Christian Laborde

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La cause des vaches

le 28/02/2016


 Je déboule en librairie avec mon troupeau de vaches et mon troupeau de mots. Colère. Enfance. Jacquerie. Sus à la FNSEA! Relisons Montaigne et Louise Michel!

 La Cause des vaches

 

 

 Couverture: Philippe Guitton

 

"C'est en librairie, c'est en  librairie...."

 


Pour contacter l'étable

 


 

 


 Presse:   Jean Philippe Bertrand   jeanphilippe.bertrand@artege.fr 01 40 46 54 30 / 06 12 56 67 15   Stefania Zuin  stefania.zuin@artege.fr   01 58 51 10 29 / 06 44 10 83 34

 Salons, Rencontres, jacqueries : Laurence Angebault laurence.angebault@artege.fr  04 34 88 14 04

 

 

 

 photo: Fernand Fourcade

 

La Cause des vaches: la couve et le bandeau

 


 

C'est un bandeau bernanosien, signé  Arnaud le Guern. C'est Arnaud Le Guern qui a remis le manuscrit des Vaches en quête d'étable à Bruno Nougayrède, le Boss des Editions du Rocher. Le Boss l'a lu, a dit: je publie! Un écrivain nougarien chez Nougayrède. Walt else?

La France contre les robots de l'agro: c'est ça, exactement ça. Car, la France, c'est quoi? C'est, je crois, un lien privilégié avec la Nature, et, en même temps,  un prodigieux raffinement. Or les robots de l'agro, les Vanderdendur de l'agrobusiness  brisent le lien qui nous unit à la nature,  ôtent des têtes et des coeurs l'idée même de raffinement. Ce sont des barbares, les barbares d'aujourd'hui. Il faut les chasser de nos  terres . Et c'est pourquoi je passe de la fourche de mon vélo à la fourche paysanne.

 


 

 photo: Fernand Fourcade

 

 

 

 


 

 

 "Bernanos est bel et bien le plus grand prophète  de ce que j'appellerai l'écologie spirituelle"

Jacques Juillard

 

 

La Cause des vaches: la quatrième de couve, elle dit quoi?



         Cher et vieux pays: oui,  bien sûr! Et pas de guillemets! Nul n'ignore  que ces mots sont ceux du général De Gaulle, le héros de mon père, lequel, le 15 août 1944, débarquait en Provence. Ils auraient pu être de Bernard Maris dont le livre posthume, Et si on aimait la France, m'a tenu compagnie pendant que j' écrivais les Vaches. Avec Maris,  chaque fois que nous nous retrouvions, nous parlions du Tour de France.   Bernard aimait particulièrement Miguel Indurain  qui, s'empressait-il  de souligner, courait sur un vélo de marque  Pinarello.

 


La Cause des vaches: en exergue, y a quoi, y a qui?

 

 

 

                                                                                        

 

                                                                                    « Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes. »

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Louise Michel

 

 

                                                                                                                                      « Les vaches rousses, blanches et noires

                                                                                                                                                                Sur lesquelles tombe la pluie

                                                                                                                                                                Et les cerisiers blancs made in Normandiie"

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Stone & Charden

 

 

 



La cause des vaches: l'entretien avec l'auteur, c'est ici!

 

 

Photo: Fernand Fourcade

 


« Je suis  le d’Artagnan des vaches »

 

Luc Destrem : Les animaux et toi, c’est une vieille histoire…

Christian Laborde : Oui, une histoire d‘enfance pour être précis… Et quand j’étais enfant, on ne disait pas les animaux mais les bêtes, mot que je retrouve  chez Pierre Gascar(Les bêtes), ou  Elisabeth de Fontenay (Le silence des bêtes)…J’ai vécu au milieu des bêtes…

L.D. : Et cette fréquentation des bêtes a fait de toi un écrivain…. écologiste !

C.L. : Suis-je écologiste ? J’aime la France des villages, des chapelles, et des départementales que je sillonne à vélo,  mais  j’aime tout autant la pulsation  de la ville, sa rumeur, ses clameurs, le merveilleux dont elle hâte le surgissement, le règne du hasard, des rencontres, des apparitions. Bref j’aime le vent dans les romans de Giono, et la nuit  dans Le Paysan de Paris d’Aragon. Cet amour des chemins et des villes, du vent et des néons du soir, font-ils  de moi un écologiste ? Une chose est sûre : j’ai vécu au milieu des vaches, et les vaches ont fait de moi, non pas un apôtre du bon vieux temps, mais un ruminant, c’est-à-dire un rêveur.

 

L.D. : Un rêveur qui, avec La cause des vaches, se met en pétard...

C. L : Et c’est une colère noire, une sainte colère. Je saisis le porte-voix   et je  hurle comme un putois pour sauver les vaches, les arracher des mains des Vanderdendur de l’agrobusiness qui les séquestrent dans les « fermes-usines ». C’est épouvantable : la vie qu’on leur impose est horrible,  et  la mort qu’on leur réserve, atroce.   Les Vanderdendur de l’agrobusiness méprisent la loi – l’article  L214 du code rural – et se moquent de la dignité de la vache. Je rappelle ce que dit d l’article L214 : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »  

L.D. : Une colère placée sous le haut patronage de….Louise Michel !

C.L. : Michel, c’est de la meuf ! Une meuf toujours debout et débout pour toujours. Il n’ y a pas, pour elle, d’un côté le monde des hommes et de l’autre le monde des animaux. Il y a un seul et même monde, peuplé de forts et de faibles. Et le fort cogne sur le faible, que ce dernier soit un autre homme ou un animal. C’est exactement ce que pensait Marguerite Yourcenar…

 L.D. :Ce n’est pas la première fois que tu …hurles?

C.L. : J’ai déjà hurlé à deux reprises…. La première, c’était en 1992, quand je m’étais opposé, avec Danse avec les ours(NDLR : Editions Régine Deforges, collection « Coup de gueule ») au creusement du tunnel routier du Somport qui, disais-je, allait transformer la vallée d’Aspe en couloir en camions et couper en deux le territoire de l’ours. La vallée d’Aspe est devenue un couloir à camions et l’ours des Pyrénées est menacé d’extinction… Sache que dans les contes populaires, ceux du Pays basque et ceux d’Europe centrale, on appelle l’ours  « grand-père ». Mafioso des mots, j’ai donc défendu la famille… La seconde fois, c’était en 2012, et j’avais passé à tabac la corrida  dans Corrida basta (NDLR :Editions Robert Laffont), et célébré la beauté du taureau qui est l’amant de la lune. Il faut que la corrida cesse pour que la lune et le taureau puissent de nouveau, la nuit, se rouler des pelles(1)…

L.D. : Revenons à la  La cause des vaches : il s’agit d’un pamphlet.

C.L. : Il s’agit d’abord d’un pamphlet, d’une charge syllabique  contre la « ferme des 1000 vaches », ce stalag qui évidemment n’a rien d’une ferme et dans lequel 1000 vaches sont incarcérées, condamnées à la station debout  dans de minuscules logettes, dans des conditions sanitaires plus que déplorables. Et l’association L214  qui se bat contre les tortionnaires d’animaux a porté plainte pour mauvais traitements et demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire. Ces bêtes qui ne sortent jamais de leur logette – elles n’en sortiront que pour se rendre à l’abattoir – sont reliées à une machine à traire,  et à un méthaniseur qui transforme leurs bouses en électricité vendue à EDF. Bref, la vache qui est prisonnière et qui souffre, n’est plus un animal, mais une machine. Une machine  à fournir du lait, une machine à fournir de la viande,  une machine à fabriquer de l’énergie. Dans l’agrobusiness, la vache est désanimalisée.  Il fallait que je gueule, que je hurle car, si les  espèces en voie de disparition – les baleines, les éléphants – ont droit à de beaux reportages animaliers, si les animaux de compagnie ont droit à notre tendresse, les vaches, elles,  n’ont personne pour les défendre. C’est aussi pour cette raison que je suis devenu le d’Artagnan des vaches. Je  pique des deux, galope et charge les Vanderdendur de l'agrobusiness, ces "managers agricoles" qui ont inventé les cadences infernales pour les animaux, au nom du profit. Ces gens-là ne pensent qu'aux liasses. Ils incarnent parfaitement ce  "monde réaliste moderne dans sa hideuse cupidité" que fustigeait Bernanos.

L.D. : La cause des vaches n’est pas seulement un pamphlet, c’est aussi une célébration de la vache...

C.L.: Exactement. Il y a dans ce livre ce que je dénonce – le sort cruel réservé aujourd’hui aux vaches -, et ce dont je me souviens : les vaches de mon enfance. Je me souviens de leur beauté, de leur liberté, de ce qu’elles m’ont enseigné.

L.D. : Que t’ont-elles appris, les vaches de ton enfance ?

C.L. : Elles m’ont appris la lenteur,  l’art de prendre son temps, de regarder, de tendre l’oreille, de rêver.

L.D. : Pour défendre les vaches, tu   fais appel à tes souvenirs et à la littérature.

C.L. : Mes souvenirs, oui….Par exemple les vaches de la ferme, à Aureilhan. Le curé, qui devait être franciscain,  les bénissait, ce qui faisait d’elles nos semblables. Et cette bénédiction à laquelle j’ai assisté à plusieurs reprises fait que je m’interroge : Dieu a-t-il créé les bêtes pour que l’homme les fasse souffrir ? Tu vois, les vaches font de moi un…philosophe. Donc, des souvenirs, et des poémes ! Les poètes qui ont célébré la vache sont présents dans mes pages, de Verhaeren à Paul Claudel, de Rimbaud à Norge, de Luc Dietrich à Pierre Présumey, de Roger Vitrac à Jean-Claude Pirotte, plus Hildegarde de Bingen.

L.D :  Et Stone & Charden !

C.L. : Absolument ! Stone & Charden, « Made in Normandie », c’est à la fois la chanson populaire  -  j’aime beaucoup les chansons populaires, leur succulente naïveté, leurs mélodies accueillantes  - , et la vache telle qu’elle est dans la nature, la vache et la tendresse. La tendresse dont elle fait preuve à notre endroit, et la tendresse que l’on a envie de lui prodiguer….Et moi je me bats pour que la vache retrouve sa place dans le paysage. Paysage qui lui aussi doit être défendu…

L.D. : C’est une civilisation que tu défends.

C.L. : Oui. Je me bats pour que l’ici-bas cesse d’être un enfer pour les vaches et devienne, pour elles et pour nous, un ici-haut.



 (1) :Comme Elisabeth Badinter, Danielle Darrieux, Pierre Rabhi,  ou encore Walter Spanghero, Christian Laborde est membre du comité d’honneur de la Fédération des luttes pour l’Abolition des Corridas(FLAC)

(2) Quatre  associations se battent pour la défense des  animaux d’élevage :

- Ethique et animaux L214

- Œuvre d’Assistance aux  Bêtes d’Abattoir(OABA)

- Animal Cross

-Welfarm,  Protection mondiale des animaux de ferme


 

 

 

La cause des vaches, c'est d'abord

un pamphlet

une charge syllabique

 


 

une rouste verbale

une colère noire

tous mes poings dans la gueule  des Vanderdendur de l'agrobusiness   qui traitent les vaches comme des esclaves.


 

La cause des vaches c'est aussi  un solo de mots

un poème 

un sax à fond

célébrant la vache

sa beauté

sa noblesse

sa lenteur

un salut  à l'enfance

à la France des départementales

 


 

 

Dans La Cause des vaches, des poètes poussent en mêlée

 

Hildegarde Bingen

 Rimbaud

 


 

 

Emile Verhaeren

 Paul Claudel


 

Luc Dietrich

Roger Vitrac

Norge

Jean-Claude Pirotte

 


 


 

 

 Bernard Morlino a lu La Cause des Vaches 

 

 

 

"Cher Christian, J'ai été intéressé du début à la fin grâce à la qualité d'écrire, cette façon de toujours s'adresser au lecteur sans jamais le lasser. Je me suis vite dit: "C'est Bové qui écrit comme Rimbaud". J'ai éprouvé de la joie quand j'ai vu Rimbaud en fin de manuscrit. Tu écris sans cache-texte. Les vaches et Sylvie Guillem:  un trait de lumière. Il y en a plein d'autres. Mingus nous saute aux yeux. Un plaidoyer contre la souffrance, ça jazze aux bons moments. Une version poético-politique de La vache et le prisonnier »

 

 

 Jérôme Leroy a lu La Cause des Vaches

 

 

 

"Cher païen palois panthéiste, j’ai lu tes Vaches. J’aime."

 

 

 Samedi 9 avril

 

 

Conférence sur La cause des vaches  lors de l'assemblée générale

de l'Oeuvre d'Assistance aux bêtes d'Abattoirs (OABA)

dans l'Auditorium de l'Espace du Centenaire  de la Maison de la RATP

 

 photo: Claude Sarrabia

 

 

[....]Et nous que perdons-nous si nous perdons les vaches ? Nous perdons leur enseignement. Car la vache est un philosophe. La vache ne rumine pas que de l’herbe, elle rumine aussi le temps. A l’heure de la social-épilepsie et des bombardements de mails, elle nous invite à ralentir, à sentir, à gouter, et, se faisant, à échapper à la dictature des agendas, des chefs de service, des managers.

Regardons l’œil de la vache qui nous regarde. Elle nous dit quoi la vache quand elle nous regarde? Elle nous dit : y a pas que vous. Et c’est une invitation à nous départir de   notre orgueil, de notre prétention, de notre suffisance. Et son regard, c’est  bon pour notre cœur qui, saturé d’égoïsme menace de se fermer, de se dessécher. Oui, l’œil de la vache nous invite à la compassion. Et cette compassion dont nous ferons preuve à l’endroit de la vache, les hommes en seront à leur tour les bénéficiaires.

Regardons l’œil de la vache qui nous regarde.  La vache nous questionne : quand oublierez-vous Descartes et ses animaux machines, demande la vache. Et quand lirez-vous donc Montaigne, quand lirez-vous Marguerite Yourcenar, quand lirez-vous Elisabeth de Fontenay, quand lirez-vous Isaac Bashevis Singer, quand lirez-vous Jacques Derrida, quand lirez-vous Saint François d’Assise ? Que je devienne enfin votre sœur, murmure la vache, et la souffrance aura du plomb dans l’aile !

Je voudrais terminer cette intervention en parlant de Louise Michel. Louise Michel ne pensait pas qu’il y avait, d’un côté le monde des hommes et, de l’autre, le monde des animaux. Louise Michel considérait qu’il n’y avait qu’un seul et même monde composé de forts et de faibles. Et le fort depuis toujours martyrise le faible, que le faible soit un homme ou qu’il soit un animal. "La cause des vaches", c’est donc aussi la cause des hommes.

[

 

 


 

 

 photo: Claude Sarrabia

 


Et la presse, elle dit quoi, la presse?

 

Animaux bonheur: Plaidoyer pour les vaches


 

 Christian Laborde, écrivain, fervent défenseur de la cause animale, célèbre la beauté des vaches et s'élève contre leurs conditions d'élevage,incarcéres à vie et surexploitées, au mépris de leur bien-être. Interview: Sylvie Attard.


D’où vous vient cette affection pour les animaux ?

Elle vient de mon enfance, à Aureilhan, un village des Pyrénées, dans la plaine de l’Adour. Je vivais au milieu des animaux, au milieu des « bêtes » pour reprendre le mot des paysans, de Colette, ou de Louise Michel. Le troupeau était varié, bariolé : chats, chiens, poules, lapins, canards, dindes, oies, vaches, chevaux, âne, grenouilles. Il y avait donc les animaux de la maison, de la ferme, également  les animaux de la nuit - le renard, la chouette -  et ceux de la forêt, comme les sangliers.

Pourquoi ce livre « La cause des vaches » ?

Tristan Tzara est formel : « Il n’ y a que deux genres, le poème et le pamphlet. »Eh bien, La Cause des vaches est à la fois un pamphlet et un poème. La Cause des vaches  est un pamphlet, c’est-à-dire une charge syllabique contre la « ferme » des 1000 vaches, et ce que je nomme, en faisant un clin d’œil à Voltaire, les Vanderdendur de l’agrobusiness, ceux qui se font du fric sur le dos de bêtes qu’ils martyrisent. La Cause des vaches est aussi un poème, un long solo de mots pour louer la beauté de la vache.

La poésie contre la brutalité, une réponse efficace ?

Mais la poésie, c’est même l’arme absolue !  Pourquoi ? Parce qu’elle fabrique de la beauté en célébrant la beauté du monde. Et la beauté, c’est ce dont l’homme a le plus besoin. Il peut se passer d’écran plat, il ne peut se passer de beauté. Et les vaches font partie de la beauté du monde. Le col du  Tourmalet sans les vaches, ce n’est plus le col du Tourmalet. Mon poème donnera envie au lecteur de libérer les vaches des mains des Vanderdendur de l’agrobusiness afin qu’elles retrouvent les prairies. Les prairies, les paysages ont besoin d’elles. Et nous qui regardons les prairies, les paysages avons besoin des vaches.

La souffrance animale est multiple. Pourquoi cette cause particulièrement ?

Parce que la souffrance des bêtes d’élevage est une souffrance cachée, contrairement, par exemple,  à celle des taureaux de corrida qui est filmée, « spectaculaire ». Le sort des bêtes d’élevage est d’autant plus insupportable qu’il n’y a pratiquement personne, à part des associations combatives, audacieuses, comme L214,  pour en dénoncer la cruauté. On se penche, et c’est tant mieux, sur les animaux exotiques menacés d’extinction, on signe des pétitions pour sauver les baleines, les dauphins, tous les animaux majestueux, mais on ne se mobilise guère, me semble-t-il, pour la poule, la vache, le cochon. Cette souffrance est  occultée, les abattoirs n’ont pas de fenêtres. Mes mots sont des projos braqués sur la douleur des bêtes d’élevage.

Que symbolise la vache pour vous ? Un monde perdu ?

La vache, c’est mon enfance. Et si la vache devait disparaître, je perdrais mon enfance de vue. La vache est un grand philosophe qui, à l’heure de l’épilepsie sociale, nous enseigne la lenteur. Et la méditation. La vache  ne rumine pas seulement de l’herbe,  elle rumine aussi le temps. Elle nous invite à vivre avec le temps, à l’heure où la société nous ordonne de vivre dans l’instant, c’est-à-dire contre le temps. La vache nous pousse  à désobéir aux managers, aux petits chefs, à vivre loin des agendas.

Et notre part de responsabilité à tous dans l’horreur de la condition animale ?

Notre responsabilité est énorme, nos lâchetés le sont aussi, nous devrions être végétariens, et moi, qui défends les ours, les taureaux, les vaches, je ne le suis pas. Une chose est sûre, on peut d’ores et déjà se battre contre l’élevage industriel, carcéral et cruel, qui impose aux bêtes une souffrance atroce.

Etes-vous optimiste quant à l’issue de ce combat ?

Le combat,  les jacqueries, il faut les mener, en pensant à Claude Nougaro : «  Ici, si tu cognes, tu gagnes. Ici, même les mémés aiment la castagne. ». Oui, les Vanderdendur de l’agrobusiness, on les aura. No pasaran !

 

 24 avril 2016 : France Inter, l'émission de  Patricia martin


 La chronique d'Allain Bougrain-Dubourg

 

 28 avril 2016: Causette de mai.


 

Meuhhh que c'est beau!

"Il love you la vache. J'aime le temps que tu prends quand tu marches, affichant un mépris souverain des agendas, des tic-tac, des trotteuses, du galop social permanent[...] J'aime tes sabots, couleur d'escargot. Même tes sabots le disent: y a pas le feu. T' y vas molo, tu pèses entre 600 et 800 kilos." Christian Laborde prend sa plus belle plume pour défendre la cause des vacheset passeau lance-flammes la tristement célèbre "ferme des mille vaches", en Picardie.

 

JNE

 

                                                                                                                                          Journalistes-écrivains pour la Nature et l’Ecologie

 

 

(blog : publié le 27 avril 2016)

Quelle plume ! C’est à la fois un pamphlet et un poème, et ça a un sacré style. Proche de Claude Nougaro, dont il a un peu la voix, la musique et l’accent, Christian Laborde s’était déjà investi dans la cause de l’ours pyrénéen et contre la tauromachie. Le voici parti en guerre contre la ferme aux mille vaches, contre les robots de l’agro et la FNSEA, qu’il appelle la « Fédération Nationale pour la Soumission et l’Extinction des Agriculteurs ». Les mots volent, jouent et évoquent les vrais paysans et les vraies fermes, et comparent : « La sensibilité des vaches, leur blues dans le brouillard tenace, les coups de tête des petits veaux contre le ventre chaud de leur mère, ils n’en ont  rien à cirer.  Mais pourquoi prendraient-ils des gants : le ministre de  l’Agriculture qui n’a jamais plongé sa main dans la crinière frissonnante d’un cheval secouant son licou, bénit tous leurs projets. Les Vanderdendur de l’agrobusiness jouent sur  du velours car les vaches, contrairement aux ouvriers, ne se plaindront pas des cadences infernales. Elles souffriront sans rien dire jusqu’à ce que la bétaillère les conduise à l’abattoir d’Alès ou d’ailleurs où le bourreau, soumis aux  cadences infernales, n’aura pas le temps de  les assommer avant de les égorger. Ils sont  peinards, ils n’auront  pas la CGT sur le dos. Elles sont seules, les vaches, désarmées comme l’aube qu’elles ne verront plus, l’herbe qu’elles ne fouleront plus. » Néanmoins, ça se terminera bien, car les animaux de boucherie se révolteront. L’imaginaire,lui, peut se permettre toutes les libertés.

 

 

 29 avril 2016: La Cause des vaches


Le papier d'Axelle Choffat

 

 30 avril 2016: Un écho dans le Figaro

 


 

 

Christian Laborde dénonce dans La Cause des vaches le calvaie qu'elles subissent sous la coupe de ce u'il appelle l'agrobusiness. "Pour eux, écrit-il, elles ont juste des machines à lait et à viande."(Ed. Le Rocher)

Jacques Pessis, rubrique "Les Personnages"

 

 30 avril 2016, France Culture, Répliques

 


 

 Alain Finkielkraut lit la page 113 de La Cause des vaches:  portrait du cochon et de la truie par Paul Claudel

 

 

 30 avril 2016: Les Vaches dans La Nouvelle République des Pyrénées

 


 

Les vaches pleurent aussi...

par Hélène Dubarry

 

« Les vaches pleurent, l’herbe est inconsolable ». En quelques mots, en tout début de bouquin, le ton est donné et l’ambiance se dessine. Jongleur de mots, Christian Laborde, qu’on ne présente plus, s’attaque avec virulence et mordant au calvaire que subissent les vaches, prisonnières de la folie consommatrice des hommes, « les voyous, les vauriens, les vandales, les Vanderdendur de l’agrobusiness ». Dans le viseur de l’auteur, maître de la provoc, un sujet sérieux, abordé avec une émotion profonde et indignée : la ferme aux mille vaches. Véritable aberration financière, Laborde fustige ces lois du fric qui se moquent comme d’une guigne de la vie, des souffrances, des calvaires endurés par des êtres vivants, dotés de sensibilité et pourquoi pas de raison ?: les vaches. Qui perd la raison dans tout ça ? Sûrement pas les braves ruminantes, tenant à peine debout dans leurs cages, les pieds massacrés, les cornes rognées, les yeux caves à force  de ne plus voir le jour, usées de désespoir, tout comme leurs petits, brutalement arrachés à leur mère, pour plus de rentabilité. Et les Vanderdendur, véritables concentrés d’humains malfaisants, mais ô combien réels, et si souvent croisés tous les jours de nos pauvres semaines, dorment peinards sur leurs deux oreilles, parfaitement sourds aux cris de détresse de milliers d’êtres asservis dans l’indifférence générale, pour le plus grand profit d’une industrie mortifère se voulant bien pensante. Un livre très fort, court, percutant, à l’écriture ciselée et efficace, pour une plongée dans le monde de l’absurde et de l’horreur à l’état brut. Et un vrai plaidoyer pour la campagne et les paysans, la vraie et les vrais, celle qui parfois exhale un petit parfum d’enfance nostalgique, sans être passéiste. Bref, un bouquin qui fait vraiment du bien, qui remet un peu les pendules à l’heure, mais que malheureusement ne liront pas les Vanderdendur : les tortionnaires ne savent pas lire, à part bien sûr ce qui est écrit sur les billets de banque.

 H.D.

4 Mai 2016: Les Vaches dans La Cause Littéraire

 

 

 


 

 

            Il y a eu Alès, il y a eu Vigan. Et tout récemment, il y a eu Mauléon, au fin fond du Pays basque. Après Saint-Jean-Pied-de-Port, dépasser Bunus, où jouait il y a peu encore le Théâtre National des Pâturages, ce TNP local, puis franchir le col d’Osquich. C’est là pourtant, dans ce cliché du bonheur Bio possible, que les Vanderdendur de l’agrobusiness remplissent leurs portefeuilles (cuir premier choix, qualité veau pleine fleur).

            Les Vanderdendur ? C’est le nom voltairien que Christian Laborde donne dans son nouveau pamphlet, La Cause des vaches, à tous « les voyous, les vauriens, les vandales », ceux qui ont tout pourri, tout saccagé, au mépris du paysan, « un type nourri au lolo de la terre et de l’eau, un gonze qui connaît le patois spongieux des limaces et reçoit sur son portable les textos du vent ».

Laborde est un ours, soit un homme d’enfances, de neiges et de griffes. Un poète boxeur. L’Arthur Cravan humaniste des bovidés vidés de tout le beau : leur animalité même. Il avait cogné contre la corrida. Il remet aujourd’hui les gants pour un combat d’une autre trempe. Un pamphlet ? Allez affronter Tyson à coup de poésie. Et pourtant… Dans ce combat inégal d’un David aux syllabes nues contre l’industrie lourde des Goliath de l’alimentaire, Laborde fait mouche. De celles, peut-être, qui voletaient autour du cul des vaches et que celles-ci chassaient, impavides, d’un indolent coup de queue.

            Mais ça, c’était autrefois, les mouches, les coups de queue dans les airs. Désormais il y a urgence. Car les vaches, entassées dans d’immenses usines à lait et à bidoche, sont devenues de sinistres machines vivantes uniquement destinées à produire, produire, produire, pour nourrir nos appétits d’avides carnassiers déréglés et engraisser les comptes en banque. La qualité a beau se chercher des labels, l’abattage masquer son infinie cruauté derrière les nécessités de la demande ou le prétexte du rituel (halal ou casher), c’est la quantité seule qui règle les marchés, toujours plus fière de monter sur les ergots de ses profits exponentiels.

            Car derrière la cause des vaches, c’est la cause animale tout entière que défend le pamphlet. Et les faits et les chiffres, donnés par l’association L214 notamment et que Laborde reprend, sont accablants : ici on enferme 1000 vaches (du nom de la triste ferme) et 750 génisses, dans un parangon de l’élevage moderne qui propage partout son atroce modèle ; là on coupe les becs des poules ; là encore, on écorne les veaux, on sépare les agneaux de leurs mères, on castre les porcelets dès les premiers jours et sans anesthésie. On recenserait même, fait inouï sur un plan éthologique, des cas de suicide animal (dauphin, ours…).

            On peut reprocher parfois à La Cause des vaches de tirer dans le tas, de mélanger des combats (les tilleuls coupés des bords des routes, Fukushima…), de verser dans des facilités de style ou des redondances. Voire, de manquer de rigueur argumentative. On peut reprocher à Laborde d’éluder un peu vite, et non sans un certain embarras, la question de sa propre consommation de viande. Que faire en effet devant la tentation d’une belle entrecôte ? Est-on passible du pire opprobre ? Faut-il culpabiliser jusqu’au trauma ? « Je demande pardon aux vaches. Mais si je ne sais plus trop ce que je suis, je sais parfaitement ce que je veux : arracher les vaches à l’enfer de l’élevage industriel. »

Reste que le sujet est d’une gravité et d’une urgence absolues, et qu’il faudra bien que tous autant que nous sommes, vegan ou pas, nous nous y colletions pour que l’horreur cesse et que, restaurant la dignité animale, l’homme se donne une chance de redorer la sienne, qui a sacrément du plomb dans l’aile. Et Laborde n’est jamais meilleur que lorsqu’il enfile ses gants de poète, gants de velours pour réveiller tout un rapport au vivant, à la terre, là où « les vaches sont Sylvie Guilhem », gants de boxe lorsqu’il distribue ses uppercuts de métaphores. Lire et relire ainsi le dernier chapitre, « La révolte des vaches », chef d’œuvre d’humour et de poésie, véritable utopie poético-bovine où Orwell semble récrire Corneille, avec ses nombreux enchaînements d’alexandrins blancs qui donnent à la charge révolutionnaire son martèlement têtu de métrique classique. (« Et les cuves d’acier, réputées inviolables, après être montées dans l’azur peu affable, ne sont plus que copeaux retombant sur le sol, flocon de fer foutu jonchant la ligne jaune. » Ou plus loin : « Des grognements de joie, de joie et de colère, belles bêtes courant dans le jour retrouvé. »)

Après les délires d’une industrialisation à outrance, qui s’est développée au mépris de la considération la plus élémentaire pour le vivant, c’est tout notre mode de (sur)production et de (sur)consommation qui est à repenser de fond en comble : La Cause des vaches est une cause entendue qu’il faudra bien finir par écouter.

 

Frédéric Aribit

 

6 mai 2016: Les Vaches sont dans Sud-Ouest

 


 

Une colère paysanne en faveur des vaches

 

                                                                                         Christian Laborde signe un pamphlet contre les fermes-usines. Selon lui, protéger les vaches, c’est protéger les hommes.

 

L’écrivain, essayiste, poète et journaliste Christian Laborde publie cette semaine « La Cause des vaches » (143 pages, 15 euros, éditions du Rocher), un pamphlet contre l’agrobusiness. Ce Pyrénéen de cœur y célèbre la beauté des vaches à flanc de montagne par opposition à l’élevage industriel.

 

« Sud-Ouest » Vous avez écrit des romans, célébré votre passion pour le Tour de France et Nougaro. Pourquoi un essai sur les vaches?

Christian Laborde. C’est un pamphlet. Ce n’est pas la première fois que je me penche sur la cause des animaux. J’avais écrit « Danse avec les ours » pour défendre l’ours des Pyrénées menacé par le tunnel du Somport. J’avais aussi écrit »Corrida basta ! » en défense des taureaux qui meurent dans les arènes. Certains plaident la cause d’animaux exotiques : les baleines, les éléphants…On parle moins du sort de nos voisins. Le point de départ de mon travail a été la ferme des 1000 vaches. Ce livre est une charge contre ce projet. Je livre une colère paysanne. Pour la vache, j’ai sorti mon saxo, pour l’agrobusiness, je sors les fourches.

A plusieurs reprises, vous employez le terme de « miradors ». N’est-ce pas exagéré, voire ambigu ?

Le mirador renvoie à Fleury-Mérogis. A la ferme des 1000 vaches, les vaches sont emprisonnées dans une logette de béton. Pendant cinq ans, elles ne voient pas la lumière du jour, pas la moindre herbe, pas le moindre paysan. Un méthaniseur fabrique de l’électricité à partir de leurs bouses. Puis elles sont abattues dans les conditions qu’on connaît. J’ai voulu faire l’inventaire de leurs souffrances.

Avouez qu’on est quand même loin des élevages que l’on trouve dans le Sud-Ouest.

Je dénonce l’élevage carcéral tel qu’il a  démarré en Allemagne et dans les pays de l’est de l’Europe, des usines à milliers d’animaux où se concentrent la souffrance des vaches, la pression sur les prix qui signe la mort des petits paysans, l’effet sur l’environnement. Je ne parle pas des éleveurs qui ont entre 40 et 100 bêtes dans la nature.

Ce type d’élevage en dit long sur l’état de notre société ?

Absolument. L’enfant que j’étais a vécu parmi les vaches. J’ai vu monsieur le curé les bénir. Il nous mettait tous sur le même plan. J’ai été élevé dans cette civilisation-là. La vache rumine, prend son temps. Elle me dit : « Prends le temps. »

N’avez-vous pas peur d’être traité d’homme du passé ?

Je suis un homme d’aujourd’hui qui s’oppose à la barbarie au nom d’une civilisation qui est l’avenir. Elle existe encore avec les petits éleveurs, les paysans bio ; je me sens proche de la Confédération paysanne, de José Bové. Je pense à la protection de la planète, des hommes, des animaux, de l’environnement. J’ai été marqué par Montaigne et par Saint-François d’Assise. Si nous protégeons les animaux, nous protégeons les hommes.

(Recueilli par Michel Monteil)

 

 

 

 

 

7 mai 2016 : Les Vaches à RTL

 


 

 Avocat des Vaches, je réponds aux questions de Philippe Robuchon dans Le journal de RTL

 

 

 

8  mai 2016: Les Vaches à "Vivement dimanche prochain"

 

 


 

 18h50: Michel Drucker accueille les Vaches sur son plateau

 

 

 

 

 Meuh!

 

 

 9 mai 2016: Les Vaches sont sur le net, chez Wukali

 

 

 

Le troupeau est ici

 

 

 

 9 mai 2016: Les Vaches sont dans Le Populaire du Centre

 

Christian Laborde s’en prend à la ferme-usine creusoise entre autres

 

par Laurent Bonilla

Le talentueux romancier(L’Os de Dionysos) et essayiste (Corrida basta, L’homme aux semelles de swing ) Christian Laborde est en colère et le fait savoir dans un superbe et percutant essai, La cause des vaches. Les tenants de l’agrobusiness, comme ceux qui montent en ce moment La ferme des 1000 veaux en Creuse, en prennent pour leur grade.

Christian Laborde a du punch. Son dernier essai, à la fois pamphlet contre l’élevage industriel  et plaidoyer pour les vaches, en témoigne si besoin était(ses lecteurs habituels seront en terrain familier).

Prenant appui sur la récente création d la fameuse »Ferme des mille vaches » dans la Somme, Laborde trempe sa plume dans le plomb(toujours autant de punch, donc, mais aussi de poésie) pour dénoncer cex qu’il appelle les Vanderdendur de l’agriculture, du nom du personnage du Candide de Voltaire, marchand d’esclaves.

Il dénonce e type d’élevage qui ne respecte plus l’animal et l’environnement(les témoignages horribles issus de la « Ferme des mile vaches) ne manquent pas), égratignant du même coup le projet de « Ferme des mille veaux » qui va bientôt ouvrir en Creuse.

Plus largement, Laborde s’en prend aux nombreuses fermes-usines de tous types(volailles noitamment) qui poussent comme des champignons ici et là, encouragées par la FNSEA(qu’il a rebaptisé Fédération Nationale pour la soumission et l’extinction des agriculteurs ! ), mais aussi à l’abattage rituel, cruel s’il en est, que d’autres pays, plus courageux, ont interdit.

Mais parce que Laborde a une sensibilité que n’ont pas les promoteurs de ces usines à viande( «  ces apôtres d’une idéologie arrogante et funeste, qui mène à la destruction des paysages, à l’esclavage des bêtes et au ratatinement de l’homme »), il ne se contente pas de fulminer, il chante aussi la beauté et la majesté des vaches.

Lyrique( c’est la marque de fabrique de ce gascon pur jus), l’auteur termine d’ailleurs par un beau poème de Rimbaud où les vaches tiennent le premier rôle. A des années-lumière de celui que les tenants de l’agrobusiness imposent à nos si beaux ruminants.

L. B

 

 

9 mai 2016: Les Vaches entrent en librairie au Parvis à Pau

 

 (photos: Fernand Fourcade)


 


 

 Micro, cloche de vache: slam destroy-rural pour sauver les Vaches

 

 

 

"Fermez l'usine, libérez les vaches!"

 12 mai: Les Vaches dans La République des Pyrénées

 

 

 

Parvis: "La cause des vaches" a fait salle comble


 


 

 Christian Laborde et "La Cause des vaches" ( Editions du Rocher) ont fait salle comble au Parvis, à Pau. La libraire qui menait les débats n’a pas caché son enthousiasme, brandissant un livre dont elle a salué notamment la beauté d’écriture. Dans la salle, des amoureux  des livres, des  gens qui "avaient vu l'auteur chez Drucker", et des représentants de la cause animale, comme ceux de la  Fondation Brigitte Bardot et d’Animal Cross. Ces derniers ont tenu à remercier l’écrivain : «  Ce qu’il a d’émouvant dans votre livre, c’est que vous donnez la parole aux vaches…Et il n’ y rien de plus beau et de plus efficace pour les animaux que le soutien d’un poète.» L’écrivain, chroniqueur à la NR, a répondu  à  toute une rafale de questions, a célébré la beauté et la philosophie de la vache, et pris la défense des petits paysans « oubliés par la France, ignorés par l’Europe ».

 

 

11 mai 2016: Les Vaches sont dans Aletéia

 

 

 

 C'est ici


                                          12 mai :  les Vaches sont dans Valeurs Actuelles                                                                                                             

 

                                                                                                                                               

 

 

                                                                                                                                             La danse des vaches

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         par Olivier Maulin

 

Et si les animaux d’élevage étaient devenus une cause culturelle à défendre ? Des voix s’élèvent pour dénoncer leur réduction en « machine à lait »au service d’une économie devenue folle.

On aurait tort de laisser la question des vaches, et plus généralement la question animale, aux hurluberlus de l’antispécisme, ce courant de pensée qui entend conférer à l’animal un statut similaire à celui de l’être humain et qui estime que distinguer entre un homme et un animal est faire preuve de racisme. La conception que l’on se fait de l’animal a, certes, évolué depuis Descartes, qui ne voyait en lui qu’un automate( « l’animal-machine ») dont les cris, lorsqu’on le torturait, n’étaient que la conséquence de dysfonctionnements dans les rouages et non l’expression d’une souffrance.

Mais à cet extrême répond aujourd’hui un autre extrême, qui propose de traiter les animaux à l’égal des humains et de leur conférer des droits qui empêcheraient les hommes de les élever et de les tuer. Comme le dit Chantal Delsol, «  il y a là un emballement vertigineux et déréglé de l’indifférenciation à l’œuvre dans la postmodernité ». Toute distinction(entre les cultures, les sexes, désormais entre les vivants) devient discrimination qu’il faut combattre.

Pour autant, la manière dont sont traités les animaux d’élevage dans notre société suscite de plus en plus de réactions légitimement scandalisées.

L’écrivain Christian Laborde publie ainsi un petit pamphlet contre l’agrobusiness, lequel est également un poème exalté célébrant ce paisible animal, ô combien lié aux paysages de notre pays et, partant, à son identité profonde. Dans le viseur du pamphlétaire : la fameuse ferme-usine des 1000 vaches, en Picardie. Selon le témoignage d’un ancien salarié paru l’année dernière sur le site Reporterre, les bovins y vivent dans des conditions épouvantables. Les vaches ne voient jamais le soleil ni les prés,  elles sont sales et malades, souffrent et meurent en grand nombre.

A rebours de cette vision d’apocalypse, Christian Laborde se souvient des vaches pyrénéennes de son enfance, qui avaient toutes un nom : Aubine, Cardine, Piguéte, Mascarine, Paloume, Poulide, Aricade….Il se souvient des étables à taille humaine où virevoltaient les hirondelles et où les bêtes étaient correctement soignées par les fermiers, du curé qui  bénissaient le troupeau en gascon à grand renfort de signes de croix. Il rappelle que le jour où elles regagnent les prés, après l’hiver passé à l’étable, les vaches dansent : « [Elles] meuglent, certaines levant la tête, d’autres la maintenant baissée[…].Puis, l’une d’elles, s’élance, d’un bond, les pattes avant griffant l’air vif. Lorsqu’elles touchent de nouveau le sol, ce sont celles de derrière qui à leur tour se soulèvent[…] et toutes ces vaches, et toutes ces bêtes que l’on croyait balourdes font montre, dans la lumière et le vent retrouvés, de tout leur talent, de toute leur grâce », écrit celui qui n’oublie pas de rendre hommage à Saint François d’Assise, le magnifique illuminé qui parlait aux oiseaux.

C’est cette même danse des vaches, découverte dans un documentaire diffusé sur Arte, qui a convaincu le philosophe Alain Finkielkraut de fair figurer une tête de vache sur son épée d’académicien. « Remonté contre l’élevage intensif, je ne me résigne pas à la fermeture des fermes », déclarait-il peu avant sa récpetion à l’Académie française, en janvier dernier.

C’est bien en effet dans l’élevage intensif que réside le problème. Un mode de production dans lequel il revient désormais trop cher de soigner correctement ses bêtes si l’on veut rester compétitif. Telle est la triste réalité d’un monde qui n’accepte plus aucune contrainte autre que celle de l’économie, à laquelle tout doit être soumis, et qui est prêt à sacrifier pour elle jusqu’à l’âme du pays.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               O.M.

 

 

 

 13 mai 2016: Les Vaches sont dans 30 millions d'amis

 


 

 C'est ici

 

14 mai, 15 mai: Les Vaches sont dans Le Figaro


 Christian Laborde: "Les fermes-usines? Des prisons pour les vaches."

Entretien: Eléonore de Vulpillières

 Dans La Cause des vaches, ouvrage mi-pamphlétaire, mi-littéraire, l'écrivain Christian Laborde dénonce "l'univers carcéral" dans lequel sont traités les animaux et l'agrobusiness qui les utilise comme des machines.

 

Votre livre est une dénonciation en creux de la ferme des mille vaches en Picardie. Comment décrire cette exploitation ?

- La ferme des mille vaches n’est pas une ferme. Il n’y a ni paysan, ni chiens, ni pâturages, ni ciel, ni nature. En réalité, c’est d’abord une usine. Notre monde licencie les ouvriers, et les remplace par des vaches. Mais celles-ci n’ont pas de syndicat et sont donc exploitables à merci. Leur statut correspond à celui des esclaves. Elles sont sommées de fournir du lait en permanence ; leur travail ne cesse jamais sur les cinq ans durant lesquels elles sont « utilisées ». Cette usine est aussi une prison, le Fleury-Mérogis des vaches. Elles y entrent pour n’en sortir qu’une fois : le jour de leur départ pour l’abattoir. Elles sont condamnées à la perpétuité, avant de connaître une mort dans les conditions atroces que leur infligent des abattoirs peu scrupuleux.Au quotidien, elles sont enfermées dans des logettes de béton. Or le béton est l’ennemi des vaches : elles boitent, leurs sabots pourrissent. Pour leur éviter de souffrir, on les gave de médicaments. A la fin, comme elles n’arrivent plus à bouger, on utilise des pince-hanches pour les déplacer. Notre société contemporaine progressiste a réussi l’exploit de construire sur terre un enfer pour les vaches.

La condition bovine semble avoir pâti de la modernité et de l’industrialisation. Les « vaches-machines » ont-elles remplacé les « vaches-bêtes » ?

- Absolument. Dans les fermes-usines, elles sont tout d’abord des machines à lait, puis des machines à viande, et enfin des machines à watts, par le biais de la méthanisation. L’animal est désanimalisé. C’est le retour de la théorie, fausse, de Descartes sur les animaux-machines – auxquels il dénie toute sensibilité. Quatre siècles plus tard, nous avons créé ces animaux-machines. Ce modèle concernait déjà poules et cochons. Il s’étend à présent aux vaches, et ce en Allemagne, où elles peuvent être réparties sur trois étages, ou en Europe de l’Est, où l’on trouve des usines de 5000 vaches, et maintenant en France. Les vaches ne goûtent jamais le moindre brin d’herbe, sont gavées de tourteaux protéinés, de médicaments, et d’aliments génétiquement modifiés dans le but d’accroître leur productivité laitière. Les traites interminables provoquent souvent des mammites – inflammation des mamelles. Nous sommes passés d’un élevage industriel déjà critiquable à un élevage carcéral. Enfin, la qualité du lait en est évidemment affectée et les consommateurs en pâtissent.

Vous dénoncez « l’incarcération » de vaches droguées et stressées, dans le but qu’elles produisent toujours plus de lait. Mais le pragmatisme économique n’impose-t-il pas ce système industriel vicié ?

- Ce type d’élevage n’est pas moderne mais barbare. La civilisation a développé un lien privilégié entre l’homme et l’animal. La barbarie détruit ce lien et lui substitue une production fondée sur la souffrance maximale et généralisée des bêtes. Je me souviens, petit, du curé qui bénissait les bêtes. Cela nous rappelait qu’elles étaient des créatures méritant d’être traitées en tant que telles.Pierre Rabhi (défenseur de l’agroécologie, NDLR) estime que l’agriculture n’est pas faite pour produire mais pour nourrir.Les gros bonnets de l’agro-business sont devenus les prédateurs des vaches.Les animaux ne sont pas une filière, mais des êtres sensibles à traiter comme tels. Les vaches doivent être confiées à des éleveurs, des paysans dignes de ce nom.

 Quels sont les dangers des méthaniseurs ?

- Les méthaniseurs sont des bio-réacteurs qui servent à extraire le méthane des bouses de vaches. Cette opération sert à fabrique de l’électricité que l’on vend à EDF. Les déchets produits, des tonnes d’excréments, pudiquement appelés les « digestats » sont épandus sur les terres des communes environnantes et contaminent les nappes phréatiques. L’installation d’un méthaniseur est hors de prix et pollue. A Paris, on célèbre la COP21 dans l’euphorie quand on construit des méthaniseurs à la campagne. Le contraste est frappant.

En quoi l’abattage rituel est-il problématique pour les animaux ? Est-il plus rentable que le traditionnel ?

- Il n’y a pas d’étourdissement dans l’abattage rituel. La bête est saignée consciente. Sa souffrance est décuplée. Dieu veut-il la souffrance des animaux ? Le fait de croire n’interdit pas de penser. Cet abattage n’existe que par dérogation. Si on se réfère à la demande de viande halal ou casher, il devrait concerner 10% de la viande ; or le volume de viande tuée par abattage rituel atteint 40% (bovins) à 60% (ovins) du total ! Ce qui devait demeurer une dérogation s’est généralisé. L’explication réside dans des motifs économiques : se passer d’un assommeur, c’est économiser un emploi.

 

Au retour au passé, vous préférez le « recours au passé » comme étant une arme pour l’avenir. Est-ce parce que nous l’avons oublié que notre agriculture court à sa perte ? Quel espoir existe-t-il pour un élevage responsable ?

- En effet nous assistons à un abandon du savoir-faire et des traditions agricoles. Le lien entre l’homme et la bête a été remplacé par un impératif catégorique de production. C’est perceptible jusque dans le vocabulaire employé : on n’élève plus des porcs, on « fait » du porc, on « développe une filière porcine ». Or le passé nous enseigne une manière respectueuse et durable d’élever les animaux : c’est le bio contemporain .Pourtant, des paysans continuent de faire vivre cette civilisation agricole. Mais ils sont les premières victimes de cette industrialisation qui force les producteurs à s’aligner sur les tarifs toujours moins élevés du lait imposés par la grande distribution. Les petits paysans ne peuvent suivre, ferment leur exploitation voire se suicident. Ce type d’élevage industriel fait souffrir les bêtes, ruine les petits paysans, ravage les paysages. Or les paysages de France doivent beaucoup aux paysans. Sans eux, les départementales seraient bordées non par des prairies, mais par des friches, des ronds-points et des zones industrielles et commerciales. C’est la jolie France des départementales qu’on sacrifie. « La grandeur d’une nation et son avancement moral peuvent s’apprécier par la façon dont elle traite les animaux » disait Gandhi. Les animaux sont faibles. Quand le fort protège le faible, il témoigne de la grandeur d’une civilisation. Il faut se battre pour les circuits courts et l’agriculture biologique. Les seuls combats perdus sont ceux que l’on ne mène pas…

 


 

15 mai 2016: Les Vaches sont sur France Inter

 

 

Patricia Martin défend La Cause des vaches

 

 

 

16 mai 2016, 8h20 France Inter: Les Vaches entre dans le studio de Patrick Cohen .

 

 

 

 

 

 Ecoutez-les

 

16 mai 2016: Les Vaches sont dans Marianne

 


 C'est ici

 


 Mardi 17 mai 2016: Les Vaches sont dans Libé

 

 

 

L’écrivain, poète et journaliste Christian Laborde a publié début mai aux Editions du Rocher la Cause des Vaches, la France contre les robots de l’agro, pamphlet dans lequel il attaque notamment la tristement célèbre ferme des Mille vaches ouverte l’année dernière en Picardie. « C’est une souffrance terrible, a-t-il raconté lundi matin sur France Inter. Ces bêtes sont incarcérées pendant cinq ans. Le mot « incarcérer » n’est pas trop fort. Elles sont dans des logettes de béton, elles y entrent, elles n’en sortent jamais, si ce n’est pour rejoindre l’abattoir.[…] Il y a là-dedans une cruauté absolument insupportable. »

 

Mardi 17 mai: Les Vaches sont dans Le Figaro

 

 

 

Vachement belles

par Anthony Palou

 

Hier, jour de la Pentecôte, le romancier Christian Laborde, invité de Patrick Cohen, ressuscitait nos nobles bovines martyrisées devenues code-vbarres. Il vient de sortir un livre sur le sujet, La Cause des vaches(Editions du Rocher), qui sent l’air des hauteurs, des près. Notre auteur, une fois de plus, a sorti sa fourche. Laborde est un enfant béarnais, un enfant de la nature. Lorsqu’il était petit, chez lui, on ne parlait pas d’animaux mais de bêtes. Il a vécu en leur compagnie. Il les a cajolées, il leur a caresse les cornes, le poil ou le crin, il a senti leur souffle frais et tiède qui sentait bon le foin. Oh, notre écrivain qui a du mollet n’est pas un nostalgique, il est un ruminant, c’est-à-dire un rêveur qui connaît mine de rien toutes ces cours de ferme qui ont bercé son enfance. Il a grimpé le col du Tourmalet, le col d’Aubisque. Dans son livre, il dénonce quoi ? Oh, la moindre des choses. La maltraitance de ces bêtes, de ces vaches entassées dans des logettes, ces couloirs de la mort. La Cause des vaches, sainte colère, est un pamphlet à la sauce bernanosienne, la France contre les robots de l’agrobusiness. Ce qu’il dénonce ? Cette ferme des 1000 vaches en Picardie, cette « ferme-usine » dirigée par un Vanderdendur de service. Les bovines, là, ne verront jamais le jour, se feront tirer le lait, ce lait qu’on mettra, innocemment, dans nos bols de café dégueu. Il est tout en formule, Laborde. Contacté, il dit : « Si Aymeric Caron est vegann, moi je suis paysann ! »  Ou encore : « Vive les vaches et vive aussi le bœuf bourguignon ! ». Laborde, d’Artagnan des vaches ? Les derniers mots à Léo Ferré, qui déclamait : « Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches. » Tout est peut-être là. Alors admirons nos bêtes sereines et bien élevées qui finiront, divines et tendres, dans nos assiettes.

 

 A.P.

 

 

 17 mai 2017: Les Vaches sont dans Le Courrier picard

 

C'est ici

 

 20 mai 2016: Les Vaches de nouveau dans Marianne

 

 

 


 

                                                                                                                                                                   Vive l’amour vache !

par Jean-Claude Jaillette

Il y a cent et une manières de rejeter la « ferme des 1000 vaches », modèle industriel poussé à l’extrême de l’élevage et de la production laitière. Style économie : elle ruine l’activité de 20 villages et de tout ce qu’ils apportent à l’entretien du paysage et à l’activité locale. Style écologie : ses rejets satureront d’azote les nappes phréatiques et les camions qui l’approvisionneront en soja-OGM – alourdiront le bilan carbone. Style santé publique : la concentration des animaux favorise les épizooties poussant à l’utilisation massive d’antibiotiques avec ses conséquences connues pour la santé humaine.

Et puis il y a le cri d’amour pour les vaches, tel celui de Christian Laborde dans son livre La Cause des vaches(Le Rocher). »Sous le hangar lugubre ceint de miradors électroniques avec, au-dessus, le ciel qui pleure, les vaches sont captives », écrit-il. Laborde, ami du chanteur Nougaro dont il partage le phrasé, aime ce gros animal pacifique avec qui le paysan a noué une relation privilégiée, qu’il surnomme amicalement d’un prénom de jeune fille, à qui il murmure à l’oreille des paroles d’encouragement, qu’il flatte, qu’il bichonne, qu’il respecte. « Les 100 vaches » ? Il ne s’agit pas de bien-être animal, mais de souffrance insupportable », répond-il aux financiers de l’agro-business. La cause animale a ses militants, efficace. Elle se nourrit aussi de poètes qui manient le verbe aussi durement qu’ils donneraient des coups de poing.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             J-C J.

 

 

 

22 mai 2016 : Les Vaches sont dans Le Courier Picard.

 

 

 

 

 

 

Le lait noir de la douleur et de la souffrance animale

Par Philippe Lacoche

 

Avec ses mots de poète Christian Laborde s’attaque à la ferme des Mille Vaches, et flingue le capitalisme et l’agrobusiness. Ça fait un bien fou !

On est en droit de penser ce que l’on veut de la ferme des Mille Vaches, de Drucat-le-Plessiel, près d’Abbeville. On est en droit aussi de la remercier d’exister car elle a donné l’occasion à Christian Laborde d’écrire ce succulent petit livre. Un savoureux pamphlet dans lequel il exprime toute sa bouillante et ensoleillée colère, colère solaire, solaire colère, contre cette sorte de boite hermétique et capitaliste qui enferme 750 génisses qui ne demandaient strictement rien à personne, si ce n’est de pouvoir brouter en paix l’herbe grasse de cette presque baie de Somme.

Engagé pour la protection des animaux, notamment de l’ours des Pyrénées, farouchement opposé à la tauromachie ( Corrida, baste ! Robert Laffont, 2009), Christian Laborde (qui fut l’un des nouvellistes d’été du Courrier picard) défend cette fois la cause des vaches : « La cause des vaches est un pamphlet contre l’agrobusiness et, en même temps, un poème célébrant le bel et paisible animal qu’est la vache », écrit-il dans le prière d’insérer.

« C’est aussi un conte qui s’ouvrirait ainsi : « Il était une fois une ferme horrible dans laquelle des vaches étaient emprisonnées. » Et ce conte se terminerait c’est le dernier chapitre – par « La révolte des vaches ». Mais c’est aussi le texte d’une fidélité à l’enfant que j’ai été, heureux de vivre dans le voisinage des vaches. »

Et un eu plus loin, il explique qu’aujourd’hui, «  dans notre cher et vieux pays , les gros bonnets de l’agrobusiness s’acharnent sur les vaches et leur font subir un véritable calvaire. En Picardie, 1000 d’entre elles vivent incarcérées dans une ferme-usine, reliées à une trayeuse et à un méthaniseur qui transforme leurs bouses en électricité. Chez ces gens-là, la vache n’est pas un animal, juste une machine à lait, à viande, à watts. » Christian Laborde n’est pas qu’un brillant pamphlétaire, un hussard du Sud-Ouest, fou de Nougaro : c’est aussi et surtout un poète. Et c’est bien connu, pour la société bien-pensante, arrogante, bourgeoise, productiviste, le poète-écrivain est dangereux.

Souvenez-vous de Villon, de Restif de La Bretonne et de quelques autres. Ses mots claquent, fusent. Il ne convainc pas grâce à quelque idéologie : il convainc avec ses émotions et ses mots. Il parle du « lait de la douleur ». «  Le lait de la vache que l’on trait sans arrêt. Le lait de la vache que l’on sépare de son petit dès qu’il est né. Le lait de la vache que l’on tue parce qu’elle tente de s’enfuir pour le retrouver. Ils veulent nourrir la planète avec un  lait qui nous reste un peu sur l’estomac. »

Après avoir évoqué les maladies que contractent souvent les pauvres bêtes qui subissent ce système d’élevage (mammites – infection des pis-, boiteries sévères, problèmes digestifs, etc.), il rappelle que cette belle invention des fermes usines nous vient d’Allemagne. Il ne nous reste plus qu’à nous souvenir de la charmante Marguerite de Fernandel dans La vache et le prisonnier, et la boucle est bouclée. Elle est bien triste cette société capitaliste qui martyrise ses Marguerite.

P.L.

 

25 mai 2016: les Vaches sont dans L'Obs


 

 Humeur

par Jérôme Garcin

De Claude Nougaro, son ami, son modèle, auquel il a consacré des livres filiaux et dont il transmet la bonne parole de ville en ville(il exaltera « l’Homme aux semelles de swing » au Festival d’Avignon, du 7 au 30 juillet), l’intranquille et réfractaire Christian Laborde a hérité de l’art de jongler avec les mots, la fibre jazzy, le physique de boxeur et l’accent tonique du Sud-Ouest. Même quand il râle, fulmine et part en guerre, on dirait qu’il chante, danse et s’esclaffe. Cette fois, le défenseur des ours des Pyrénées et des taureaux que la corrida martyrise se bat « pour le droit des vaches à disposer de l’herbe » et contre la ferme-usine picarde des mille vaches, ce camp de torture et de mort, ce « stalag de béton et de fer ». Avec une rage voltairienne, il vitupère « les Vanderdendur de l’agrobusiness »(allusion à l’esclavagiste de « Candide »), en appellent à tous ceux qui ont célébré la vache(de la peintre Rosa Bonheur au poète Norge, de saint François d’Assise à Roger Vitrac), se remémore les prairies laitières de son enfance, sur les bords de l’Adour, et les rues d’Aureilhan, où les belles ruminantes avaient la priorité. Comme toujours, Christian Laborde, balançant à chaque page ses « jabs syllabiques », excelle dans l’excès. La preuve avec « la Cause des vaches »(Rocher, 15 euros), à la fois pamphlet contre la dictature de la « désanimalisation » et chant d’amour à des bêtes qu’il compare à des danseuses étoiles, des coureurs cyclistes, des rockeuses, de merveilleux nuages et des messagères des dieux. Sûr que Nougaro en aurait fait une chanson punchy.

J.G.

 

27 mai 2016: Les Vaches sur dans Elle

 

 

 

C'est ici

 

 9 juin 2016:  Le téléphone sonne, France Inter

 

 

Les Vaches répondent à Nicolas Demorand

 13 juin 2016: Arte

 

 

 

18 juin 2016: France Inter

 

 

Je réponds aux questions de Denis Cheissoux.

 

 

 

 22 juin 2016: France Info

 


 

Je réponds aux questions de Philippe Vallet

 

25 juin 2016: France Inter

 

 


 

Mathias Deguelle redonne la parole aux Vaches dans L'Esprit Inter.

 

 

Derniers mots, nouveaux mots...

 

 Christian Laborde dira Nougaro à Avignon

L'écrivain, qui a défendu avec passion  « La cause des vaches »(Editions du Rocher), monte sur les planches. Au Festival d’Avignon, il sera, à 20h30, du 7 au 31 juillet, sur la scène du théâtre de L’Oulle. Accompagné par le musicien Bernard Ariu, il racontera Claude  Nougaro dans « L’homme aux semelles de swing », spectacle mis en scène par Laurent Rochut. Par ailleurs, on retrouvera Christian Laborde en juillet, au micro de RTL pour sa chronique matinale « Fenêtre sur Tour » consacré à la Grande boucle, puis en librairie, en septembre,  avec son nouveau roman,  « Le sérieux bienveillant des platanes » (Editions du Rocher)

22 juin 2016

 

 


 

Juillet 2016

 


 La cause des vaches

 


Encore un livre sur la ferme de mille vaches ? Encore quelqu’un qui s’empare DU « sujet à la mode » ? C’est la réflexion grinçante qu’on assène de plus en plusaux personnes qui se préoccupent de ce sujet, histoire une fois de plus de tenter de le décrédibiliser, le réduisant à un phénomène passager et donc, finalement, sans réelle importance.

Il est vrai, pourtant, que le phénomène est de plus en plus médiatique, révélant en cela une réelle prise en considération de la sensibilité animale par la société, mais permettant également la récupération et le traitement du sujet par des personnes en mal de reconnaissance et espérant profiter de l’engouement général pour en tirer un profit tout personnel.

Ayant effectué ce constat, on ne s’étonne pas de la suspicion qui accompagne parfois, de plus en plus souvent même, le lecteur averti et réellement préoccupé par la problématique, dès qu’il ouvre un livre consacré à la cause animale.

Ranger le livre de Christian Laborde dans la catégorie «  médiatique, sans aucune consistance  » serait une erreur tant on s’aperçoit, dès les premières pages, non seulement du réel intérêt de l’auteur mais également de la richesse des connaissances dont il nous fait part. Non seulement Christian Laborde est un poète qui fait danser les vaches façon danseuse étoile, comme Sylvie Guillem qu’il cite, mais c’est aussi celui qui les regarde, les écoute et nous raconte comme elles sont belles, comme elles prennent le temps que les humains ne prennent plus, comme elles s’enchantent du vent, du ciel et des nuages. Et puis, il s’étonne, il s’énerve, il crie, Christian Laborde. Il dénonce les «  Vanderdendur  » de l’élevage, empruntant à Voltaire le nom de ce négociant hollandais, maître de l’esclave noir que rencontre Candide, ceux qui parquent les animaux dans des « stalag», abréviation de Stammlager, « camp ordinaire », où pendant la seconde guerre mondiale étaient détenus les soldats et les sous-officiers…

Plein de références sérieuses, plein de poésie, plein de colère, Christian Laborde part des vaches et nous donne sa vision du monde, toute empreinte de nostalgie, mais comme il dit : « la nostalgie, oui,

mais de l’avenir ! » rétorquant ainsi à tous ceux qui voudraient lui prêter des dictons de vieux «  faux-sage  » qu’il n’a jamais porté de pantalons en velours côtelé, et, qu’accessoirement, il se souvient, ému, du temps où les fermes avaient toutes une 2CV et un chien dans la cour, et où l’on n’abattait pas les allées de tilleuls pour permettre le passage des convois exceptionnels.

L’ouvrage se lit d’une traite, on y prend plaisir, on sourit, on s’énerve, on s’attriste. Si plusieurs thèmes y sont abordés, on n’y lit pas du tout un mélange des genres, mais on comprend le lien que l’auteur effectue entre toutes ces aberrations et dont la cause n’est autre que la course effrénée vers un but non identifié, de notre société, où plus rien n’étonne. On ne s’étonne donc, pas, non plus, de la fin apocalyptique à la Georges Orwell de La ferme des animaux où Laborde libère les 1000  vaches qui, à leur tour, délivrent leurs frères cochons et rendent hommage à toutes les victimes animales de la folie humaine, devant les morts humains qui sont, eux aussi, morts de rire, alors que les mamies les encensent tout en critiquant les vivants.

Mêlant comique, science, poésie et triste vérité, ce livre, dont on ne peut que recommander

la lecture, finit par émouvoir tant il est vrai et sincère et tant on a envie de faire sienne la maxime de son auteur poète et esthète, amoureux de la vache, des tilleuls et du ciel.

« I love you, la vache ».

                                                                                                                                                                                                                                                                                             Anne-Claire Lomellini-Dereclenne

 2 septembre 2016


 

 

 

Décidément, le pognon emporte tout. On s'était peu à peu résigné à la mort du monde rural d'autrefois, à la fin des paysans; c'était déjà difficile car c'était biffer d'un coup des siècles d'histoire, tirer un trait sur nos paysages et nos traditions. Pour certains, notamment les champions de l'agrobusiness, tout cela n'est pas suffisant. Ce qui compte, n'est-ce pas, c'est le rendement, ce sont les milliers de litres de lait collectés chaque jour que Dieu fait et, tout au bout de la chaîne, la viande qui sera désossée, découpée, charriée, hachée pour finir chez le boucher ou sur l'étal de la grande surface. Afin d'aller toujours plus vie, des paysans qui n'en sont pas ont pensé raccourcir, brûler les étapes.

A quoi bon, par exemple, permettre aux vaches de se dégourdir les pattes dans une prairie? Mieux vaut qu'elles demeurent astreintes 24heures sur 24 à leur poste, qu'elles mangent, boivent et donnent du lait. C'est ce à quoi ont songé les concepteurs de la ferme des mille vaches, en Picardie. Christian Laborde ne peut se résigner au sort si tragique de ces troupeaux qui jamais ne connaîtront le bleu du ciel et la verdure des pâturages. Il en appelle à notre humanité, à notre conscience d'être sensibles.

La cause des vaches n'est pas seulement un cri du coeur poétique consacré à la défense des droits des animaux, c'est surtout un essai s'attachant à la sauvegarde de l'humanité de l'homme, afin qu'il ne s'ensauvage pas et ne sombre pas dans des délires prométhéens. Parlant des vaches, le livre se consacre à l'homme.

Ce beau texte, un tantinet nostalgique, même si l'auteur s'en défend, nous renvoie à l'époque où les cours de fermes sentaient la paille fraîchement coupée et les vaches portaient un nom, pas un numéro. Les vaches ne sont pas sacrées, rétorqueront les tenants de l'agro-business! Justement si! répond Laborde. La preuve, c'est qu'enfant il a vu "monsieur le curé bénir le bétail dans les fermes et leur parler du paradis"

Pierre Compagnon

 

 

 

1-7 septembre 2016

 

 

 

Dans un petit ouvrage La Cause des vaches, le romancier et poète, Christian Laborde, célèbre la beauté des vaches et leur voisinage. Il raconte ses souvenirs d'enfance dans les Pyrénées lorsque les campagnes n'étaient pas asservies à l'agrobusiness. Ca sent la vie dans l'étable et les pâturages. Un temps où l'homme était heureux de travailler avec ses mains et de garder les pieds sur terre. Pour l'auteur, la vache n'est plus un animal mais une machine à lait et à viande élevée hors sol  dans des fermes-usines entièrement robotisées. Ce pamphlet écrit comme un conte défend les vaches et, à travers elles, une agriculture et un environnement menacés par les dérives de l'agro-industrie.

François Belloir

 


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