Christian Laborde

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Gilles Ortlieb

le 01/08/2010


ortlib_gillesEnfin un poète qui marche et regarde, un poète avec des yeux et chaussé d’espadrilles. Il s’appelle Gilles Ortlieb, il est né en 1953 au Maroc, et la pleine poignée de poèmes qu’il nous offre s’intitule Place au cirque.

Place au cirque (Ed. Gallimard) nous dit que le spectacle est dehors, qu’il n’est d’autre piste que le monde, d’autres chapiteaux que ces paysages succulents que nous regardons bien moins que nos montres. Gilles Ortlieb refuse d’accélérer, de sprinter si bien que rien ne lui échappe, ni « les rives de Namur où la brique se déploie » , ni « l’affiche [qui] promettait un grand concert de Georges Chelon à Briey », ni « [la] pénombre diluée sur les toits de Jemeppe-sur-Sambre, en deçà de Mons ». Rien n’échappe à Ortlieb, et l’on écoute, avec lui, « le cliquetis des chaînes qu’on cadenasse à l’heure où de vieux chiens à la démarche empêchée renâclent à rentrer ».

Ortlieb marche, multiplie les étapes, les haltes, fait un saut à Fameck, file sur Collioure et saisit le merveilleux où il se trouve : partout. A l’heure du grand parking planétaire et du cœur desséché, qu’il est bon de se voir offrir, dans une langue merveilleusement lisible, un tour du monde.

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