: il y a moins risqué pour une histoire, mais le coeur de Marcus s'emballe, et les ennuis commencent.


Le soleil m'a oublié est-il un roman noir? Oui, sans doute, avec sa faune typique et sa fleur brisée. Un roman d'une noirceur véritablement cinématographique, où les chapitres se suivent comme autant de séquences effrénées. Sur fond de bande-son omniprésente, où l'on entend aussi bien Sting que Scarlett Johansson, Iggy Pop que La  Rumeur, Christian Laborde saisit à bras-le-coprs l'amour tragique et ses ecchymoses. Avec Carlos Malota, l'écrivain suicidé, et son Baiser de la jeune veuve où passe l'ombre d'André Breton, il rend même hommage au roman et à l'imaginaire comme ultimes recours pour dire l'infracassable vérité du désir. Et c'est alors une noirceur lumineuse, éclairée de l'intérieur par la beauté de Roxane et une écriture étincelante qui, véritable percussion verbale, entrechoque les mots comme des cymmbales. L'amour paiera toujours largement les peaux cassées.

Frédéric Aribit  wwww.lavielitteraire.fr,  8 novembre 20110

 

Les peaux cassées de Christian Laborde: l'entretien par Frédéric Aribit

Romancier, vous vous êtes montré féroce envers le genre romanesque, il y a quelques années. Vous placez d'ailleurs en exergue de votre nouveau roman une citation d'André Breton, qui n'a jamais été tendre envers le roman, du moins dans l'acception balzacienne qu'il lui donne. Avez-vous changé d'avis? Peut-on dire que vous attribuez au roman la place qu'occupe Carlos Malota dans la vôtre, une sorte d' "idéal suicidé"?

- Non, je n'ai changé ni d'avis, ni d'envie. Et la phrase de Breton mis en exergue de mon nouveau roman indique que je lutte, à chaque phrase, à chaque syllabe contre la dictature des "moments nuls" à l'oeuvre dans les romans qu'ils soient "balzaciens" ou qu'ils paraissent aux Editions de mInuit ou de L'Olivier. J'ai regardé avec intérêt l'apparition d'un roman que nous qualifierons, pour aller vite, de "moderne", de "nouveau", mais hélas ces formes romanesques nouvelles, comme les formes romanesques anciennes, la plupart du temps, n'auront suscité chez moi que de l'ennui. Je ne vois, ici et là, dans les livres que l'on publie, qu'inventaire conscieucieux du fond des nombrils, que mise en fiches vaine, absurde du monde. Quant à Carlos Malota, c'est moi! Au baiser de la jeune veuve, c'est moi!

 Quels sont les auteurs actuels qui vous inspirent, en France comme à l'étranger?

- M'inspirer, c'est-à-dire me pousser, à partir d'une page lue, d'une ligne goütée, à écrire, à me coltiner à mon tour le papier ou l'écran: seuls les poètes le font, où les romanciers ayant une langue, faisant de la langue un personnage à part entiere. Donc, je lis peu, et je relis beaucoup. Je relis Scutenaire, par exemple. Ou Ponge. Egalement Le CLézio, l'auteur de La Guerre, ou de La ronde et autres faits divers. Et puis je relis BUkowski, ou Jean-Patrick Manchette. Ou Annie Le Brun, écrivain dont la prose est à la  fois le phare, la tempête et le navire. De toute façon, pour aller vite, cette société n'est pas la mienne, et ce qu'elle me somme d'aimer, ce qu'elle me promet, promeut, me déplaît....

 Cette histoire d'amour entre Marcus et Roxane, c'est d'abord un style percutant, qui a évolué, me semble-t-il, d'un goût avéré pour la richesse métaphorique vers un travail du rythme et de l'oralité, qui doit à la fois à Queneau, au cinéma, et au rap, non?

- Exact. C'est pour cela que je dis: Carlos Malota, c'est moi. Carlos Malota et son roman Au baiser de la  jeune veuve( ce titre est un vers de Poisson soluble), c'est moi écrivant Gargantaur ou SOror, des romans où la métaphore n'en fait qu'à sa fête. Avec Le soleil m'a oublié, c'est le rythme qui a la vedette. IL n'y a pas de temps morts dans ce roman. Il est construit comme un combat de boxe, brièveté et intensité. L'oralité a toujours compté pour moi. Je n'oublie pas qu'une partie de la bouche se nomme le palais: la noblesse est dans la bouche. Et je suis sensible à la parole du rap, à sa rugosité, à son agilité. Quant au cinéma, j'ai repensé à Two lovers, de James Gray. Et j'ai eu moi aussi envie d'écrire un roman d'amour, un roman d'amour d'aujourd'hui, un roman romantique et rock, rockmantique.

 Pourquoi placer ce roman dans cette zone indéfinie, entre un imaginaire " depaysé"(noms des personnages,univers fictif dans lequel ils évoluent...) et les références culturelles nombreuses et identifiables(Maria Bello, Scarlett Johansson, Sting, La Rmeur, etc.)?

- Cette zone indéfinie, c'est le monde qui nous entoure, le crépuscule social dans lequel nous vivons, me semble-til. Marcus, quand il s'entraine, court sur des quais en panne, passe entre des tas de pneus qui brûlent, frôle les murs sales de la ville morte. Et il y a une bande-son dans ce roman qui renvoie soit à ce crépuscule, à sa violence, soit à la beauté de l'amour que Marcus découvre.

 Que doit un roman comme celui-ci aux théories contemporaines sur le roman, je pense en particulier à la psychologie rapide des personnages, à son côté L'étranger presque, et au débat, très franco-français, sur leur place dans l'espace romanesque? Est-ce que ce sont des débats qui intéressent le romancier que vous êtes?

- Pas du tout. Ces théories, ces débats m'ennuient. Je lis guère de romans, "balzaciens" ou non, et encore moins d'ouvrages théoriques sur le roman. Je me bagarre avec ma viande et avec la langue française, et c'est une bagarre qui me prend toute mon énergie.

 Après le vélo, la boxe, avec le personnage de Marcus...D'où vous vient cette mythologie des "quatre boules de cuir" que chantait votre ami Claude Nougaro?

- J'aime le vélo et la boxe. J'observe que ce sont les deux sports qui ont le plus fasciné les écrivains, de Blondin à Curzio Malaparte, de Dino Buzzati à NOrman Mailer. Ce sont les deux sports les plus durs. Et boxeurs et Géants de la Route ne sont pas des sportifs comme les autres. Souvent, ils font plus qu'une carrière: un destin.

 Votre roman se fait discrètement l'écho de quelques combats qui sont les vôtres. Où en est le pamphlétaire sur ses propres rings?

- Le pamphlétaire vidait, il y a un an, sa kalachnikov dans le bide des toreros et des aficionados: c'était Corrida basta! [Ed. Robert Laffont]. L'important dans Le Soleil m'a oublié, c'est Marcus et c'est Roxane. Quant à l'époque, quant à l'ideologie dans laquelle nous baignons, l'on imagine ce que je peux en penser. QUe puis-je penser en effet d'une société, d'une idéologie qui oeuvrent aux déboisements simultanés de la planète et du coeur humain?

 Reste l'amour, l'évocation lyrique et sensuelle du corps de Roxane. Vous aimez cette écriture charnelle, n'est-ce pas?

- Je suis un ecrivain du chant, de la célébration, qui croit à la victoire de l'amour qui nous envahit sur la vie qu'on nous impose. DOnc ROxane est célébrée. Et son corps, son regard, la perle de son souffle dont Marus ne peut se passer sont le coeur le plus palpitant de ce roman ecrit par un motsicien.

 www.lavielittéraire.fr

 

Tout en nerfs

C'est un livre qui swingue: le terme se réfère autant à la musique qu'à la boxe. Un livre qui danse et qui cogne.

Pamphlétaire redoutable, amoureux du vélo et des Pyrénées, ami de Nougaro, Christian Laborde a le souffle et le nerf pour transcender une histoire en apparence banale.

Marcus, 17 ans, vit surtout pour la boxe, ses entraînements, ses joggings. Il tombe sous le charme de Roxane, son aînée d'une dizaine d'années. Problème: elle est l'épouse de Vico, propriétaire de la salle de boxe et de l'hôtel où Marcus travaille comme gardien de nuit. Tout cela ne peut que mal finir...

Avec Le soleil m'a oublié, Christian Laborde revisite le roman d'amour classique et ses relations impossibles. Avec une langue qui claque, il dresse un portrait incisif et émouvant d'un pauvre gars, balancé dans les cordes de la vie.

La Gruyère, jeudi 4 novembre 2010 (www.lagruyere.ch)

 

 Les coups

Des coups, il y en a de toutes sortes. Ceux des  boxeurs. Le boxeur, solidement planté sur ses jambes, danse virevolte, tourne sur lui-même. Il lutte contre l'ivresse. IL balance, et au détour de son ballet, balance des coups, une grêle sur l'adversaire ou sur le sac d'entraînement Des coups dans la gueule, des coups au foie, et puis des coups au coeur qui ont la forde de la foudre.

Lequel de tous fait le plus mal? Quel est celui qui laisse groggy, bon pour le compte, hébété? Quel est celui qui te donne de l'espor?Quelle est la plus cruelle des passions? Celle vouée à la déesse de pierre ou celle portée à la déesse de chair?

Et puis il y a les coups du sort. Les salingues coups que forge le destin, inexorable et définitive marque que finit par asséner la société. Les coups en vache parce que tout est joué d'avance. " Le hasard n'existe pas."

Le dernier roman paru de Christian  Laborde, au titre qui évoque Léo Malet ( Le soleil n'est pas pour nous) parle de ces coups-là. Le soleil m'a oublié débute par une série de frappes sourdes et claquantes dans l'ombre d'une salle de sport pour laisser percer un espoir de douceur, une lueur ensoleillée dans la vie de Marcus, boxeur de dix-sept ans qui ne vit que de coups, parfois de mauvais, perpétués à la faveur de la nuit dans des villas délaissées. C'est dans cet univers qu'il rencontre le soleil. Un soleil à deux faces. L'une a pour nom amour, l'autre littérature. Marcus aime Roxane, prénom prédestiné aux coups de foudre et aux amours contrariées. Je ne vous dirai pas la fin. Au lecteur de faire son boulot de lecteur.

Pas de surprise, comme à l'accoutumée, il n'y a que du bon, Laborde va vite et bien. Ce roman est enlevé, comme un match en quinze reprises rapides, sèches et âpres que l'on ne verrait pas passer. Dans Le soleil m'a oublié, on retrouve le style de puncheur où tout n'est que rythme et percussion, pas de temps mort, pas de reculade et pas de round d'observation. On y entend la rugosité d'un rap, mais de le douceur aussi. NTM et Police. Ragging bull sans la graisse, on y voit la vie et le soleil, inaccessible.

François Denivet, , janvier 2011


 

Saskatchewan

 

 

" En train dans les plaines de Saskatchewan, en train de lire " Le soleil m'a oublié". En train de savourer vos mots, amour, joie, punch, drame, beauté. Je me sens si proche de vous en ce samedi apm au coeur de cette terre agricole immense, froide et vide d'Amérique du nord, si loin mais tellement proche en même temps....Tiens je vois les tours hautes et rutilantes de Winnipeg, mon voyage prend fin. Padabam, padabam, le convoit ralentit maintenant.

Bye, bye, Mon sieur laborde et bien sûr merci.

D. L

Bonjour,

Donc Marcus s'entraîne, boxe, aime du côté de Saskatchewan et de Winnipeg...Quels noms merveilleux, pareils à ceux que l'on croise dans les poèmes du voyageur Kenneth White qui, un temps, avait posé ses valises à Pau....J'aimerais en savoir un peu plus sur ces lieux et sur vous qui lisez mes mots si loin du col d'Aubisque où ils naissent.

A bientôt

C.L.

 

Bonjour,

Je vous suis depuis "L'Idiot" et vos jabs écrits jalonnent depuis ce temps mon chemin. Mes malles rarement closes sont posées à Horseshoe-bay british columbia, un endroit paisible, lumineux, aquatique:

De  par mon occupation non lucrative je voyage beaucoup entre Atlantique et Pacifique, ces terres vastes et paisibles sont indiennes et vous avez raison le son des mots propres  y est souvent un délice. Car vous aimez les BO je place vos textes sous les mêmes fréquences auditives que le "Highway 61 revisited" de Bob Dylan.  On y parle en images pures, brutales et belles. Votre poésie et cette musique sont pour moi de bons compagnons de route, des chevaux pur sang lancés dans les plaines sauvages canadiennes. Quel pouvoir vous avez là!

Bien de belles choses, à bientôt ici où là!

D.L.



 

Bonjour,

Pour faire bref et sans trop vous ennuyer, je viens d'un milieu ouvrier. Personnellement pas de gros diplômes ni de longues études et guère de bouquins à se mettre sous la dent. Toutefois une chance précieuse, une maman à la voix douce et chantante qui donnait vie aux contes et fables de mon enfance avec de belles étincelles de joie dans chaque syllabes prononcée. Une brave dame, fille de docker marseillais, employée de ménage dans un hôtel du centre- ville, qui,je le sais aujourd'hui, rêvait elle aussi en cachette et en ma compagnie des grands espaces poétiques. Les immenses priries de l'ouest balayées par les vents c'est elle, le ciel bleu sur la montagne pareillement.

 

Cet être modeste était mon chaman, mon chant sacré de la petite enfance. Quand je vous lis je sens battre le Tam-tam et je sais qu'elle aurait aimé mettre en musique vos mots, moi dans ses bras sous la couette, un verre de lait chaud, le mistral dans les tuiles et tous les bruits du monde à la porte.

D.L.

Bonjour,

Mon enfance aura été semblable à la vôtre. Pas de livres ou si peu, mais beaucoup de voix. Celle de ma grand-mère qui parlait gascon, langue des pierres et des rivières. Celle de mon père me racontant les exploits des Géants de la route à l'assaut des cols, de Gaul s'envolant sous la pluie:

 

Donc, moi aussi, enfant, j'en ai pris plein l'oreille. Des javas verbales dans le pavillon! UNe partie de la bouche se nomme le palais, je l'ai dit bien souvent. Donc, la noblesse est dans la bouche. La bouche, l'oreille: le reste n'est pas littérature.

C.L.

The End

Pour terminer, écoutons la mélodie qu'écoute Marcus, à la fin du roman dans sa chambre à la clinique du docteur Zonka:



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