Christian Laborde

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Chiendents N°10

le 24/04/2012

Roger Wallet et toute l'équipe de la revue poétique Chiendents, publiée par les Editions du Petit Véhicule, sises 20, rue du Coudray, à Nantes, ont bien bossé. Le N° qui m'est consacré  est bouclé. Et j'ai déjà comme une putain d'envie de me la péter . Il s'agit du N° 10, et il sortira en avril. Voici l'étiquette de couverture:

 

 

 

et le sommaire:

 

 et l'article de Charles Ficat:

 L'ours percussionniste

par Charles Ficat

 

 La seule évocation du nom de Christian Laborde suffit à évoquer aussitôt un univers familier où règnent une syntaxe rythmée, une pensée jazz et un désir de tout embraser. Au fil de ses livres et de ses nombreux articles qu'on ne saurait négliger parce qu'ils participent à l'extension de sa zone de combat, l'auteur de L'Os de Dionysos s'est composé ce territoire personnel qu'il arpente, laboure et retraverse avec une fougue intacte depuis l'origine. Son enthousiasme, son amour de la vie, l'éclat de son indignation se maintiennent avec les années qui passent.

Sa capacité d'admiration s'accompagne d'une fidélité qui résiste à toutes les épreuves. Quand Laborde aime, c'est à la folie - ainsi sa passion intacte pour Nougaro -, ce qui ne l'empêche pas de s'émerveiller lorsqu'un nouveau venu débarque sur la scène à condition qu'il s'adonne à son art avec toutes ses tripes.

Laborde est à la fois une voix et un musicien. Ses textes méritent d'être lus à voix haute pour en faire ressortir les sonorités heurtées, mais toujours chantantes. Les percussions colorées de ses mots n'en finissent pas de résonner. Ce fut bien naturel de le retrouver face au public à l'occasion du spectacle Vélociférations, je me souviens du Tour. L'idée de scène est omniprésente dans son art - même dans la solitude de la composition. De l'écriture, de la parole - chez lui les deux disciplines tendent à se confondre - Laborde est un performer.  Débordant d'énergie, il conçoit le monde comme un ring où répondant aux coups de la mièvrerie médiatique il se débat avec ses gants de styliste jusqu'à l'épuisement. Laborde n'est pas du genre à lâcher le morceau. Il n'y a qu'à observer son ardeur à défendre dans la presse les cyclistes empêtrés dans les affaires de dopage. La beauté du geste l'emporte sur les considérations secondaires.

Nombreux sont ceux qui l'on connu au tournant des années 1990: le scandale de L'Os de Dionysos lui avait ouvert les portes de la renommée. Son nom s'imposait parmi les écrivains de sa génération. Ses articles remarqués dans L'Idiot international lui offrirent une tribune supplémentaire que d'éclatantes prestations télévisées vinrent conforter: inoubliable passage à Stars à la barre en 1990 avec sa défense de Jean-Philippe Casabonne. Les poèmes en prose d'Aquarium approfondirent une veine surréaliste que la lecture de Breton avait déclenchée. Suivirent une série d'ouvrages sur les ours, le vélo, les Pyrénées, la corrida et des romans, tous rédigés de cette encre fougueuse, qui lorsqu'on les ouvre, réveillent la même émotion que lors de la première lecture. L'on esquisse alors un sourire, soulagé de retrouver l'humour et la joie qui se dégagent de ses pages.

Des sommets pyrénéens qu'il n'a jamais abandonnés, Christian Laborde rappelle au monde formaté par le conformisme les vertus de la liberté, le courage de la rébellion authentique et le plaisir infini du jeu des syllabes, le propre des poètes.

C.F

 

Roger Wallet m'indique que la reliure de Chiendents est "une reliure à la chinoise et à cheval". A la chinoise, comme une jolie fille. A cheval, comme d'Artagnan!


 

 Vous pouvez commander ce N°, au prix de 4 euros(+2 euros de port; chèque à l'ordre de EPV) à:

Editions du Petit Véhicule

20, rue de Coudray

44000 Nantes



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