Christian Laborde

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André Darrigade

le 15/05/2020

 

 

 

 

 

 

André Darrigade

le sprinteur du Tour de France

 

en librairie le 19 août ...en librairie le 19 août...en librairie le 19 août...en librairie le 19 août...

 

 

 

 

15 avril 2020

 

 

 

Sur le Plateau de Pascal Praud, depuis Pau, via Skype:

" Le Tour en septembre: merveilleux! Il fait beau dans les cols en septembre...Que monsieur Blanquer retarde la rentrée des classes afin que les élèves puissent applaudir les Géants du Tour"

 

 

 Le livre: la couverture, la quatrième , les rabats.

 

 

 

 

 

Rabat 1

 

André Darrigade et Jacques Anquetil sur la piste du Vél d'Hiv

 

Rabat 2

 

 

André Darrigade, champion du monde, avec Mathieu Taris, père blanc, Giro 1960

 

 

 Avec André Darrigade, à la Médiathèque de Biarritz,

lors de la sortie de mon roman  "Tina", en 2018

 

     

 

La rencontre autour de Tina et la séance de dédicaces terminées, nous avons diner, avec André et  son fils Patrick,  à  La Table Basque. Et c'est au cours de ce dîner que j'ai fait part à Darrigade d'écrire  sur lui. Il était d'accord. Il me raconterait. Il m'a raconté.

 

 

Quatre questions, pas plus

 

 

André Darrigade et Pierre Albaladejo sur les routes landaises

 

-Pourquoi Darrigade ?

-Parce que je n’avais  jamais écrit sur un sprinter. J’ai loué les grimpeurs, comme Charly Gaul, j’ai raconté le duel Anquetil-Poulidor sur les Pentes du Puy de Dôme, l’épopée silencieuse de Miguel Indurain, mais le sprint, jamais. J’ai donc choisi le plus grand sprinter de l’histoire du Tour.

-Le plus grand ?

-Oui,  le plus grand. Car André Darrigade ne se contente pas de sortir  à 300 mètres de la ligne,  amené par ses équipiers comme  le fait le sprinter d’aujourd’hui qui, par ailleurs,  ne manque pas de classe.  André Darrigade, c’est autre chose, une autre aventure, un autre gabarit. D’abord, André Darrigade participe à l’échappée du matin. Et  quand cette échappée qu’il a parfois lui-même initiée va au bout, il  l’emporte au sprint avec deux ou trois longueurs d’avance.  Ensuite, André Darrigade ne sprinte et ne pense à sa pomme qu’une fois son boulot d’équipier d’Anquetil terminé. A plusieurs reprises, durant le Tour, André Darrigade a dû lever le pied et renoncer au bouquet parce qu’il fallait donner un coup de main à un Anquetil retardé ou en difficulté….

-Qu’est-ce que vous aimez chez Darrigade ?

-L’homme et le champion. L’homme, c’est-à-dire le fils de métayer qui  échappe à la charrue grâce au vélo. Le champion, c’est-à-dire le cycliste qui brille à la fois sur la route et sur la piste. Car André Darrigade c’est le Tour de France, plus la piste du Vél d’Hiv. Et j’ai beaucoup aimé le vent.

-Le vent !!

-Oui, le vent. Car écrire sur un sprinter, c’est écrire  sur le vent. Gaul, c’est la montagne, la neige, la cime. André Darrigade, c’est le vent, le duel avec Eole.   

 

 

Tour de France 1959

 

 

 

Samedi 27 juin 2020

 

Nous avons parlé du Tour de France et d'André Darrigade, à 7h 40, sur Franceinfo avec Matteu Maestracci,  également de " Poulidor by Laborde "mon one-man-show, à Tulle, le 4 septembre...

 

 

 

 20 juillet 2020

 

 


André Darrigade


25 juillet 2020

 

 

 


"Dédé" Darrigade

À ses premiers cris, la sage femme dit de ce poupon qu’il est « bèth et beròi ». En dialecte gascon capiteux mais chaleureux, « robuste et mignon ». Né aux portes des années ‘30 et du pays de l’Adour, où le soleil est généreux et la pluie paisible, André Darrigade a « pris le vélo par les cornes ». Comment réussir lorsqu’on est fils de métayer à Narrosse ? On devient torero ou coureur cycliste. Ami du vent « qui lui adressera un clin d’œil lors de chacune de ses victoires », André Darrigade choisit la seconde option. Avec force et vélocité, pour accompagner Anquetil ou coiffer Van Looy. À travers sa dernière livrée, Christian Laborde raconte l’épopée d’un des meilleurs cyclistes de l’après-guerre, « Dédéde-Dax », héros vert et parfois jaune de la Grande Boucle (22 succès d’étapes entre 1953 et ‘66), sprinter émérite qui dessina un arc-en-ciel au-dessus des dunes de Zandvoort (champion du monde en ‘59). La langue riche de Laborde nous promène à travers un cyclisme d’épopée, où l’on croise les deux Coppi (Fausto et Serse), les deux Rik (Van Looy et Van Steenbergen) ou les deux K (Koblet et Kübler), où Charly Gaul, Louison Bobet et Jacques Anquetil côtoyaient Charles Trénet, Luis Mariano, Michelle Mercier ou Yvette Horner. En cet été casanier, « Darrigade » vous emmène en vacances dans les Landes. L’occitan chante, la petite reine prend un bain de soleil.


 

29 juillet 2020

 


 

L'entretien

 

 

1 août 2020

 

 

 

Darrigade

 

Tout commence en 1929, à Narrasse, minuscule village des Landes, où les parents d'André Darrigade sont métayers. Pour échapper à ce labeur, André prend le vélo et devient champion cycliste. Christian Laborde raconte, avec lyrisme et précision, l'épopée de Darrigade, le sprinteur des Trente Glorieuses, champions de France et du monde, vainqueur des Six Jours de Paris, héros du Tour de France entre 1953 à 1966, remportant 22 étapes, s'emparant du maillot jaune tantôt de la tunique verte.

Par Christian Laborde, Éditions du Rocher, 300 pages, 21,90 €

 

1 août 2020

 

Darrigade, quel sprinteur ! André Darrigade est un monstre, l ’un des plus grands sprinteurs de J’histoire du Tour de France. Lieutenant n°l deJacques Anquetil, il s’est souvent sacrifié pour lui, ce qui ne l ’a pas empêché de remporter 22 victoires d’étapes et d’être champion du monde en 1959.André Darrigade,qui a disputé 14 Tours de France, commence avec Bartali et finit avec Merckx. On y croise Coppi, Robic, Kübler, Koblet, Bobet, Anquetil,il, Anquet Poulidor, Bahamontes, Gaul, Gimondi... Bref, c’est l ’âge d’or du cyclisme, qui correspond à l ’âge d’or de la France: les 30 glorieuses. On évoque la DS, lesYéyés, les vacances,la France heureuse,au rythme des FrèresJacques,des Sœurs Etienne, de l ’accordéon d’Yvette Horner.Défilent des personnages hors du commun issus, eux, du peloton de la vie : les Pères blancs, venus du Vatican à vélo et en soutane pour saluer à Narrasse André Darrigade, Françoise,qu’il rencontre à 16 ans et épouse à 18 avec l’ autorisation de ses parents...

5 août 2020

 

Le blog de Bernard Morlino

Catégorie : Anquetillement

 

 

Darrigade champion du monde sur route 1959. Anquetil n’a jamais conquis ce titre, c’est dire l’exploit ! La grande classe à la française c’est André Darrigade et pas l’aca-cadémicien Trucmuche. Le sourire foudroyant de “Dédé-de-Dax", ses beaux cheveux, sa peau blanche même sous le cagnard, voilà la vraie beauté naturelle. Darrigade et Anquetil diffusent la même lumière. Celle des phares de la route.

 

 Champion du monde


 

Poète, romancier, pamphlétaire, Christian Laborde déborde de poésie. Il l’a débusque de partout, et s’il n’y en a pas il est capable de la créer car comme l’a dit Victor Hugo tout poète a un monde enfermé en lui. On sait qu’il déplace des montagnes pour y trouver des ours au bas de chez lui. Il prend aussi le taureau par les cormes pour le sauver des arènes, et il est plus proche des vaches que ne l’était Gandhi. Le frère de mots de Claude Nougaro est capable de parler aux disparus parce qu’il les porte dans son cœur.

A présent, il publie un Darrigade (91 ans), après un Robic. Son Darrigade, après son Robic. Un vivant, après un mort. Quand il voit « Dédé-de-Dax », il a aussi rendez-vous avec Fausto Coppi et Jacques Anquetil. Ce nouvel hymne à un sportif est de toute beauté. Laborde parle des cyclistes comme il parle de Donatello ou de Vermeer. Il n’y a qu’en France où l’on pratique bêtement l’ostracisme, mais il vaut mieux lire la prose d’un véritable écrivain que le nouveau torchon d’un ex locataire de l’Elysée qui publie pour des gens qui pensent que Goya est une chanteuse et Ducasse un cuistot. Ils font là où on leur dit de faire comme les clebs. Quant aux greffiers des lettres quelle bande de cuistres ! Plus c’est abscons plus ils disent du bien de bouquins qu’ils ne lisent même pas. Tout se joue sur l’entregent et parfois l’entrejambe. Avec des non-livres les éditeurs font marcher la machine à cash mais ils assassinent la littérature. Il y a plus d’émotions dans les pages jaunes! Heureusement des écrivains de la trempe de Laborde passent à travers les gouttes du C-19 de la suffisance qui polluent les librairies.

«Le sprinteur, comme le navigateur solitaire, est un homme dans le vent » écrit Laborde pour évoquer André Darrigade qui se sentait pousser des ailes à l’approche de la ligne d’arrivée. Il démarrait fort le Tour de France, dès le premier jour. Il appartient au clan très fermé des Français champions du monde sur route : tout juste 7. Il a conquis le sublime maillot arc-en-ciel en 1959. Un titre de gloire qui n’est pas n’importe quoi. Si on dit que Charbonnier est champion du monde de football 1998 alors Darrigade est un Dieu vivant, ce qu’il est pour des anciens petits garçons comme Christian Laborde qui n’a jamais tué l’enfant en lui, à l’inverse des renégats de la politique qui pullulent sur les plateaux télés et que l’on reconnait de loin grâce aux bruits des casseroles qui les annoncent.

Heureusement que des sportifs du niveau de Darrigade ont bercé notre plus tendre jeunesse : eux ne nous ont jamais déçus. Le 19 août 2020, vingt jours avant le départ du Tour de France, le livre de Laborde, avec des photos de famille pour la première fois montrées, sera en librairie. Même les ouvertures, avec l’actualité de l’année traitée, se délectent comme un coup dans le rétroviseur d’une Aronde ou d’une Versailles voire Caravelle ou Dauphine. On reconnait la malicieuse prose de Laborde dans les expressions dont il a le chic : « Anquetil fait montre… » N’est-ce pas merveilleux pour le champion du contre-la-montre ? « Les Pyrénées se radinent… » Magie littéraire. De la grâce de partout. Pas de besogne. La grande classe comme André Darrigade, fils de métayers, prince de l’élégance, avec ses cheveux or. En habit de coureur, il était plus tiré à quatre épingles que les notables habillés en pingouin. Monsieur Darrigade, sur le podium des meilleurs sprinteurs de tous les temps, est un seigneur du sport. Il occupe une place royale dans notre mémoire collective qui n’est pas la prison des sentiments mais la plus belle des cours de récréation. Il a trouvé en Laborde l’équivalent de La Grange, le biographe de Molière. De la scène à la selle, même combat. Celui du courage et du talent à l’air libre. Le sprinteur Dédé ou toujours l’envie d’en découdre.

 

 

 

 

 


 

 6 août 2020

 


 

 

Darrigade

Christian Laborde raconte ici, avec lyrisme et précision, l’épopée d’André Darrigade, le sprinteur des Trente glorieuses, champion de France, champion du monde, vainqueur des Six Jours de Paris, héros magnifique du Tour de France qu’il dispute de 1953 à 1966, remportant 22 étapes, s’emparant tantôt du maillot jaune, tantôt du maillot vert. L’on croise aussi, au fil des pages, Fausto Coppi, Ferdi Kübler, Guy et Roger Lapébie, Hugo Koblet, Jean Robic, Louison Bobet, Rik Van Looy, Rik Van Steenbergen…

 

 

7 août 2020

 

Le Courrier picard

 

 

 

 

8 août 2020

 

 

Le Tour : plus qu’une institution, la manifestation sportive la plus médiatisée du monde, la rencontre de tout un peuple, sans différence d’âges ni de classes sociales, tassé sur le bord de la route pour un instant magique annoncé par le cri « ils arrivent ! » : le passage, une poignée de secondes, devant la maison ou au sommet du col, de ces extra-terrestres précédés de sifflets, de klaxons, de l’accordéon d’Yvette et du saucisson partagé avec le voisin inconnu. Une seconde unique comme celle du mousse qui, après avoir scruté l’horizon des mers lointaines, aperçoit enfin le rayon vert. Juste un moment inoubliable. Ce bonheur donné par ces géants, ces forçats de la route, ne nous ferait pas rêver s’il n’y avait ces Cormier, Bonnot, Blondin, Franklin (Tommy), Laborde et autres pour chanter leurs exploits ; pour fabriquer l’odyssée du Tour ; en faire une compétition à part, unique dont on ne peut pas se passer -malgré l’épidémie, le Tour aura bien lieu cette année encore, en septembre. 

Parmi ces géants de la route, il y en a un, qui tient une place à part c’est André Darrigade. Toute la Gascogne -plus spécialement les Landes- s’est retrouvée en lui. Quand le peloton, groupé, traversait les longues routes plates bordées de pins, sous la canicule de juillet, les panneaux à sa gloire fleurissaient : « Vas-y Dédé ! ». Jamais champion landais ne fut plus supporté que « Dédé de Dax ». Deux autres seulement approchent ces hauteurs : André Boniface, l’artiste d’un rugby désormais désuet, ou le regretté Ramuntchito, roi des écarteurs, dans un temps où la « Course » rayonnait.

Les qualités communes au trois : l’élégance et la simplicité, un côté inattendu et génial mais parfois déroutant et têtu, le goût du panache et surtout un attachement à leurs racines. De ces trois grands sportifs landais, le plus universel, le plus reconnu, celui qui atteint la popularité la plus durable c’est André Darrigade. Un champion, qui parmi les champions cyclistes, eut une place à part par son style et aussi par son palmarès atypique parfaitement résumé par Christian Laborde, l’écrivain Palois chantre du cyclisme, dans ce dernier ouvrage. Mais plus que ce travail de bénédictin – il y avait à l’époque énormément de compétitions, notamment en Afrique du Nord- l’évocation de l’histoire et de la personnalité de ce champion hors norme fait le sel du livre de Laborde.

Il rapporte, avec force expressions gasconnes savoureuses, ce qu’était la vie simple et rude de la famille Darrigade, métayers de Chalosse, ces « Piques Talosses » qui s’étaient révoltés en 1920 en chantant :

 « Hardi , Hardi , nous sommes les paysans

Travailleurs de la terre

Et si la graisse ne pèse pas sur nos os

Nous avons la dent dure

Nous sommes musclés et souples

Ah ! diou biban »

La révolte d’André, ce fut le vélo. Mode de transport indispensable pour commencer sa vie, qui lui permettait de voir la « course à l’escalot » du dimanche dans les villages voisins, il devint l’instrument de sa revanche lorsque, encore jeune homme, il apportera à ses parents l’argent nécessaire à l’achat de la métairie pour en faire la ferme appartenant désormais à la famille. Là, à Narosse, à quelques kilomètres de la cité thermale, dans une sorte de prolétariat rural, André vécut cette souffrance, cette dureté du travail rural et la frugalité qui l’accompagne. Une souffrance dont il ne se plaignit pas, consentie, naturelle en quelque sorte, qui n’excluait pas l’amour, la beauté, la discrétion, l’ambition et l’astuce… Un apprentissage amer qui lui permit plus tard d’escalader les cols les plus raides sans jamais sombrer malgré les difficultés et son peu d’appétence pour la « grimpe » .

Et voilà que de la métairie de Narosse au podium du maillot jaune, André connait la gloire et devient l’enfant chéri des foules. Il s’appuit pour triompher sur son compère Jacques Anquetil, un malin sympathique, homme fort aussi qui savait partager et qui avait trouvé chez Dédé un caractère loyal pour appuyer ses ambitions. C’est une amitié inattendue dans l’histoire du cyclisme. Une amitié ignorée aussi, une révélation du livre de Laborde…

Rappelons-nous les victoires surprises de la flèche landaise déboulant du haut de la piste comme l’épervier sur sa proie pour battre d’un boyau celui à qui était promis le podium, le bouquet, les caméras.

Quel type ce Darrigade !

 « Chantons pour le sport ! D’un air joyeux chantons l’effort de la jeunesse ! » *: le générique sportif de Paris Inter, les anciens s’en souviennent… Georges Briquet : « A vous la route du Tour !», « A vous Jean Bruno !»…

Et le père qui bricolait, criait du garage :

-Alors il est dans le coup Dédé ?

-Oui Papa, il est dans l’échappée…

-Tu verras, il les battra au sprint, vite allons au vélodrome…

Que de beaux souvenirs fait surgir Christian Laborde à travers cette évocation de la vie d’André Darrigade ! Un champion qui a bercé notre enfance et que nous aimerons toujours ; comme on aime un héros.

 

Pierre-Michel Vidal

*André Dassary : « La marche des sports »

 

 

 11 août 2020

 

 

 

Dédé-de-Dax pédale encore

Christian Laborde, ancien complice de Claude Nougaro et de sa Garonne, s’impose aussi en formidable conteur des épopées cyclistes. Sa langue rocaille et glisse dans la roue des héros de son enfance. Ainsi de «Darrigade», bio chantante qui occupera ceux qui trépignent, obligés d’ attendre le Tour de France en septembre. Suivant le sprinteur né, forçat de la route aux 22 victoires d ’étapes sur la Grande Boucle, tantôt en maillot jaune ou vert de 1953 à 1966, le passionné éclaire aussi l ’époque des Trente Glorieuses. Le chroniqueur souffre avec Rik Van Looy, halète avec Louison Bobet ou Fausto Coppi, mais il fredonne surtout la petite musique des âmes provinciales. Alors que l ’histoire résonne encore des fracas guerriers, Yvette Horner s’active à l ’accordéon, Charles Trenet sautille dans la «Douce France», tandis que Luis Mariano ou les Frères Jacques s’époumonent à encourager les centaures du bitume. En 1949, Juliette Gréco murmure «Si tu t’imagines», «Dédé de Dax» s’envole à la conquête de ses rêves. En danseuse, et c’est irrésistible.

 Cécile Lecoultre

 

12 août 2020

 

 

Privés cet été de Tour de France, retardé , les amateurs de cyclisme et d' histoire du vélo peuvent se plonger dans le joli livre que Christian Laborde consacre à André Darrigade , valeureux Français champion d' autrefois. Il ne gagna jamais le Tour mais porta le maillot jaune à 19 reprises et remporta 22 étapes entre 1953 et 1966. A travers ce coureur d ' exception , c' est toute une époque que l' auteur fait revivre. Belle balade , dans le temps celle-là.

M .P.

 

16 août 2020

 

 

 

 

Marc Duthu

 

17 août 2020

 

 

 

 Darrigade est dans Baz'Art

et c'est ici

 

 

19 août 2020

 

 

Darrigade dans Bike Café, c'est ici

 

 

 

 23 août 2020

 

Darrigade chez Drucker

 

 

 

 



 

25 août 2020

 


 

Darrigade, par Christian Laborde (Editions du Rocher, 290 pages, 21,90 euros. Le lyrisme de l'auteur se prête à merveille à l'évocation de "Dédé-de-Dax", qui illumina les sprints du Tour de France des années 1950 et 1960. A travers le champion populaire, c'est une époque du cyclisme et une région, l'Adour, qui sont magnifiées.

 

26 août 2020


 

 Magazine Générations(Suisse)

 


 27 août 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 27 août 2020

 

 

"Darrigade" sur le plateau Pascal Praud

 

 

 


 


 


28 août 2020

 

 

Je réponds aux questions de Stéphane Carpentier à propos du Tour et de Darrigade

 

28 août 2020

 

 

 


 

 

"Darrigade est le grand roman d’une époque, les Trente glorieuses, le grand roman du vélo, cet art de l’éclair, de l’éclat, que pratiquent des forçats et des dieux. Christian Laborde signe là, le plus touchant, le plus précis, le plus enchanté, le plus admiratif de ses livres, de ses éclairs romanesques et historiques." P.C.

Le papier de Philippe Chauché sur Darrigade, c'est ici

 

29 août 2020

 

 

«Darrigade est un brave garçon et un homme pieux.» L’affirmation est d’un Père Blanc, passionné de cyclisme. Christian Laborde la rapporte dans cet ouvrage consacré à André Darrigade, le plus grand sprinter de l’Histoire selon Laborde (vingt-deux victoires d’étape sur le Tour de France, ainsi qu’un titre de champion du monde en 1959). L’auteur retrace avec enthousiasme le parcours de ce fils de métayers landais que le vélo aura conduit vers un autre destin. Il est bien évidemment question du cyclisme d’après-guerre. Mais Laborde brosse également le portrait d’un homme simple, dévoué à ses coéquipiers et pétri de christianisme. Il aidera ainsi à la naissance du sanctuaire Notre-Dame des Cyclistes, dans ses Landes natales.

 

31 août 2020

 

 

 C'est ici

 

31 août 2020

 

 

 

 

 

Je réponds aux questions de Denis Faroud

 

 

12 septembre 2020

 

 

 

 

 4 septembre 2020

 

 


 

Franck Ferrand raconte Darrigage

 

6 septembre 2020

 

 

 

 

Les grands écrivains ont tous un vélo dans la tête

Christian Laborde s’offre Darrigade au sprint

 

par Thomas Moralès

 

 

C’est avant tout une question de respect. Un mot bien incongru dans notre actualité déclinante. Un de ces mots trop usés, trop essorés, trop affaiblis, dépossédés de toute sa symbolique par trente ans de laisser-aller, d’abandons et de résignation. Cet été, l’amertume a gagné la partie dans les rues de France. L’humeur n’est plus vagabonde, elle est rance. Inconsolables et masqués, nous avançons sans but, ni élan, pétris de protocole sanitaire, les mains desséchées par le gel hydroalcoolique, perclus d’incertitudes. Je parle ici de respect pour la performance, pour la saine douleur, pour des heures d’entraînement, pour cette sueur salvatrice, pour cette impossible victoire au sommet d’un col ou à l’issue d’un sprint à touche-touche, pour cette parenthèse enchantée de trois semaines au cœur des vacances, cette année, elle aura étrangement démarré aux prémices de l’automne. Et un berrichon à belles bacchantes y a déjà imposé son attitude bravache et son sens du tempo endiablé. Les légendes de la fable ronde, ces héros du Tour de France nous poussent à voir la vie en jaune et nous ramènent aux vérités essentielles de la tragédie grecque. Avec eux, il est question de temps, de lieu et d’action ; leur geste chevaleresque nous rend plus sensible à la brutalité du monde. Ils en portent l’écho lointain. Ils sont nos meilleurs rédempteurs face aux crises existentielles que nous traversons. Ils pédalent pour une couronne et aussi, pour nous faire oublier notre misérable statut de sédentaire, d’anémié télévisuel, de fainéant authentique, ils nous indiquent alors un chemin étroit, piégeux, ambigu, où le sacrifice est la monnaie quotidienne. Á défaut de les accompagner sur la route, en danseuse, nous les regardons, admiratifs et bêtes, heureux et reconnaissants de nous élever spirituellement. Les cyclistes, ces moines en cuissards, donnent leur véritable sens aux mots et à la langue, ils en extraient une pulpe fraîche, le suc des renaissances. La résistance, la combativité, la chute, le talent, la force, le style ou l’injustice sont leur dictionnaire, à chaque départ d’une nouvelle étape, ils révisent leur grammaire de l’effort. Oui, nous leur devons un immense respect. Les écrivains ont pleinement conscience que, face aux champions, ils ne peuvent et surtout, ils ne doivent plus tricher. Avec les autres, les hommes politiques, les artistes, les élites endimanchées, ils s’autorisent à biaiser la réalité, à l’enjoliver, à la trahir peu ou prou. Peu importe, ces pages écrites ne comptent pas vraiment. Avec le vélo, l’auteur a un sursaut d’orgueil qui lui interdit le travestissement perpétuel. Il est face à un miroir. Le cyclisme n’est pas un amusement ou un divertissement, c’est une école de la rigueur et de la remise en cause permanente. C’est pourquoi les écrivains, de Fallet à Blondin, ont toujours haussé leur niveau d’écriture quand ils évoquent le vélo. Ils hissent leur plume pour tutoyer ces forçats-là, pour leur rendre un hommage sincère. Aucun autre sport, à part peut-être, l’alpinisme et la compétition automobile quand elle possédait encore sa propre dramaturgie, ne contraignent les écrivains à jouer dans une catégorie supérieure. Christian Laborde, le palois fantastique, poète cyclopédique à la culture universelle, le verbe haut et la prose dansante, a chaussé, encore cette année, ses cale-pieds pour panthéoniser une ancienne gloire « André Darrigade » aux éditions du Rocher. Nous prenons plaisir à l’écouter sur les ondes, ce puncheur des mots, insatiable, à la recherche de la formule lyrique, sait aussi se faire nostalgique, tendre et épidermique quand on l’attaque, par exemple, sur Lance Armstrong. Il reste et restera son indéfectible défenseur vibrionnant. Laborde s’est fait une opinion sur le bonhomme depuis longtemps, il ne transigera pas. Dans ce dernier beau livre illustré, plein de flambe et d’émotions taquines, Laborde maîtrise son sujet, il nous rappelle qui fut Darrigade, le landais âgé aujourd’hui de 91 ans. C’est charmant comme une Nationale bordée de platanes. C’est éruptif et instructif, les étapes gagnées par Darrigade nous paraissaient provenir du fond de l’histoire, pourtant Laborde, léger et sensible, les exhume avec une hargne que Nougaro aurait appréciée. Quand je vous parlais de respect, nous y sommes. Un écrivain n’oublie jamais les grands champions et il cicatrise par sa plume toutes nos émotions du passé. Le vélo est une musique intérieure, Laborde son concertiste délicat.

Thomas MORALES

 

 

 

 

Darrigade chez   Philippe David

 


 

Darrigade chez Thierry Niogret

 

7 septembre 2020

 

 

 

 

Christian Laborde écrit dru, notamment à propos de ses passions,Nougaro et le vélo en premier lieu. À André Darrigade, sprinter d'exception, complice d'Anquetil et enfant des Landes, il consacre un intelligent ouvrage illustré, qui raconte certes ses exploits mais aussi son époque. Pas besoin d’être fana du Tour de France, qui se déroule heureusement malgré la pandémie, pour vibrer au lyrisme de Laborde évoquant Darrigade dans les cols “s’accrochant à la roue  sacrée, divine” du coureur devant lui.

Olivier Barrot

 

7 septembre 2020

 

 

Le Darrigade intime de Christian Laborde

Un Tour de France sans passage à Pau, ni livre de Christian Laborde ne serait pas vraiment un Tour. 2020 et sa folie pandémique a bien failli nous priver de l’un… et de l’autre. Quand les organisateurs de la Grande Boucle ont décidé au printemps dernier de décaler l’événement planétaire au mois de septembre, l’éditeur du plus palois des Bigourdans, prolifique et indéfectible amoureux du vélo, a décidé de décaler la sortie du « Darrigade », d’abord prévue en juin, au mois d’août. Rien que de plus logique finalement. Le livre aura connu les déboires du confinement, où l’on avait pourtant le temps de lire, et vient rejoindre la cohorte de parutions où se bousculent livres de la rentrée et repêchages de début d’année. Mais il vit sa vie, notamment dans ce Sud-Aquitaine d’où André Darrigade vient, et où il demeure. Les habitués de l’œuvre de Christian Laborde noteront que l’écrivain du cyclisme s’était rarement arrêté sur un sprinter. Né près de Tarbes et habitant Pau, c’est bien sûr vers les sommets que sa passion se porte presque ataviquement. Il a fallu sa rencontre avec le sprinter de Chalosse, à Biarritz, où Darrigade a élu domicile depuis des années, pour que naisse le livre. « Je signais dans la maison de la presse qu’il a longtemps tenue et que tient aujourd’hui son fils », explique Laborde. Fatalement, la connexion fut immédiate ou presque, des liens amicaux furent tissés, et un livre pouvait naître. De nombreuses entrevues et conversations l’ont nourri. « Je voyais l’histoire telle qu’il l’a vécue. Darrigade, ce n’est pas n’importe quel sprinter. C’est le plus grand des sprinters. Bien sûr, on va me rétorquer les 33 victoires de Cavendish face aux 22 de Darrigade. Mais on oublie qu’il était le lieutenant d’Anquetil, qu’il faisait passer l’équipe avant lui, qu’il a souvent ramené son coéquipier dans la course. Ce n’est que quand il avait servi Anquetil qu’il commençait à penser à lui. Et puis, il faut voir qui il avait enface ! C’était l’âge d’or du cyclisme… » C’est aussi une autre époque, cette charnière des années 1950 à 1960, le début de l’exode rural, la fin d’une certaine France, qui perdure pourtant à travers le Tour. Le livre de Laborde raconte notamment d’où vient ce sprinter qui prendra « le vélo par les cornes », pour échapper à son destin, celui de fils de métayers de Narrosse, petit village Landais tout près de Dax. Un berceau qui dit des choses, et raconte notamment « l’histoire d’un fils de métayers, qui a vu ses parents s’échiner sur la terre des autres. Il s’est dit “plus jamais”. Avec ses premiers cachets, il a racheté la terre qu’ils travaillaient. Pourtant, quand il s’est lancé, il l’a fait en cachette. Ses parents ne voulaient pas entendre parler de vélo. C’est sa grand-mère qui lui lavait les maillots. Pour aller courir le dimanche le Grand Prix de Peyrehorade ou celui de Saint-Jeande-Luz, il partait de Narrosse à vélo, avant de faire la course ! » raconte notamment Laborde, encore admiratif, sans doute, autant du personnage que du champion. Ainsi le livre passe-t-il de la légende qui remporta le championnat du monde, pour vite revenir à l’homme aux convictions forgées dans sa Chalosse natale. Ce qui souligne d’autant mieux encore le parcours exceptionnel d’André Darrigade.

Nicolas Rebière

 

Lundi 14 septembre 2020

 


 

Après Robic 47 en 2017, la biographie romancée du vainqueur du premier Tour d’après-guerre, Christian Laborde poursuit son inventaire des grandes figures du cyclisme hexagonal. Cette fois, le Pyrénéen porte son attention sur André Darrigade, dit Dédé-de-Dax, dans l’ouvrage, doté d’une solide iconographie, qui vient de paraître aux Éditions du Rocher.Vérification faite, ce dernier n’est pas vraiment dacquois, mais a vécu ses premières à Narrosse. Une bourgade qui prend des airs de principauté fabuleuse sous la plume du biographe de Claude Nougaro. Énorme avantage par rapport à Robic, à 91 ans, le sprinteur landais est toujours de ce monde. Ce qui permet à l’auteur de L’Os de Dyonisos d’apporter davantage de détails à son récit, qui prend vite des allures d’épopée bon enfant. Car il y a à raconter dans la trajectoire de cet enfant de métayer devenu héros du Tour de France, dont il a remporté 22 étapes. D’ailleurs, les notes de bas de page, signe d’un monstrueux travail de documentation, ne sont pas les lignes les moins intéressantes pour donner de l’épaisseur à cette narration chantante. Pour les amateurs de cyclisme, d’histoire et tout simplement de littérature. Mais tendance unanimiste, à la Jules Romains ou à la René Fallet.

 

Lundi 14 septembre

 


 

Laborde dédicace à Biarritz

 

 

 

Distanciation sociale, gel hydro-alcoolique,  panneau de plexiglas, masques…C’est en respectant scrupuleusement les gestes barrières qu’André Darrigade, 91 ans,  et Christian Laborde ont signé,  à Biarritz, sous  les  stores de la librairie Darrigade,  l’ouvrage que l’écrivain consacre au champion.  Sorti en août aux Editions du Rocher, le « Darrigade » de Christian Laborde   raconte les aventures du Landais, fils de métayer,  devenu champion du monde et meilleur sprinteur du Tour de France. Un ouvrage unanimement salué  par la presse française, belge, suisse ou luxembourgeoise. André  Darrigade, les bords de l’Adour, les Landes et la  France des 30 Glorieuses  se disputent la vedette  de ce livre enrichi de photos rares. 

 

 

 

 

 

 Mardi 15 septembre 2020

 

 

Au sprint

L’histoire de « Dédé de Dax », un de nos rares champions du monde, a débuté dans le petit village de Narrosse. Il est parti de là, défier et battre au sprint toutes les pointures de son époque, et dieu sait s’il y en avait,des pointures, à l’époque ! « Dédé je l’ai toujours été, en français dans la cour de l’école, en gascon dans la bouche de ma grand mère, lo nosta Dédé disait-elle affectueusement quand j’entrais dans sa cuisine où elle plumait une volaille en récitant la litanie des saints… » Il allait vite ce Landais qui a « claqué » vingt-deux étapes du Tour, la première à Albi en 1953. Il allait vite (dans le parler vélo on dirait il « était » vite), mais pas assez pour échapper aux filets du Pyrénéen Christian Laborde qui aime les cyclistes autant qu’il déteste les toreros. Lui qui a si bien accompagné Indurain dans les cols se régale aux côtés du maître de Zandvoort, temple de la vitesse. A 91 ans, Dédé vit aujourd’hui à Biarritz.

Mercredi 16 septembre 2020

 

 

L’écrivain Christian Laborde relate la carrière et la vie d’André Darrigade, champion cycliste hors normes aujourd’hui âgé de 91 ans

 

« C’est le plus grand sprinter de l’histoire du Tour », résume Christian Laborde pour présenter André Darrigade, dont il raconte la vie dans un livre simplement intitulé « Darrigade ». Samedi dernier, devant la Maison de la presse de Biarritz, où André et son épouse Françoise ont longtemps accueilli les clients, le retraité cache son sourire derrière

un masque, mais ses yeux pétillent lorsqu’un trentenaire lui tend le livre pour une dédicace. « J’ai vu sur Internet cette échappée mémorable en montagne… Incroyable ! » André Darrigade précise instantanément : « Oui, c’était en 59, entre Bagnères et Saint-Gaudens. J’ai gagné l’étape. » Tous ces détails et les émotions qui vont avec sont couchés sous la plume enlevée du romancier Christian Laborde. Sa passion du cyclisme le conduit, entre deux fictions, à se pencher sur les vies hors normes des héros du Tour de France. Anquetil et Poulidor ont eu droit à des biographies et spectacles, mais André Darrigade, l’homme des bords d’Adour, a forcément une place à part. Tout commence en 1929, à Narrosse, minuscule village des Landes, où les parents d’André Darrigade sont métayers. Pour échapper à ce labeur, André prend le vélo par les cornes et devient champion cycliste, sur la piste et sur la route. « Il débute clandestinement, avec la complicité de sa grand-mère jusqu’au jour où, rentrant de la capitale avec suffisamment de gains, il s’arrête chez le notaire à Dax et va chez ses parents en leur disant : j’ai acheté la ferme. À partir de maintenant, vous travaillerez pour vous. » Christian Laborde raconte l’épopée de Darrigade, qu’il baptise « le sprinteur des Trente Glorieuses ». Il décrit ses courses, son palmarès incroyable : champion de France, champion du monde, vainqueur des Six Jours de Paris, héros du Tour de France qu’il dispute de 1953 à 1966, remportant 22 étapes, s’emparant tantôt du maillot jaune tantôt du maillot vert. On croise, dans ce livre, Fausto Coppi, Ferdi Kübler, Guy et Roger Lapébie, Jean Robic, Louison Bobet… Des souvenirs qu’André Darrigade a pris plaisir à partager avec l’écrivain, mais samedi, à l’heure de la signature devant sa Maison de la presse près du casino municipal de Biarritz, le champion a tout de même une préoccupation importante. Il appelle son fils, désormais chargé du commerce : « Patrick, ils sont arrivés, là ? Qui a gagné l’étape ?»

V.F.

 

Mercredi 16 septembre 2020

Rencontre/dédicace au Parvis 3, à Pau

Débat conduit par Thierry Niogret

 

 

 

 

Je dédicace le livre à mon ami Hubert Arbes, équipier de Bernard Hinault.


Mercredi 16 septembre 2020

 

André Darrigade sous la plume de Christian Laborde : le poète en ventriloque du sprinteur

 

Dans son dernier livre paru aux éditions du Rocher et sobrement intitulé "Darrigade", Christian Laborde se fait la voix de ce coureur cycliste aux grandes espérances.

Tout se joue en 15 interminables secondes. 200 à 300 kilomètres de course, 15 secondes de folie. Longtemps retenus en cage dans le peloton, les lévriers sont lancés, grands fauves intrépides, risque-la-mort funambules, dans la dernière ligne droite : c’est le sprint. Ils sont l’éclair, ils sont la foudre, ils rivalisent avec le vent, les sprinteurs. Le vent qui les jalouse, qui les tient pour ses rivaux. Pourtant, ils réussissent souvent à le semer, le vent ! C’est de l’un d’eux, André Darrigade, « Dédé de Dax », dont Christian Laborde se fait l’aède inspiré dans son nouveau livre.

Aujourd’hui, c’est l’enfance. C’est les 10 ans. C’est l’été 39. C’est le 19 juillet de cette année de triste mémoire.« Dédé de Dax » voit passer au cœur de ses Landes, dans le peloton du Tour de France, René Vietto, « le divin grimpeur ». Sa vocation semble se cristalliser ce jour-là : il sera coureur cycliste. Toutes les années suivantes, celles de la guerre, le récit de la légende du vélo construit son âme.

Arrive l’été 46, l’enfant de métayers de la Chalosse est maintenant adolescent, il pédale comme un dératé habité d’étranges rêves : « Couché sur sa machine il deviendra sur tous les chemins de Narosse tous ces coureurs dont il vient de prononcer le nom et qui tous, désormais, habitent son cœur ». Il devient Pélissier, il devient Coppi, il devient Robic. Il ne le sait pas encore : il deviendra Darrigade.

Et Laborde, en écrivant ce livre, reprend le geste d’identification de l’apprenti-coureur aux grandes espérances : il devient « Dédé de Dax ». Il se fond en lui. L’aède devient son ventriloque au verbe de génie. Et l’on devine le souffle, l’on sent le rythme, des deux Bernard des Landes : Lubat et Manciet.

Généralement les poètes – car c’est en poète que ce disciple de Claude Nougaro écrit sa prose - se détournent des sprinteurs. Ils ne seraient pas assez épiques ! Ils ne tiendraient pas assez longtemps en haleine. Leur course ne possède pas la temporalité d’un roman. Elle se contente de celle d’un bref communiqué de presse. Il ne s’y passe rien d’intéressant, excepté les trois dernières lignes. Les sprinteurs ne sonneraient pas, à la différence des grimpeurs, tel Louison Bobet dans l’Izoard, tel Eugène Christophe accidenté à Sainte-Marie de Campan, tel Charly Gaul en diablotin ailé sous le déluge dans la Chartreuse, pour la plume des écrivains et l’onirisme des foules, le rappel des images d’épopée, celles dont les mythologies foisonnent. Les grimpeurs – dont Fausto Coppi, drapé de l’élégance d’un aristocrate plus ou moins communiste, et Gino Bartali, « juste parmi les nations », dont la piété égalait celle de la mère de Darrigade - peuvent compter sur Dino Buzzati pour transmettre à la postérité leur destin. Pour inscrire ce destin dans l’éternel de la littérature.

Voici l’injustice réparée : avec Christian Laborde, les sprinteurs ont désormais leur chantre, qui tutoie Buzzati, Blondin, et Nucéra, comme ses pairs. Laborde va au plus secret de l’âme de ces voltigeurs du vélo. Avec son Darrigade, Il les exfiltre des fades limbes pour les installer dans la lumière de la légende.

Tout ventriloque qu’il soit, Laborde écrit comme on participe à une course cycliste : la phrase est son vélo, il accélère, il ralentit, il grimpe, il sprinte. Jusqu’à 10 sprints d’affilée dans les mêmes chapitres, perçant le récit de leurs éclairs : « sur son vélo trop rouge pour lui », ou « c’est l’été 42, André roule sur son vélo blanc ». Une fois sa carrière de champion cycliste achevée, André Darrigade devint libraire à Biarritz.

Robert Redeker

1er octobre 2020

 La France cycliste N° 29


Grand lyrique, Christian Laborde n'en est pas à son coup d'essai en matière cycliste. Après Ocaña ou Indurain, le voici qui épouse le destin et le souffle de «Dédé de Dax»,jeune paysan devenu André Darrigade, le plus grand sprinter des 30 glorieuses. L'auteur ne fut pas proche de Claude Nougaro pour rien : le verbe et le rythme épousent ici, et transcendent, la gestuelle précise du sprint. Un bijou de livre.

 

 

Vendredi 16 octobre 2020

 

 

 

 

 

 Médiathèque de Biarritz

Je réponds aux questions de Josyane Savigneau Darrigade, les mots,le sprint,  le vent, la langue, Anquetil, Coppi, les Soeurs Etienne,  Yvette Horner, Roland Barthes

 

 

Et maintenant je me tais... Repos, la luette...

 



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