Christian Laborde

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Corrida basta !

le 21/08/2010

Editions Robert Laffont

Pamphlet anti-corrida étayé, musclé, définitif par un écrivain insolent et irrespectueux.

Convoquant Gandhi, Zola, Victor Hugo ou Marguerite Yourcenar, un pape, des biologistes, le Dalaï-Lama, des imams ou Saint-François d'Assise, l'auteur engage le procès des courses de taureaux par un très rude réquisitoire et accuse les hommes et les femmes politiques qui les protègent.

S'appuyant sur les écrits de psychologues et d'ethnologues, il démontre la nocivité d'un tel spectacle pour le mental des jeunes comme pour celui des adultes. Enfin, son humour et ses sarcasmes se déchaînent quand il s’agit des amateurs, du public des férias, de leurs beuveries et de la musique qu’ils aiment. C'est ainsi que lorsqu'il évoque la beauté, la grâce des taureaux en liberté ou celles des chevaux, il devient un poète sans que jamais son lyrisme ne soit ridicule. Voici un procureur dont le style traduit la fureur et dont l'émotion égale le talent.

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Parution : 9 avril 2009
Format : 135x215 mm, 144 pages, 16 €
ISBN : 978-2-221-11090-4

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Mots, notes, infos et autres sagaies

Le Figaro, 25 mai 2009

Corrida, basta!, par Sylvain Tesson.

On connaît la pauvre ritournelle bégayée sur l'air de l'identité et de la tradition: dans notre monde aseptisé par le matérialisme, la corrida serait l'ultime espace où se manifesterait la dimension tragique du destin humain, sa noblesse, sa beauté, sa violence. Le torero, dernier Mohican de la société efféminée, se tiendrait, seul, debout dans la lumière - torse doré, fesses moulées -, portant sur ses épaules l'écrasant héritage des temps héroïques où l'home ne déniait pas à la mort sa part de beauté. Les valeurs immémoriales, le geste chevaleresque, l'esthétique archaïque, la mystique du trépas se seraient réfugiés dans l'arène. Passé les voûtes de pierre, l'aficionado replongerait dans le triste monde emasculé(lui aussi!)des épiciers et des comptables. La ragoût du sang, de la testostérone et de la bave nous est ainsi toujours servi sur le plateau du lyrisme. Mais les toreros s'attribuent un peu vite l'exclusivité de la résistance à l'affadissement du monde. Ce qu'ils  oublient, c'est qu'il est bien des activités où l'homme - bien mieux que le torero - joue le funambule sur les parapets de la mort, se mesure à la force du destin sans engager dans la partie un autre que lui-même. L'alpiniste solitaire, le parachutiste de falaise, le kayakiste de haute mer, le plongeur spéléologue n'ont pas besoin de vivats. Ils conspuent le barnum. Ils accomplissent leur art dans une arène austère et silencieuse: la paroi, le grand large, le gouffre. Ils renouent avec les gestes païens qui célèbrent l'indifférence et la beauté des éléments. Ils souscrivent au vieux souci prométhéen du dépassement et de l'accomplissement. Ils ne refusent pas la souffrance, mais la réservent à eux seuls. Ils ne refusent pas non plus la sanction mais n'auraient pas l'inélégance ni la lâcheté de déléguer à un autre le risque de mourir. Qu'on ne vienne donc pas nous rabattre les oreilles avec la prétendue sauvegarde des vertus antiques par les matadors. Si l'on veut se convaincre de l'urgence de faire taire ses braillards huralnt dans les arènes, il faut lire l'ébouriffant pamphlet de Christian Laborde, Corrida, basta! Une ruade de hussard qui laisse tous les tartuffes de la tauromachie panteler. Laborde plante somptueusement sa plume dans l'échine de ces gens qui osent tenir la corrida pour un duel à armes égales. Il convoque les poétes, les anarchistes, les philospophes, les papes et les saints, les amoureux de la beauté qui n'ont pas besoin de voir souffrir les bêtes pourse sentir des hommes. Laborde fait mal. Les toreros vont se sentir piqués. Au vif. Déjà, Simon Casas menaçait dans le Figaro magazine du 2 mai dernier de traduire l'écrivain en justice(et non en duel, ce qui pour un esthète manque de panache). Décidément, ces gens ne supportent pas les charges.


Sud-Ouest (11 mai 2009)

Laborde estoque la corrida

par Thomas Longué

Le titre, « Corrida, basta ! » annonce assez la couleur de ce pamphlet nerveux, stylé et très documenté. Elle est du rouge sang que le taureau laisse sur le sable de l'arène. Avant d'y mourir. Car sous les olé ! ou les sifflets, c'est égal : il y meurt pour ainsi dire toujours. Même, apprend-on - car le Béotien apprend beaucoup dans ce plaidoyer anti-tauromachie -, quand la bravoure de l'animal le fait gracier, selon le cérémonial prévu. Mais, explique Laborde qu'horripile tout ce tralala à paillettes, c'est pour la galerie. En fait, le « taureau brave » finit à un tel degré d'agonie qu'il n'y survit généralement pas.

La colère de Christian Laborde n'est pas pour la bête qui meurt - l'auteur ne se revendique nullement végétarien et dès lors que la vache est tuée proprement... - mais pour la créature qui souffre. Or il souffre, le taureau dressé par l'homme pour le combat. Et ce, dès avant son entrée dans l'arène, où, si nécessaire, on lui a rectifié les cornes en les sciant à vif ; il souffre selon un processus clinique que Christian Laborde décrit avec une précision... chirurgicale.

Quelques coups d'une plume acérée et 137 pages convertiront-ils un seul aficionado ? Voire. En tout cas, Laborde, Béarnais de Bigorre, ôte à ceux de ses frères sudistes dont le spectacle tauromachique n'est pas non plus la tasse de thé, cette sorte de scrupule, de fausse honte qu'ils ont, dans les dîners en ville, à ne pas partager l'une des passions supposées de leur race... Vu que pour un aficionado parigot qui ne manquerait pas la feria de Vic-Fezensac, la corrida est forcément dans les gènes d'un vrai mec du Midi. Forcément.

Chorégraphie charognarde 

Le réquisitoire de l'avocat général Laborde fait justice de l'aspect « tradition » de la tauromachie. Il le rappelle aux uns et l'apprend aux autres : les premières corridas en France eurent lieu en août 1853, à Bayonne, pour complaire à l'épouse espagnole de Napoléon III, Eugénie de Montijo. Ah ! les traditions. Il est aussi de coutume, dans une localité ibérique, de précipiter une chèvre vivante du haut d'un clocher. De tels charmants usages, l'auteur en fournit tout un inventaire.

Christian Laborde en fait d'emblée la question de fond : « L'homme est-il encore un homme, un être de culture, un honnête homme quand il écorche, humilie, torture et tue un animal afin que jouisse la plus grande salope que la terre ait jamais portée : la foule ? »

Bulle de pape

Si la tauromachie est un art, où est l'oeuvre ? interroge Laborde. Qui joue sur tous les tons pour dénoncer cette « chorégraphie charognarde ». « Prohibito agitationis taurorum... » : on s'amusera de trouver in extenso le « slam papal » (sic) de Pie V publié en 1567 contre « ces sanglants et honteux spectacles dignes des démons et non des hommes ».

Laborde donne aussi à s'interroger, à travers la réflexion d'une trentaine de psychiatres et psychologues, sur « l'accoutumance à la violence », « la fragilisation du sens moral » et « la perturbation du sens des valeurs » que peut susciter une corrida chez un enfant accompagnant ses parents aux arènes.

François d'Assise, Victor Hugo, Charles Trénet : en convoque-t-il, Christian Laborde, de hautes consciences ! Pour dénigrer ces aficionados qui le plongent dans l'affliction...

T. L.

Mercredi 6 mai

Siné Hebdo

               Siné continue à semer sa zone

"Un pamphlet écrit avec une kalachnikov et un saxophone. La kalachnikoc pour le torero, le saxophone pour le taureau."(En espérant que ce sera le "Bird" ou "Coltrane") On ne peut qu'être conquis quand on lit, au dos de la couv du "Corrida, basta!" de Christian Laborde, ce petit texte publicitaire. Le livre est un pur régal! C'est le bouquin qui manquait pour détruire définitivement cette race de crevures que sont les toreros! Olé " Gloire à tous ces taureaux qui ont vengé, vengent et vengeront leurs frères assassinés dans des arènes pour une mini flaque au fond du string d'une poignée de connes, pour un peu  de tension dans le slip kangourou des connards qui les sautent! " Christian Laborde, dans un style d'une rare sauvagerie, comme j'apprécie, dézingue la " chorégraphie charognarde" de la corrida avec un rare bonheur. J'aurais aimé écrire ce livre. Trop tard.

                                                                                           Siné

 

Le Nouvel Observateur

 

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