Christian Laborde

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Bonheur

le 13/01/2021

Un village, un écrivain, un journal, un éditeur: Bonheur

 

 

 

 

 

 


 Petite histoire du roman

Confinés, masqués, privés du sourire des autres, soumis au couvre-feu, nous avons plus que jamais besoin d’histoires. Des histoires qu’on nous raconterait, chaque matin, dans nos cuisines. Qui entre, chaque matin, dans nos cuisines, et pourrait  nous raconter des histoires ? Le journal. Fort de  ce constat, Christian Laborde contacte La Nouvelle République des Pyrénées. Il vient de terminer l’écriture d’un roman, Bonheur. La Nouvelle République des Pyrénées le publierait-elle dans ses colonnes ? La  proposition enthousiasme la rédaction. Elle va pouvoir donner à ses lecteurs autre chose que des mauvaises nouvelles, leur proposer d’autres  mots que ceux des épidémiologistes, leur offrir quelque chose de plus excitant qu’une déclaration du  ministre de la santé : un feuilleton. Bonheur a paru, en feuilleton, dans  La Nouvelle République des Pyrénées, du mardi 1er décembre 2020 au mardi 2 février 2021.

 


Le roman

Un héritage permet à Julien Beausonge de quitter la région parisienne pour le Sud. Il débarque à Ossun, dans le 65. La  demeure dont il a fait l’acquisition  est une des plus anciennes du village. Chaque pièce raconte l’histoire d’une famille qui, peu à peu, devient la sienne. Qu’il sillonne les chemins du Plateau de Ger, qu’il perce le secret d’une chambre close dont il a par hasard retrouvé la clé, Julien se sent revivre, renaît, marche vers son bonheur. Un bonheur qu’il devra défendre…

 « Ce qui frappe chez Christian Laborde, troubadour de l’Adour, swingueur intempestif  qui a su faire à l’occasion danser la langue avec ses compatriotes et amis du Sud-Ouest comme Nougaro ou le jazzman Bernard Lubat, c’est une forme de constance. Il est toujours en guerre, depuis presque trente ans, contre l’ennemi le plus dangereux qui soit : le désenchantement du monde. » 

Jérôme Leroy

 

23 février 2021

 


 

Laborde a trouvé le bonheur du côté de Ger

 

Dans son dernier roman publié en feuilleton, Christian Laborde arpente explore le plateau de Ger. Tout un pays fait d’histoires que découvre un Parisien déserteur.

Christian Laborde a trouvé l’adresse du bonheur ! On ne s’étonnera pas de découvrir qu’il est entre Bigorre et Béarn pour cet écrivain qui n’a jamais quitté ni l’accent, ni le pays. Dans son dernier roman, « Bonheur », écrit avant le confinement, il imagine une histoire pourtant furieusement tendance. Celle de Julien Beausonge - ça ne s’invente pas - qui décide de quitter Paris à la faveur d’un héritage. « C’est l’histoire d’une désertion, de quelqu’un qui ne supporte plus cette épilepsie sociale danslaquelle il ne trouve pas sa place », résume Laborde. Beausonge rêve du Sud, comme beaucoup de citadins piégés, dont beaucoup voudraient franchir le pas depuis la crise sanitaire. Mais là n’est pas le sujet. Le sud, Beausonge le rêve comme la chanson de Nino Ferrer. Sauf que ce n’est ni la Toscane, ni l’Italie, ni même Montcuq dans où s’était retiré Nino, mais Ossun, près de Tarbes. Beausonge achète la vieille maison du village, celle avec cour en galets, avec portail imposant qui annonce l’ouverture d’un univers. Il l’appelle le Petit Manoir, et va découvrir à la fois le lieu et la famille qui l’a habité. Le reste du temps, plutôt que de courir les sentiers battus des touristes vers les Pyrénées (qui le méritent cependant), Beausonge prend son vélo et découvre un autre univers, celui du plateau de Ger. Un lieu d’aventures, qu’il arpente avec son vélo Singer (oui, c’est une vraie marque). On ne s’étonnera pas de voir un vélo dans un livre de Laborde. Mais Beausonge, c’est du cyclotourisme, pas les épopées du Tour dont nous régale aussi Laborde. Son lyrisme, il le met ici au service de l’herbe, de la lande, de la terre plate, des hiboux et du gave. Ce sont les grandes échappées de Beausonge, qui trouve, sur le plateau de Ger et sur son Singer, son bonheur. Les noms des hameaux et des villages défilent. Les histoires aussi. Les feux inexpliqués et « diaboliques » de Séron, les punchlines de la Vierge à Bernadette, les histoires aussi des Dembarrère, la famille qui a longtemps habité le Petit Manoir. Mais la vie ne s’écoule jamais si paisiblement. Dans « Bonheur », Laborde parle d’un combat : celui contre une porcherie industrielle, combat que Beausonge embrasse pour défendre son coin de paradis. Les chapitres courts n’ont rien d’un hasard. Son roman fini, Christian Laborde a eu l’idée d’en faire un feuilleton. C’était pendant le confinement, et nos confrères de La Nouvelle République des Pyrénées l’ont publié, comme aux grandes heures du genre, quand Balzac y excellait. « A l’heure des click and collect et des librairies pas toujours accessibles dans les petits villages, je voulais que cette histoire rentre dans les cuisines des villages », explique Christian Laborde. « Bonheur », qui raconte autant l’histoire de Beausonge que celle d’un pays, y a tout à fait sa place.

Nicolas Rebière

 

25 février 2021

 

 


 

 

 

À Massey, ils trouvent leur « Bonheur »

 

Une dizaine d’exemplaires du livre "Bonheur" écrit par Christian Laborde, a été déposée sur plusieurs bancs du jardin Massey. "Au petit bonheur la chance", est ainsi nommée l’action de ce mercredi. Menée par les éditions Cairn, l’initiative est une alternative aux traditionnelles séances de dédicaces en librairie, impossibles aujourd’hui avec cette situation sanitaire.

Le bookcrossing, cette nouvelle manière de consommer les livres, a été revisité par Johanna, chargé de communication pour Cairn. Près de l’orangerie, du kiosque ou du boulodrome, elle a déposé des exemplaires pour les partager aux Tarbais qui passeront par là. "Le but c’est de trouver le livre par hasard sans qu’il y ait une recherche". En bonus, une dédicace de l’auteur à l’intérieur : "Vous qui passez au Massey, voici sur un banc déposés, des mots buissonniers".

C’est le livre en lui-même qui a amené à la réalisation de cette action. Il met en scène un personnage qui dans sa nouvelle maison à Ossun, trouve "au petit bonheur la chance" des carnets manuscrits. Inspirée par l’histoire, Johanna a voulu recréer ce hasard au jardin Massey, synonyme de "lieu de rencontre". Le partage est le maître mot de l’action, il est question en cette période compliquée de "toucher les lecteurs sans les toucher physiquement".

La ville de Tarbes est aussi emblématique. L’aventure de "Bonheur" a débuté dans les pages de la Nouvelle République des Pyrénées avant d’être éditée par Cairn. C’était donc logique pour Johanna de "revenir dans ce lieu si important pour le livre".

L’œuvre est donc à disposition de tous ceux qui oseront le prendre. C’est le cas, d’une abonnée de la Nouvelle République qui est venue spécialement pour trouver le livre dédicacé. "C’est bien de proposer des initiatives comme ça".

Coline Martin.

 

 Dimanche 7 mars 2021

 

 

 

 

Laborde se pose avec « Bonheur » à Ossun

 

Christian Laborde, plus que jamais poète dans ce texte court, encense les réalités terriennes et célèbre le Plateau de Ger et les Pyrénées.

Avec Laborde, la poésie roule sous les cailloux, l’air vif des Pyrénées et la rotule douloureuse du cycliste. Le narrateur, endolori par la mort de sa mère, achète une belle bâtisse à Ossun. La poussière des planchers chatouille sa curiosité, une chambre close l’intrigue, celle d’une jeune fille morte à 17 ans.

Il remonte l’histoire des anciens propriétaires, ces Dembarrère qui, comme tant d’Ossunois, sont allés chercher fortune au Venezuela. Il farfouille, sans en faire une obsession. Se laisse absorber par cette maison vite aimée, ce Plateau de Ger qu’il apprivoise sur sa Singer.

Bonheur, c’est exactement le sentiment que suscite ce texte, publié, en feuilleton l’an dernier dans « La Nouvelle République des Pyrénées ». Bonheur et délectation. Celle des plaisirs simples que Laborde décline, à travers ses œuvres : le vélo(il est l’auteur d’un « Dictionnaire amoureux du Tour de France »), le blues, la Gascogne, la nature, dont Nougaro disait qu’il parle avec « une langue de couleurs ». Et les odeurs brutes de la campagne, quand s’équilibrent les forces animales et humaines, qu’il craint quand elle se laisse happer par la démesure des hommes…

Isabelle de Montvert-Chaussy.

 

Dimanche 7 mars 2021

 


 

Magicien des mots, jongleur de la rime, marchand d’images désormais écrites noir sur blanc et en toutes lettres, se plonger dans la prose de Christian Laborde est toujours l’assurance d’un beau voyage. Et heureux qui comme Ulysse arrive dans ce petit village des Pyrénées, connu pour son aéroport international et jadis pour un éleveur de Labrit des Pyrénées un peu irascible (l’éleveur, pas les chiens… c’est une histoire vraie). Julien Beausonge est notre Ulysse et devient par la grâce d’un héritage, l’heureux propriétaire d’une belle maison de maître à Ossun. C’est la maison du bonheur, et il va très vite s’y sentir à l’aise. Quand on a vécu en région parisienne et qu’on s’installe ici, le spectacle, c’est tous les jours. La nature est généreuse et il n’y a qu’à tourner ses yeux vers le Sud et sa majesté Pic du Midi pour que, quelle que soit la saison, sa journée se déroule de la meilleure des manières. Christian Laborde a doté son héros d’au moins deux qualités. Comme l’auteur, il n’est pas insensible à la beauté naturelle des lieux. Et comme l’auteur, il avoue une passion immodérée pour la "petite reine". Et c’est en chevauchant un magnifique vélo signé Alex Singer que notre Ulysse commence son odyssée sur les petites routes des Pyrénées. Et là, il n’y a qu’à suivre l’auteur qui connaît comme sa poche ces fins rubans de bitume qui serpentent et s’enroulent autour des montagnes. Il sait où il faut porter l’effort, où il faut se laisser glisser. Et il connaît également tous les détails historiques et géographiques qui donnent du sel à la sortie et la rehausse d’un supplément d’âme, vrai et seul moteur des passionnés de la petite reine. Pour Julien, à ces découvertes sportivo-géographiques, c’est aussi l’occasion de plonger dans l’histoire. Et chaque pièce de sa nouvelle demeure raconte un pan du passé. "Bonheur" se déguste comme un livre à l’ancienne, passeport poétique pour aimer encore plus ce pays haut en couleur, haut en altitude, les Hautes-Pyrénées. Et quand c’est le "troubadour de l’Adour" qui raconte, on croit entendre son accent généreux et chantant, cette générosité qui vient du cœur, cette jubilation érudite et contagieuse. C’est ça le bonheur des mots !


 

13 avril 2021

 

 

 

 

« Ce soir, je me régale en lisant "Bonheur", le dernier livre de Christian Laborde. »

Robert-Walter Redeker

 

 

Mercredi 12 mai 2021

 


 

 

Christian Laborde déborde de talent(s)

par Philippe Lacoche

L’écrivain-poète, conteur du Tour de France et ami de Nougaro, sort deux livres foisonnants : un roman, et un recueil de proses et de poèmes.

Ecrivain ? C’est certain. Homme de scène ? C’est évident (son spectacle qui rend hommage à son ami Claude Nougaro le prouve) ? Poète ? C’est avant tout ça. Poète. Christian Laborde est un poète. Il fait swinguer les mots, des mots gorgés de soleil et d’eau de la Garonne ; il fonce dans la volière de la grammaire et dans l’étable de la syntaxe, poursuit le coq et culbute l’âne, ces si bonnes bêtes qu’il aime tant. Il tourneboule le sens, les sens, et fait tourner nos sangs. Lire du Laborde en son for intérieur perd de sa saveur ; il faut le lire à voix haute, le Laborde. C’est là – comme le corps – qu’il exulte.

Les deux livres qu’il nous propose nous le rappellent avec force et vigueur. Un roman, sobrement intitulé « Bonheur », paru chez Cairn, et un recueil de poèmes, de proses, de courts récits, manière de bric-à-brac, de bricoles, de bidules, de bibelots, fort bien baptisé « Le Bazar de l’hôtel de vie », édité par le tout aussi bouillonnant et créatif Eric Poindron dans sa collection Curiosa & caetera, au Castor astral. Dans le premier, il nous invite à suivre les pérégrinations de Julien Beausonge. Celui-ci quitte la région parisienne pour s’établir à Ossun, dans les Hautes-Pyrénées. Il a acheté l’une des plus vieilles maisons du village ; elle comporte ses secrets, ses zones d’ombre bien nécessaires dans ce village ensoleillé. Il finit par découvrir l’histoire d’une famille. Ainsi, il nous promène du XIXe siècle à la guerre de 14-18, tout en revenant, rêveur et réjoui, dans notre époque. Sa quête, on le comprend au fil des pages, n’est rien d’autre qu’une patiente recherche du bonheur. Son texte, lui, n’est qu’intense poésie. Là, « l’aube griffe les volets » ; un peu plus loin, il nous apprend que le chien berger des Pyrénées comprend le gascon ; plus loin encore, « la pluie se jette sur la tête sèche des cailloux ». C’est beau comme du Nougaro, goûteux comme du Corbière (Tristan).

Poésie totale, encore et toujours, avec son Bazar de l’hôtel de vie (quel beau titre !), le second opus. C’est là que « Laborde déborde », comme le brocardaient gentiment ses petits camarades de classe primaire. Il convoque Maurice Debroka, tandis que « le vent frôle nos tempes ». Il conspue avec bonheur (et on est en droit de ne pas lui donner tort), les 4x4, ces véhicules machistes, pollueurs et grossiers pour se fendre d’une ode à la chère 2 CV, affirme haut et fort que l’Etat devrait nationaliser Citroën et nous imposer la conduite de l’adorable et inoubliable automobile. Puis, il rend un émouvant hommage à Yvette Horner, notre regrettée petite reine de l’accordéon et du vélo, célèbre la nostalgie qui n’est autre que « le passé qui fait la noce » et nous édifie sur le mot foufoune. Son bric-à-brac de courts textes, notes éparses, récits de spectacles nous remplit de plaisir. On ne s’en lasse pas.

 

 Vendredi 14 mai 2021

 

 

 

« Sachez que j’aime beaucoup votre façon de pédaler, vousne pédalez ni comme un travailleur ni comme un sportif. Sur un vélo, le travailleur et  le sportif n’ont qu’un but : arriver. Seule la destination compte pour eux, qu’il s’agisse du boulot ou de la ligne d’arrivée. Vous, c’est différent. On devine, à votre position sur le vélo, à cette façon de regarder autour de vous, que seule la sortie a de l’importance, la sortie c’est-à-dire le mouvement et le paysage. »

Que celles et ceux qui se reconnaissent dans cette façon de pédaler, s’emparent illico de ce livre dont le titre à lui seul est un gage de « Bonheur ». L’objet déjà. Agréable en main, d’un format facile à trimballer partout, une couverture avec rabats pour marquer la page au moment de la sieste , il est comme une invitation à la lecture, de celle qu’on savoure. Ce n’est pas à proprement parler un récit de voyage, une de ces aventures au long cours qui nous font transpirer en gravissant les cols avec le narrateur. Non, « Bonheur » est le reflet de sorties toutes simples, celle de Julien Beausonge sur sa monture, une Singer s’il vous plaît. Suite à un héritage, il quitte paris et débarque àOssun, dans les Hautes-Pyrénées, où il a fait l’acquisition de l’une des plus anciennes demeures du village dont une pièce, close, recèle un secret. Il va sillonner le plateau de Ger pour lever le voile sur ce mystère. Julien se sent revivre, il marche vers son bonheur.

L’auteur, Christian Laborde, ami de Claude Nougaro et Bernard Lubat, fait danser la langue, donnant un joli tempo aux chapitres qui furent diffusés dans les colonnes de La Nouvelle République des Pyrénées, chaque matin, comme un pied de nez poétique aux nouvelles plombant le moral des pauvres cyclos confinés et masqués.

Carmen Burgos  Cyclotourisme, magazine de la FFC

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