Christian Laborde

> Livres > André Darrigade

André Darrigade

le 15/05/2020

 

 

 

 

 

 

André Darrigade

le sprinteur du Tour de France

 

en librairie le 19 août ...en librairie le 19 août...en librairie le 19 août...en librairie le 19 août...

 

 

 

 

15 avril 2020

 

 

 

Sur le Plateau de Pascal Praud, depuis Pau, via Skype:

" Le Tour en septembre: merveilleux! Il fait beau dans les cols en septembre...Que monsieur Blanquer retarde la rentrée des classes afin que les élèves puissent applaudir les Géants du Tour"

 

 

 Le livre: la couverture, la quatrième , les rabats.

 

 

 

 

 

Rabat 1

 

André Darrigade et Jacques Anquetil sur la piste du Vél d'Hiv

 

Rabat 2

 

 

André Darrigade, champion du monde, avec Mathieu Taris, père blanc, Giro 1960

 

 

 Avec André Darrigade, à la Médiathèque de Biarritz,

lors de la sortie de mon roman  "Tina", en 2018

 

     

 

La rencontre autour de Tina et la séance de dédicaces terminées, nous avons diner, avec André et  son fils Patrick,  à  La Table Basque. Et c'est au cours de ce dîner que j'ai fait part à Darrigade d'écrire  sur lui. Il était d'accord. Il me raconterait. Il m'a raconté.

 

 

Quatre questions, pas plus

 

 

André Darrigade et Pierre Albaladejo sur les routes landaises

 

-Pourquoi Darrigade ?

-Parce que je n’avais  jamais écrit sur un sprinter. J’ai loué les grimpeurs, comme Charly Gaul, j’ai raconté le duel Anquetil-Poulidor sur les Pentes du Puy de Dôme, l’épopée silencieuse de Miguel Indurain, mais le sprint, jamais. J’ai donc choisi le plus grand sprinter de l’histoire du Tour.

-Le plus grand ?

-Oui,  le plus grand. Car André Darrigade ne se contente pas de sortir  à 300 mètres de la ligne,  amené par ses équipiers comme  le fait le sprinter d’aujourd’hui qui, par ailleurs,  ne manque pas de classe.  André Darrigade, c’est autre chose, une autre aventure, un autre gabarit. D’abord, André Darrigade participe à l’échappée du matin. Et  quand cette échappée qu’il a parfois lui-même initiée va au bout, il  l’emporte au sprint avec deux ou trois longueurs d’avance.  Ensuite, André Darrigade ne sprinte et ne pense à sa pomme qu’une fois son boulot d’équipier d’Anquetil terminé. A plusieurs reprises, durant le Tour, André Darrigade a dû lever le pied et renoncer au bouquet parce qu’il fallait donner un coup de main à un Anquetil retardé ou en difficulté….

-Qu’est-ce que vous aimez chez Darrigade ?

-L’homme et le champion. L’homme, c’est-à-dire le fils de métayer qui  échappe à la charrue grâce au vélo. Le champion, c’est-à-dire le cycliste qui brille à la fois sur la route et sur la piste. Car André Darrigade c’est le Tour de France, plus la piste du Vél d’Hiv. Et j’ai beaucoup aimé le vent.

-Le vent !!

-Oui, le vent. Car écrire sur un sprinter, c’est écrire  sur le vent. Gaul, c’est la montagne, la neige, la cime. André Darrigade, c’est le vent, le duel avec Eole.   

 

 

Tour de France 1959

 

 

 

Samedi 27 juin 2020

 

Nous avons parlé du Tour de France et d'André Darrigade, à 7h 40, sur Franceinfo avec Matteu Maestracci,  également de " Poulidor by Laborde "mon one-man-show, à Tulle, le 4 septembre...

 

 

 

 20 juillet 2020

 

 


André Darrigade

1 août 2020

 

 

 

Darrigade

 

Tout commence en 1929, à Narrasse, minuscule village des Landes, où les parents d'André Darrigade sont métayers. Pour échapper à ce labeur, André prend le vélo et devient champion cycliste. Christian Laborde raconte, avec lyrisme et précision, l'épopée de Darrigade, le sprinteur des Trente Glorieuses, champions de France et du monde, vainqueur des Six Jours de Paris, héros du Tour de France entre 1953 à 1966, remportant 22 étapes, s'emparant du maillot jaune tantôt de la tunique verte.

Par Christian Laborde, Éditions du Rocher, 300 pages, 21,90 €

 

29 juillet 2020

 


 

L'entretien

 

 

5 août 2020

 

Le blog de Bernard Morlino

Catégorie : Anquetillement

 

 

Darrigade champion du monde sur route 1959. Anquetil n’a jamais conquis ce titre, c’est dire l’exploit ! La grande classe à la française c’est André Darrigade et pas l’aca-cadémicien Trucmuche. Le sourire foudroyant de “Dédé-de-Dax", ses beaux cheveux, sa peau blanche même sous le cagnard, voilà la vraie beauté naturelle. Darrigade et Anquetil diffusent la même lumière. Celle des phares de la route.

 

 Champion du monde


 

Poète, romancier, pamphlétaire, Christian Laborde déborde de poésie. Il l’a débusque de partout, et s’il n’y en a pas il est capable de la créer car comme l’a dit Victor Hugo tout poète a un monde enfermé en lui. On sait qu’il déplace des montagnes pour y trouver des ours au bas de chez lui. Il prend aussi le taureau par les cormes pour le sauver des arènes, et il est plus proche des vaches que ne l’était Gandhi. Le frère de mots de Claude Nougaro est capable de parler aux disparus parce qu’il les porte dans son cœur.

A présent, il publie un Darrigade (91 ans), après un Robic. Son Darrigade, après son Robic. Un vivant, après un mort. Quand il voit « Dédé-de-Dax », il a aussi rendez-vous avec Fausto Coppi et Jacques Anquetil. Ce nouvel hymne à un sportif est de toute beauté. Laborde parle des cyclistes comme il parle de Donatello ou de Vermeer. Il n’y a qu’en France où l’on pratique bêtement l’ostracisme, mais il vaut mieux lire la prose d’un véritable écrivain que le nouveau torchon d’un ex locataire de l’Elysée qui publie pour des gens qui pensent que Goya est une chanteuse et Ducasse un cuistot. Ils font là où on leur dit de faire comme les clebs. Quant aux greffiers des lettres quelle bande de cuistres ! Plus c’est abscons plus ils disent du bien de bouquins qu’ils ne lisent même pas. Tout se joue sur l’entregent et parfois l’entrejambe. Avec des non-livres les éditeurs font marcher la machine à cash mais ils assassinent la littérature. Il y a plus d’émotions dans les pages jaunes! Heureusement des écrivains de la trempe de Laborde passent à travers les gouttes du C-19 de la suffisance qui polluent les librairies.

«Le sprinteur, comme le navigateur solitaire, est un homme dans le vent » écrit Laborde pour évoquer André Darrigade qui se sentait pousser des ailes à l’approche de la ligne d’arrivée. Il démarrait fort le Tour de France, dès le premier jour. Il appartient au clan très fermé des Français champions du monde sur route : tout juste 7. Il a conquis le sublime maillot arc-en-ciel en 1959. Un titre de gloire qui n’est pas n’importe quoi. Si on dit que Charbonnier est champion du monde de football 1998 alors Darrigade est un Dieu vivant, ce qu’il est pour des anciens petits garçons comme Christian Laborde qui n’a jamais tué l’enfant en lui, à l’inverse des renégats de la politique qui pullulent sur les plateaux télés et que l’on reconnait de loin grâce aux bruits des casseroles qui les annoncent.

Heureusement que des sportifs du niveau de Darrigade ont bercé notre plus tendre jeunesse : eux ne nous ont jamais déçus. Le 19 août 2020, vingt jours avant le départ du Tour de France, le livre de Laborde, avec des photos de famille pour la première fois montrées, sera en librairie. Même les ouvertures, avec l’actualité de l’année traitée, se délectent comme un coup dans le rétroviseur d’une Aronde ou d’une Versailles voire Caravelle ou Dauphine. On reconnait la malicieuse prose de Laborde dans les expressions dont il a le chic : « Anquetil fait montre… » N’est-ce pas merveilleux pour le champion du contre-la-montre ? « Les Pyrénées se radinent… » Magie littéraire. De la grâce de partout. Pas de besogne. La grande classe comme André Darrigade, fils de métayers, prince de l’élégance, avec ses cheveux or. En habit de coureur, il était plus tiré à quatre épingles que les notables habillés en pingouin. Monsieur Darrigade, sur le podium des meilleurs sprinteurs de tous les temps, est un seigneur du sport. Il occupe une place royale dans notre mémoire collective qui n’est pas la prison des sentiments mais la plus belle des cours de récréation. Il a trouvé en Laborde l’équivalent de La Grange, le biographe de Molière. De la scène à la selle, même combat. Celui du courage et du talent à l’air libre. Le sprinteur Dédé ou toujours l’envie d’en découdre.

 

 

 

 

 


 

 6 août 2020

 


 

 

Darrigade

Christian Laborde raconte ici, avec lyrisme et précision, l’épopée d’André Darrigade, le sprinteur des Trente glorieuses, champion de France, champion du monde, vainqueur des Six Jours de Paris, héros magnifique du Tour de France qu’il dispute de 1953 à 1966, remportant 22 étapes, s’emparant tantôt du maillot jaune, tantôt du maillot vert. L’on croise aussi, au fil des pages, Fausto Coppi, Ferdi Kübler, Guy et Roger Lapébie, Hugo Koblet, Jean Robic, Louison Bobet, Rik Van Looy, Rik Van Steenbergen…

 

 

7 août 2020

 

Le Courrier picard

 

 

 

 

8 août 2020

 

 

Le Tour : plus qu’une institution, la manifestation sportive la plus médiatisée du monde, la rencontre de tout un peuple, sans différence d’âges ni de classes sociales, tassé sur le bord de la route pour un instant magique annoncé par le cri « ils arrivent ! » : le passage, une poignée de secondes, devant la maison ou au sommet du col, de ces extra-terrestres précédés de sifflets, de klaxons, de l’accordéon d’Yvette et du saucisson partagé avec le voisin inconnu. Une seconde unique comme celle du mousse qui, après avoir scruté l’horizon des mers lointaines, aperçoit enfin le rayon vert. Juste un moment inoubliable. Ce bonheur donné par ces géants, ces forçats de la route, ne nous ferait pas rêver s’il n’y avait ces Cormier, Bonnot, Blondin, Franklin (Tommy), Laborde et autres pour chanter leurs exploits ; pour fabriquer l’odyssée du Tour ; en faire une compétition à part, unique dont on ne peut pas se passer -malgré l’épidémie, le Tour aura bien lieu cette année encore, en septembre. 

Parmi ces géants de la route, il y en a un, qui tient une place à part c’est André Darrigade. Toute la Gascogne -plus spécialement les Landes- s’est retrouvée en lui. Quand le peloton, groupé, traversait les longues routes plates bordées de pins, sous la canicule de juillet, les panneaux à sa gloire fleurissaient : « Vas-y Dédé ! ». Jamais champion landais ne fut plus supporté que « Dédé de Dax ». Deux autres seulement approchent ces hauteurs : André Boniface, l’artiste d’un rugby désormais désuet, ou le regretté Ramuntchito, roi des écarteurs, dans un temps où la « Course » rayonnait.

Les qualités communes au trois : l’élégance et la simplicité, un côté inattendu et génial mais parfois déroutant et têtu, le goût du panache et surtout un attachement à leurs racines. De ces trois grands sportifs landais, le plus universel, le plus reconnu, celui qui atteint la popularité la plus durable c’est André Darrigade. Un champion, qui parmi les champions cyclistes, eut une place à part par son style et aussi par son palmarès atypique parfaitement résumé par Christian Laborde, l’écrivain Palois chantre du cyclisme, dans ce dernier ouvrage. Mais plus que ce travail de bénédictin – il y avait à l’époque énormément de compétitions, notamment en Afrique du Nord- l’évocation de l’histoire et de la personnalité de ce champion hors norme fait le sel du livre de Laborde.

Il rapporte, avec force expressions gasconnes savoureuses, ce qu’était la vie simple et rude de la famille Darrigade, métayers de Chalosse, ces « Piques Talosses » qui s’étaient révoltés en 1920 en chantant :

 « Hardi , Hardi , nous sommes les paysans

Travailleurs de la terre

Et si la graisse ne pèse pas sur nos os

Nous avons la dent dure

Nous sommes musclés et souples

Ah ! diou biban »

La révolte d’André, ce fut le vélo. Mode de transport indispensable pour commencer sa vie, qui lui permettait de voir la « course à l’escalot » du dimanche dans les villages voisins, il devint l’instrument de sa revanche lorsque, encore jeune homme, il apportera à ses parents l’argent nécessaire à l’achat de la métairie pour en faire la ferme appartenant désormais à la famille. Là, à Narosse, à quelques kilomètres de la cité thermale, dans une sorte de prolétariat rural, André vécut cette souffrance, cette dureté du travail rural et la frugalité qui l’accompagne. Une souffrance dont il ne se plaignit pas, consentie, naturelle en quelque sorte, qui n’excluait pas l’amour, la beauté, la discrétion, l’ambition et l’astuce… Un apprentissage amer qui lui permit plus tard d’escalader les cols les plus raides sans jamais sombrer malgré les difficultés et son peu d’appétence pour la « grimpe » .

Et voilà que de la métairie de Narosse au podium du maillot jaune, André connait la gloire et devient l’enfant chéri des foules. Il s’appuit pour triompher sur son compère Jacques Anquetil, un malin sympathique, homme fort aussi qui savait partager et qui avait trouvé chez Dédé un caractère loyal pour appuyer ses ambitions. C’est une amitié inattendue dans l’histoire du cyclisme. Une amitié ignorée aussi, une révélation du livre de Laborde…

Rappelons-nous les victoires surprises de la flèche landaise déboulant du haut de la piste comme l’épervier sur sa proie pour battre d’un boyau celui à qui était promis le podium, le bouquet, les caméras.

Quel type ce Darrigade !

 « Chantons pour le sport ! D’un air joyeux chantons l’effort de la jeunesse ! » *: le générique sportif de Paris Inter, les anciens s’en souviennent… Georges Briquet : « A vous la route du Tour !», « A vous Jean Bruno !»…

Et le père qui bricolait, criait du garage :

-Alors il est dans le coup Dédé ?

-Oui Papa, il est dans l’échappée…

-Tu verras, il les battra au sprint, vite allons au vélodrome…

Que de beaux souvenirs fait surgir Christian Laborde à travers cette évocation de la vie d’André Darrigade ! Un champion qui a bercé notre enfance et que nous aimerons toujours ; comme on aime un héros.

 

Pierre-Michel Vidal

*André Dassary : « La marche des sports »

Contact